Bienvenue !
10/07/2008
Ce blog sera principalement tourné vers la musique québécoise, riche par sa diversité de styles, son énergie et sa qualité créative. Il a pour but de mettre, sous les projecteurs, des artistes « coup de cœur » en vous présentant leurs styles et univers (pas de biographie ici). L’objectif est de vous donner envie de découvrir plus profondément ces artistes qui, un jour, m'ont touché par leurs musiques, leurs personnalités, leurs textes ... Il sera aussi question, dans une moindre mesure, de cinéma ou de littérature et de l’actualité québécoise en France. Bienvenue au Québec.
Emmanuelle - Disquaire Variétés Françaises - Fnac Saint-Lazare
"Cinéma du Québec" - 7 jours pour fêter le cinéma québécois
18/11/2008
La culture québécoise en France rime pour le grand public plus souvent avec musique qu'avec cinéma. Pourtant, le cinéma québécois n'est pas en reste quant à son dynamisme créatif et la qualité de ses productions. Il n'y a qu'à voir les succès de Denys Arcand (Déclin de l'Empire américain/Invasions barbares/Age des ténèbres), de Jean-Marc Vallée (C.R.A.Z.Y), de Jean-François Pouliot (Grande séduction) ou plus récemment de Patrick Huard (3 P'tits cochons). Depuis plus de 10 ans, "Cinéma du Québec" est devenu une vitrine annuelle du cinéma québécois dans toute sa diversité. D'abord limité à Paris, "Cinéma du Québec" se déplace depuis l'année dernière dans plusieurs villes de province. Tous les genres, formats sont représentés. Du film d'auteur au film plus grand public, du court métrage au long métrage en passant par le documentaire, "Cinéma du Québec" offre une programmation remarquable, diversifiée où chacun peut y trouver son bonheur. Carole Laure (fidèle ambassadrice) sera présidente et Pascale Bussières, marraine pour cette 12éme édition. Je n'aurais qu'un mot ; courrez au Publicis des Champs-Elysées pour dévorer tous ces films, documentaires. Vous y découvrirez une palette de films qui quelque soit le style ou le ton vous esquisseront un portrait de la société québécoise. Comme le disait Stéphane Rousseau (parrain l'année dernière), "regarder un film québécois, c'est aussi apprendre le Québec". 7 jours pour faire le plein de cinéma québécois, ça ne se refuse pas.
Retrouvez au Drugstore la librairie du Québec et des produits tout droit venus de la Belle Province. Cette année, les Têtes à claques s’invitent : t-shirts, figurines, et le fameux "Willi Waller Gold Edition" avec lequel vous n’éplucherez plus vos patates de la même façon. Un bon moyen de prolonger, cette célébration du Québec.
Du 26 novembre au 2 décembre 2008 au Publicis Cinéma des Champs Elysées (129 avenue des Champs Elysées, Métro/RER Charles de Gaulle-Etoile)
Du 30 novembre au 2 décembre au Comoedia de Lyon (13 avenue Berthelot, Lyon 9ème)
Du 27 novembre au 30 novembre au Sauvenière de Liège (Place Xavier Neujean, Liège, Belgique)
Du 21 au 23 novembre au Cinéma des Arcades de Cannes (77 rue Félix Faure, Cannes)
Diane Dufresne, la diva de la chanson québécoise de retour
12/11/2008
Inutile de présenter cette icône, légende vivante de la chanson québécoise, qu'est Diane Dufresne. Celle qui a bousculé toutes les conventions, il y a quelques décennies, est toujours là, aussi talentueuse, aussi impressionnante dans la maîtrise de son art. La diva n'a plus rien à prouver, jouit d'une réputation sans faille mais continue à rester audacieuse comme si tout était à refaire. "Effusions", son dernier album, sorti le 10 octobre en France, marque son retour remarqué et remarquable. Cet album est dense, oscillant entre la lumière et la noiceur, emprunt de beaucoup de lyrisme et d'intensité. Entre réflexions, presque intimes, sur la vieillesse, la vie, la mort et l'amour, Diane Dufresne dresse des tableaux édifiants sur le monde (guerre, environnement). Si la diva a écrit la moitié des textes, elle s'est adjoint les brillantes plumes de Daniel Bélanger, Michel Rivard ou même l'étonnant scientifique, Hubert Reeves. Quant à la musique, on retrouve à ses côtés, Marie Bernard, Michel Cusson, André Mathieu et Alain Lefevre. La pop a fait place à une musique contemporaine, lyrique qui sert à la fois les textes et met en valeur cette voix unique, toujours aussi habitée, puissante en émotion. Après plus de 40 ans de carrière, Diane Dufresne nous surprend encore. Déjà un classique. Du 5 au 15 novembre - Théatre des Bouffes du Nord (Paris)
