L'enfance au bord de la rupture (ou de la chute?) évoquée avec poésie par Vee Speers
03/03/2009
Je ne sais comment dire mon émerveillement devant les portraits de Vee Speers. Le sujet n'est pas simple: photographier les enfants aujourd'hui tient de la gageure tant un trop plein de pudeur maladroite et, a contrario, licencieuse pollue les moeurs de notre société contemporaine enclin à ne représenter des enfants que par le biais de vues stéréotypées ou trop sages. Ici rien de tout cela, l'enfant photographié conquiert une épaisseur adulte étrange et jamais vulgaire. J'y vois moi beaucoup de poésie. Le regard plein d'élégance d'une photographe sur les coups-bas, les faux-sembants, les diversions propres au monde des grands; mais aussi une façon troublante de représenter le monde des enfants et les symboles qui les accompagnent (jeux, jouets, peluches, poupées, armes...). Certains diront qu'il n'y a pas plus cruel qu'un enfant. Il auront certainement raison, et apporteront là un autre point de vue tout aussi intéressant sur ces photographies addictives jusqu'au bout. Quant à moi je suis resté à la galerie Acte 2 (où sont exposés les tirages) de longues minutes devant chaque portrait, me délectant de cette matière picturale si particulière (les photos sont faites en argentique et en noir & blanc, la photographe colorisant en post prise de vue) et de cette lumière blanche sublimée par des noirs profonds.
Son travail est visible à la galerie Acte 2 jusqu'au 10 avril.


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