Mes Aïeux, un folklore génétiquement modifié où tradition et modernité fusionnent avec intelligence et finesse
19/11/2008
Après le succès phénomenal de leur album "En famille" et du titre populaire et emblématique "Dégénérations", Mes Aïeux était attendu au tournant pour leur 5ème album. Avec "Ligne orange" Mes Aïeux poursuivent la route musicale qu'ils ont prise depuis plus d'une décennie : une fusion, propre à eux seuls, entre le folklore, les contes, les légendes du Québec et des thématiques, des musiques contemporaines. Alors que dans les années 90, les Céline Dion et Garou ont effacé, de leur art, leur côté québécois, préférant chanter des auteurs/compositeurs français, Mes Aïeux ont fait de leur culture et mémoire collective, la base, le centre de leur art. Après nous avoir conté l'histoire d'Alexis le trotteur ou rendu hommage à un des plats les plus célèbres du Québec, l'inimitable poutine, Mes Aïeux nous content toujours des légendes du Québec : le Grand Antonio et Howie Morenz. Le premier est un homme doté d'une force extraordinaire mais qui mourrut dans l'anonymat le plus complet sur le quai d'un métro. L'autre est un des plus célèbres joueurs de hockey au Québec, disparu tragiquement en 1937 et dont la présence hante encore les lieux du Forum. Loin de se scléroser dans la tradition traditionaliste, ils font de leur folklore, de leur mémoire collective, de leurs héros et légendes nationaux quelque chose de vivant et actuel. Leur folklore génétiquement modifié fait écho à un regard social contemporain mordant. Si Mes Aïeux sont festifs, d'une nature joyeuse ou ludique ; leurs textes, certes piqués d'humour, se font aussi incisifs et le ton est souvent revendicatif. Mes Aïeux font un constat social assez morose, décrivent une société où l'homme, nivelé par le bas ("Chaque jour"), est plus un produit de consommation qu'un citoyen ("Prière cathodique"), où la solidarité a fait place au chacun pour soi ("La dévire) et enfin où la nature dénaturée ("Belle, embarquez") est oubliée des politiciens ("Déni de l'évidence"). La force de Mes Aïeux tient aussi aux interprétations. Chacun des membres est un chanteur en soi. Les voix s'accordent à merveille et cette fusion vocale se bonifie d'albums en albums. Enfin, il faut le dire Stéphane Archambault est plus qu'un chanteur, c'est un grand conteur. Il sait capter notre attention pour ne plus jamais la lâcher et nous embarque ainsi au coeur de ses histoires. Malgré leur ancrage québécois fort et les références à des lieux, des personnages éloignés de notre culture de ce côté de l'Atlantique, Mes Aïeux confirment que plus on est local, plus on est international. Leurs propos sont universels et parlent à tous, en France au Québec ou ailleurs car le message vise un idéal ancré dans les esprits et les coeurs de chacun. Mes Aïeux nous font "passer du gris à l'arc-en-ciel" et "reprisent nos rêves avec du fil de sagesse". Ne perdez pas une minute, goûtez à cette fusion jouissive où la modernité s'abreuve de tradition. A écouter sans modération.
Graphisme et illustration de la pochette - Michel RABAGLIATI
Pascale Picard Band, concert mémorable à la Cigale
03/11/2008
Le 23 octobre 2008, le Pascale Picard Band donnait son 1er concert officiel en France à la Cigale de Paris. Devant une Cigale affichant complet et gonflée à bloc, le Pascale Picard Band a donné un show d’une densité rare, mêlant créations et reprises. On a vu les ombres de Beth, Lou, George, Nancy, … planer, boulevard Rochechouart. Les français ont vu naître, sous leurs yeux, une show-girl très très rock’n roll. Car, il faut le dire, si chacun des membres est essentiel au son du Pascale Picard Band, sur scène, c’est bien Pascale Picard qui attire les regards par l’énergie, la générosité, la spontanéité que cette demoiselle, branchée sur 200 000 volts, dégage. Le groupe s’est dit surpris par un tel accueil et succès. Peut-être faudrait-il lui dire que musique québécoise en France ne rime pas seulement avec Céline Dion ou Garou. Un bon nombre de gaulois (les meilleurs) s’intéresse et aime la dynamique et talentueuse génération d’artistes québécois qui va d’Ariane Moffatt à Yann Perreau, des Cowboys Fringants à Mes Aïeux, de Catherine Durand à Catherine Major, du Pascale Picard Band à Karkwa. Pour celles et ceux qui auraient manqué cette soirée, vous pouvez vous rattraper l’année prochaine, le groupe revient pour une tournée française.
11 mars – Nantes
12 mars – Vichy
13 mars – Lyon
24 et 25 mars – Paris (Bataclan)
26 mars – Beauvais
28 mars - Brest
Fred Pellerin, le plaisir du conte
03/11/2008
La culture québécoise a une forte tradition orale. Les contes et légendes sont encore bien vivants dans le folklore musical ou tout simplement dans les veillées familiales. Un des représentants de l’art du conte, Fred Pellerin, vient en France pour quelques représentations. Ce québécois, originaire de Saint Elie de Caxton (région de la Mauricie) a fait de son petit village et de ses habitants, son terrain de jeu et le creuset de ses histoires , lui qui a été bercé depuis tout petit par celles de ses aïeux. Il habite la scène de sa présence, de son bagou car Fred Pellerin manie le verbe et joue avec les mots comme un jongleur ou un acrobate. La frontière entre le réel et l’imaginaire est souvent floue mais Fred Pellerin a ce don évocatif exceptionnel qui fait que le spectateur est immédiatement plongé au cœur de ce petit village, des personnages qui l’habitent. Il est plongé aussi au cœur de la mémoire collective, cette mémoire qui fascine l’homme de la rue ou l’intellectuel de Québec ou de France. Cet esprit clanique, qui n’est pas sans rappeler, le village des irréductibles gaulois Astérix et Obélix, attire. On a beau évoluer au cœur de contes et légendes puisant dans des histoires anciennes, Fred Pellerin a le don de les rendre intemporels et de les mettre en écho de problèmes bien contemporains. Il montre ainsi que l’on interprète le présent avec le passé et que cette mémoire collective doit être préservée et transmise de générations en générations.Un conteur (pour adultes) de grand talent à ne pas manquer.
12 au 22 novembre 2008 – Théâtre du Petit Saint-Martin (Paris)
27 janvier 2009 – Lillebonne
30 janvier 2009 – Fontenay-aux-Roses
The Lost Fingers, l'ombre de Django Reinhardt perdue dans les années 80
29/10/2008
Django Reinhardt, le guitariste roi du jazz manouche, a influencé de nombreux artistes. De Paris Combo à Sanséverino en passant par le petit dernier, Thomas Dutronc, tous se reconnaissent dans le swing gitan de Django. A cette liste, il faut ajouter désormais "The Lost Fingers". Ces 3 québécois, que l'on dirait plutôt sorti d'un clip de Kraftwerk, ont eu l'idée farfelue mais originale de revisiter des hits mondialement connus des années 80, façon jazz manouche. On sait l'exercice de la reprise difficile, périlleux, voire risqué. Seulement là où beaucoup d'artistes n'arrivent pas à faire oublier l'original, "The Lost Fingers" ont su en faire presque des créations. Ces québécois ont redonné vie à des tubes aussi mythiques que "Touch me" de Samantha Fox, "Billie Jean" de Michael Jackson, "Tainted love" de Soft Cell ou "You shook me all night long" d'AC/DC. On prend beaucoup de plaisir à se replonger dans les années 80 façon jazz manouche. Les guitares swinguent, les voix sont un peu éraillées à souhait. De simples reprises, non ! Une vraie création !!!
Crédit photo – Martin TREMBLAY
"Bonbons assortis" de Michel Tremblay : à savourer sans modération
22/10/2008
Michel Tremblay fait partie des auteurs phares de la littérature québécoise. "Bonbons assortis" évoque et décrit, en huit nouvelles aussi délicieuses et savoureuses les unes que les autres, le bonheur familial, les petits détails du quotidien dans les quartiers défavorisés du Montréal des années 40/50, et ce à travers les souvenirs heureux d'un enfant de 6 ans, Michel Tremblay lui-même et de toute sa famille (mère, frères, cousines, tantes, oncles, grands-mères, ...).
Le récit est empli de beaucoup de tendresse, d'humour, de simplicité, de sincérité, de chaleur. Les dialogues, empruntés à l'oralité, donnent du rythme et de la vie au récit. On y découvre une famille attachante, truculente où les crêpages de chignons et le verbe haut sont courants mais où la bonne humeur, l'amour et la tendresse forment l'ossature de tous ces personnages à la personnalité bien trempée mais vraie et authentique. On rit beaucoup, de ce rire franc et généreux comme celui d'une enfant.Un livre à offrir, car loin d'être un récit nostalgique, "Bonbons assortis" se lit avec délectation. C'est léger et profond à la fois. Un pur bonheur de lecture. Une bonne manière de découvrir la littérature québécoise.
Illustration de la couverture : Paul André "Le premier mai" (1972) - Collection du Musée des Beaux Arts de Montréal
ADISQ, 30 ans à défendre la musique
22/10/2008
L'ADISQ est une association professionnelle sans but lucratif et compte 250 entreprises adhérentes (producteurs de disques, spectacles ou vidéo, maisons de disques, gérants d'artistes, distributeurs de disques, maisons d'édition, agences de spectacles, salles et diffuseurs de spectacles, agences de promotion et de relation presse). Elle fête, cette année, ses 30 années "à défendre les intérêts de ses membres et favoriser le développement de l'industrie de la musique au Québec", à faire en sorte qu'il y ait "une promotion musicale indépendante, forte, originale et innovatrice". Ses premières missions ont consisté à représenter l'industrie du disque et ses membres au MIDEM et d'organiser un gala annuel afin de récompenser artistes et professionnels de l'industrie du disque (équivalent de nos victoires de la musique). D'années en années, son rayon d'action s'est élargie, son influence n'a fait que grandir et son rôle est devenu extrêmement important voire incontournable, aujourd'hui, dans le domaine de l'industrie du disque. Elle est un acteur majeur et fait entendre sa voix auprès des pouvoirs publics quant à des questions de politique, de réglementation, de défense de droits. L'industrie de la musique evolue vite et l'ADISQ est très attentive à ces bouleversements. C'est donc avec évidence qu'elle s'est construite une solide base d'expertise et en fait profiter ses membres à travers des programmes de formation. Dans le dernier rapport annuel 2007-2008, son président, Paul Dupond-Hébert, disait : "... nous avions la foi, l'audace et la conviction que notre musique méritait que l'on prenne tous les risques pour elle. Trente ans plus tard, les artistes québécois, dont une grande majorité sont produits par des maisons indépendantes, accaparent pas moins de 48% du marché de la musique au Québec. C'est remarquable et unique au monde pour un marché national. Et c'est dû en grande partie au travail de fond que nous avons accompli tous ensemble à travers notre association". En effet si la scène musicale est aussi riche, diversifiée, indépendante au Québec, l'ADISQ y est pour quelque chose car elle a encouragé le soutien financier des pouvoirs publics afin de promouvoir les artistes québécois auprès du grand public, valoriser l'excellence artistique, le rayonnement de la musique québécoise au Québec et en dehors du Québec.
Le prochain gala de l'ADISQ aura lieu le 2 novembre. Pour plus de renseignements, allez sur le site internet de l'ADISQ vous y retrouverez les nominés, le programme et un bel historique. www.adisq.com
Gilles Vigneault, le grand poète du Québec est de retour pour notre plus grand plaisir
19/11/2008
Faut-il encore présenter ce poète qui a donné depuis 50 ans ses lettres de noblesse à la chanson québécoise et je dirais même à la chanson tout court. A 80 ans, Gilles Vigneault est toujours pétillant, curieux de ce qui l'entoure, des gens qu'il rencontre. Ce grand monsieur prend, c'est évident toujours de plaisir à écrire. "Retraite" est un mot qui ne fait pas partie de son vocabulaire. Il vient de sortir un magnifique album, "Arriver chez soi", où les mots qu'il sait si bien choisir et chanter, voguent au grè de mélodies enchanteresses et d'histoires empruntes de beaucoup de douceur, d'humour et de philosophie. Les personnages qui parcourent cet album sont vraiment tous aussi attachants les uns que les autres que ce soit Lucas l'écolo ou Jack Tattoo, le prisonnier qui a peur d'être libre. Il parle de son pays, bien sûr, et particulièrement de Natashquan. Il rend hommage avec force et pudeur à la fois, au village qui l'a vu naître et à ceux qui sont venus s'établir dans ces vastes territoires, "posant ainsi dans l'histoire les premiers pas d'un pays". Deux chansons d'amour se sont glissées dans cet album, deux déclarations à sa femme ; dont "Je n'ai pas cessé de t'aimer". Et puis pour ceux qui pensent que ce charmant mononcle, avec sa chevelure bien trop blanche pour eux, pourrait être dépassé, ringard, Monsieur Vigneault démontre avec sa poésie, cinglante par la justesse de son analyse, que le monde dans lequel il vit, il le comprend dans toute sa complexité. Ecoutez toute la beauté de "L'internaute" et l'humour d' "Une journée sans portable". Le voyage qu'il propose est un voyage au coeur d'un pays, d'une vie, d'un monde qui laisse bien souvent l'homme en détresse. Celui qui s'est battu à la seule force de ses mots, de la langue française, pour le Québec, pour la nature, pour un monde humain n'a pas abandonné les armes, bien au contraire. La ferveur, la fougue de la langue, son génie et son talent sont là, plus que jamais. Cet album se conclut par un épilogue d'une beauté difficilement exprimable tant nos mots ne seraient pas à la hauteur. Je vous invite à l'écouter avec toute votre attention et votre coeur.La chanson a trouvé son (ou un de ses) maîtres, il y a 50 ans, c'est Monsieur Gilles Vigneault. Avec "Arriver chez soi", il l'est toujours. Gilles Vigneault sait encore et toujours nous interpeller et nous séduire par son humanité.
Crédit photo - Marie-Claude TETREAULT
Design - MJ CHAGNON
Catherine Durand, l'interview
31/10/2008
C'est entre deux concerts de la tournée "Toutes les filles" et entre deux rendez-vous promo, que la talentueuse Catherine Durand a pris de son temps précieux pour répondre à mes questions. Un énorme merci à elle pour sa sincérité et sa gentillesse.
1 / Vous n'êtes pas connue du grand public en France. Pouvez-vous présenter votre parcours (assez atypique) ?J’ai débuté à jouer de la guitare vers l’âge de 15ans. La musique a toujours été mon passe-temps le plus précieux. J’ai fait des études en communication, terminé un BAC à l’Université du Québec à Montréal, pour ensuite travailler 2 ans à la chaîne de television musicale Musique Plus comme camerawoman. C’est dans ces années-là que j’ai fait une rencontre qui a ouvert les portes de l’industrie musicale pour moi, et principalement celles de la compagnie Warner Music Canada. J’ai quitté mon emploi pour faire un premier album en 1998, puis un 2ème en 2001.Après ce 2ème album, mon contrat avec Warner s’est terminé, et j’ai eu envie de reprendre ma carrière en main. Quelques années ont passé, et je suis finalement revenue avec mon album “Diaporama”, que j’ai autoproduit. Un album beaucoup plus près de qui je suis artistiquement. Un album plus folk, aux arrangements plus feutrés. Entretemps, je me suis mise à écrire pour les autres ; Isabelle Boulay, Stéphanie Lapointe, Annie Blanchard, Renée Martel… J’ai lentement fait mon chemin, sur la scène comme sur disque, pour tailler ma place dans le milieu de la musique québécoise. J’ai aussi travaillé avec Marie-Annick Lépine (des Cowboys Fringants), avec qui d’ailleurs je suis venue donner quelques concerts en France en 2007. Et puis, le 9 septembre dernier, je sortais mon 4ème album, autoproduit encore une fois, sur lequel je continue dans la lignée de “Diaporama”. Ce dernier album s’appelle “Coeurs Migratoires”, et j’ai pris un grand plaisir à le faire.
2 / Qu'est-ce qui fait qu'un jour, on se lève, on abandonne son métier et qu'on se lance, contre vents et marées, dans la folle aventure de la musique ?J’ai une une chance, et je l’ai prise… On m’a offert un contrat de disque, alors je n’ai pas pu résister… J’ai toujours voulu faire, de ma musique, mon métier, alors c’était l’occasion pour moi de voir si tout ça était possible.
3 / Votre séparation avec Warner après vos deux premiers albums a été plus une libération qu'autre chose. Elle vous a permis de trouver votre voie, votre chemin que vous avez esquissé avec “Diaporama” et creusé et affirmé avec "Cœurs migratoires", non ?Absolument! Mes 2 premiers albums ont été tous deux enregistrés à Toronto, par un réalisateur anglophone. Le son était beaucoup plus “FM”, même si derrière les arrangements plus pops, on pouvait clairement deviner ma signature musicale. Dès que le contrat avec Warner s’est terminé, j’ai eu une période de réflexion, mais je me suis dit que c’était le moment pour moi de vraiment aller au bout de mes idées et de prendre mes choses en main. J’ai vraiment pu faire le point sur ma carrière, sur ce que je voulais, et surtout sur ce que je ne voulais pas. J’y suis allée avec mon coeur, et ce travail a donné “Diaporama”. Un album qui a été merveilleusement bien accueilli par les critiques et le public. Curieusement, c’est celui qui a le moins joué à la radio, mais c’est celui qui s’est vendu le plus! J’ai compris, avec cet album, que j’avais trouvé ma niche, ma place et ma couleur artistique. Donc pour “Coeurs Migratoires”, j’ai voulu continuer dans la même lignée, mais en apportant de nouvelles textures, de nouveaux instruments (cors français et anglais, hautbois, cordes, banjo, mandoline…). Je ne voulais pas refaire le même disque, mais plutôt pousser plus loin les arrangements, tant atmosphériques que folks.
4 / Il y a au fur et à mesure de vos albums, une certaine mise à nue (relative bien sûr). Qu'est-ce qui fait qu'on se dévoile plus ? Est-ce une question de maturité, de confiance en soi ?Peut-être, mais c’est plutôt inconscient… J’écris ce que je ressens, tout simplement. J’ai compris avec les années que la simplicité était souvent bien plus efficace. J’essaie de rester simple dans mes mots et dans mes idées, afin de laisser les textes accessibles. Mais effectivement, “Coeurs Migratoires” est sûrement mon disque le plus personnel, bien que les chansons n’aient pas toutes été inspirées de ma propre vie…
5 / Vous dites avoir beaucoup appris des tournées "Toutes les filles". Pouvez-vous nous en dire plus ?Avant de commencer cette tournée, j’étais terrorisée… Je ne sais pas lire la musique, alors je me suis dit que j’allais certainement avoir de la difficulté à suivre les autres… Mais cette tournée m’a appris à me faire confiance. Elle m’a démontré qu’être musicien, ça se passe d’abord et avant tout dans les oreilles, et non pas dans les livres. Et puis cette tournée m’a permis de rencontrer des filles, des auteures-compositrices interprètes extraordinaires qui sont devenues mes amies, et de qui j’ai beaucoup appris, tant musicalement que personnellement.
6 / Pouvez-vous nous parler de ces filles justement avec qui vous avez crée une vraie amitié musicale et qui pour certaines, sont venues jouer sur votre album ?D’abord Catherine Major. C’est une génie, tout simplement. Je la considère de la trempe d’un Claude Léveillé. Elle a une telle sensibilité, et une réelle communion avec son piano. C’est pour moi une grande musicienne. J’ai eu le grand bonheur de l’avoir sur mon album, et j’en suis honorée.Mara Tremblay… Une fille d’une intensité remarquable, brillante, vraie, sensible, et une musicienne extraordinaire. Une vraie amie.Marie-Annick Lépine… C’est comme ma petite soeur! Je l’adore! Drôle, allumée, d’une efficacité redoutable sur une scène. Il n’y a jamais rien de compliqué avec elle. Elle aussi, est devenue une bonne amie.Ginette… Le fille la plus lumineuse et positive que je connaisse! Rien n’est à son épreuve, et les idées se bousculent dans son cerveau à une vitesse affollante! L’avoir près de soi apporte la paix, le bonheur instantané. 7 / Quel regard portez-vous sur l'industrie du disque, les médias qui ne vous ont pas toujours aidé et dont vous vous passez presque aujourd'hui ?Je déplore le manque d’ouverture des radios dites plus “commerciales”. Je trouve dommage qu’un petit groupe de gens sur des “jurys” décident de ce qui jouera dans presque toutes les stations de radio de la province. Avec la convergence, les radios en région font toutes partie d’une chaîne (ou presque), et doivent respecter le fameux playlist que les décideurs de Montréal ont choisi pour eux. Aucune latitude… Et sur cette playlist, on retrouve peu d’artistes, et leur chansons sont jouées tellement souvent que l’on entend qu’eux à la radio… Je trouve déplorable que les radios en région (en majorité) ne puissent pas elles-même décider de ce qui va plaire à leurs auditeurs. Les radios devraient jouer plus d’artistes, mais moins souvent. Ça permettrait au public de découvrir un plus grand nombre de chansons.
8 / Vous venez de sortir il y a quelques semaines votre quatrième album "Cœurs migratoires". Pouvez-nous dire comment il est né, qu'est-ce qu'il s'en dégage, les couleurs que vous lui avez données ?Comme j’ai dit précédemment, j’ai voulu faire un album dans la continuité de “Diaporama”, mais sans refaire le même disque… J’ai donc poussé les arrangements plus loin, et j’ai fait appel à des musiciens exceptionnels qui sont tous venus donner un peu de leur couleur, et de leur talent à mes chansons. Je trouve d’ailleurs que c’est l’étape la plus importante ; bien choisir les musiciens. C’est ce qui fait toute la différence. J’ai donc eu le bonheur d’avoir Catherine Major, Louis-Jean Cormier (de Karkwa), Robbie Kuster ( le batteur de Patrick Watson), Marie-Annick Lépine… et évidemment Jocelyn Tellier, un réalisateur et un musicien que j’admire beaucoup, avec qui j’avais déjà travaillé sur “Diaporama”.
9 / Vous avez écrit pour d'autres, Isabelle Boulay, Stéphanie Lapointe, Renée Martel. Pouvez-vous nous parler, en quelques mots, de ces rencontres et pourquoi avez-vous accepté de collaborer avec ces artistes ? Avez-vous noué des relations avec chacune ?Chaque rencontre est unique… Avec Isabelle, c’est doux et très amical. On a chanté ensemble à 2 occasions au Québec. C’est une artiste que j’admire et que je respecte beaucoup, et j’ai été très honorée qu’elle endisque une de mes chansons.Pour Stéphanie, et bien c’est surtout par la maison de disque que j’ai été approchée. Mais mes rencontres avec Stéphanie ont toujours été très agréables. C’est une fille qui sait très bien ce qu’elle veut, et très forte, malgré les apparences.Pour Renée, et bien c’est moi qui me suis présentée avec une chanson… Ce fut plutôt intimidant la première fois, mais Renée est une grande dame, et nous met tout de suite à l’aise. On espère un jour partager la scène ensemble, peut-être meme lors d’une soirée de “toutes les filles”.
10 / Quelles sont vos influences musicales et quels artistes vous ont donné envie de faire de la musique ?J’ai commencé à jouer de la guitare avec Suzanne Vega, Edie Brickell, Tracy Chapman… et évidemment Harmonium et Beau Dommage. Toutes ces personnes ont, à leur manière, influencé de ce que je suis aujourd’hui.
11 / Vous allez faire la première partie, l'année prochaine de Francis Cabrel au Québec. Qu'est-ce que cet artiste représente pour vous ?Un homme excessivement talentueux, doux, sensible… C’est un grand mélodiste, et je suis depuis longtemps très à l’écoute de ce qu’il fait. 12 / Quels coups de cœur pour des artistes québécois aimeriez-vous partager avec les lecteurs/lectrices de ce blog ?Sylvie Paquette, sans aucun doute! Et aussi Mario Peluso, qui est un peu notre Neil Young à nous… Aussi Magnolia, qui fait un country-folk planant magnifique……et Dumas, que j’aime beaucoup!…et Karkwa et Patrick Watson!
13 / La devise du Québec est "je me souviens ...". Pouvez-vous compléter cette devise à votre manière afin qu'elle exprime votre idée du Québec aujourd'hui ?…ouf… difficile! Je dirai simplement que le Québec d’aujourd’hui est vivant, dynamique et ouvert sur le monde… Plus que jamais.
14 / Avez-vous des projets en France ou en Europe ?J’aimerais bien que mes albums soient disponibles là-bas. On va travailler là-dessus dans les prochains mois!
15 / Un message ou le mot de la fin ... ?Hâte d’aller vous voir!
Crédit Photo - Claudine SAUVE
Les Cowboys Fringants au mieux de leur art : en route pour l'expédition.
07/10/2008
Ce cinquième album des Cowboys les plus fringants du Québec était attendu tant le succès de "Grand Messe" avait définitivement placé ce groupe comme un des piliers de la relève de la musique québécoise. Le départ inattendu du batteur, Dominique Lebeau, aurait pu entacher la création et la réalisation de cet album. C'était sans compter sur la capacité des 4 membres restants pour faire durer cette belle aventure commencée voilà plus de 10 ans. Les Cowboys, toujours inspirés, livrent avec "Expédition", un album plus intimiste dans le sens où, pour la première fois, on trouve une unité de ton et une unité musicale. Le groupe semble avoir voulu mettre en avant une facette musicale déjà aperçue sur les albums précédents mais qui était noyée par la prépondérance des envolées festives ou revendicatives. S'il y a toujours ces envolées folk-rock bien rythmées, l'ambiance sonore, la texture musicale me semblent plus raffinées, plus douces. Les arrangements de cuivres ont laissé place aux arrangements de cordes de Marie-Annick Lépine qui sont plus présents ou en tout cas mieux mis en avant. Le tout est plus intimiste, feutré tout en restant entraînant. Cette évolution va d'ailleurs avec une écriture plus poétique et moins directe. "L'expédition" semble mettre en avant un constat social, moins politique, à travers les histoires de plusieurs personnages (un nouveau-né dans "Droit devant", une histoire entre deux amoureux qui se termine dans "Entre deux taxis", un pêcheur qui ne peut plus pêcher dans "Histoire de pêche", un adolescent malade sur le point de mourir dans "La tête haute", ...). Jean-François Pauzé a accentué son écriture sur l'humain, cette longue et sinueuse expédition qu'est la vie, la difficulté d'exister, d'être parfois soi-même dans nos sociétés où l'on met souvent des masques. On en vient presque à se demander si les Cowboys ne seraient pas devenus fatalistes car les lueurs d'espoir sont peu nombreuses dans cet album. Peut-être faut-il mentionner que plusieurs chansons, écrites pendant la création de cet album, ne s'y sont pas retrouvées à cause de leur caractère "joke", n'entrant donc pas dans le fil conducteur. Elles se retrouveront en octobre sur l'album "Sur un air de déjà vu" en vente sur Itunes et lors des concerts des Cowboys. Les Cowboys ont mis en avant leur fibre émotive mais on le savait déjà que ces québécois étaient des cowboys au cœur tendre. Un album à mettre entre toutes les oreilles et qui, au bout du compte, avec le temps, sera plus politique qu'on ne le pense car tous ces personnages nous amènent à réfléchir sur nous-mêmes et nos rapports aux autres.
Peinture de la pochette : Valérie DUPRAS
www.cowboysfringants.com et www.cowboysfringants.com/fondation
Catherine Durand nous bouleverse avec ses coeurs migratoires
07/10/2008
Il y a plusieurs manières d'aborder un disque. On peut l'écouter à la manière d'un journaliste ou d'un musicien, c'est à dire de façon intellectuelle. On analyse chaque note, chaque mot cherchant à décortiquer les thèmes, les références musicales, ... Et puis, il y a la manière instinctive et sensitive. C'est de la deuxième manière que j'ai écouté le quatrième album de Catherine Durand. J'ai déjà, il y a quelques temps, exprimer tout le bien que je pense de cette artiste. Avec "Cœurs migratoires", l'estime que je lui porte n'a pu que grandir. Dans cet album, Catherine Durand s'y dévoile un peu plus que d'habitude. Comme son titre l'indique, les cœurs ici naviguent au gré des émotions et des espérances, des averses et des éclaircies. Le fil conducteur (involontaire) est l'amour, ses ruptures, ses errances, ses espoirs. L'atmosphère y est donc mélancolique. Cependant, cette peine mise à nue, qui crée l'ambiance de l'album, touche à l'intimité des sentiments avec une grande pudeur. Toute la subtilité et la justesse de l'écriture de Catherine Durand est de l'avoir contrôlée afin de la sublimer et de la colorer. La rupture, l'errance, l'abandon oui mais avec la ferme envie et intention d'aimer et de croire encore en l'amour. La voix délicate de Catherine Durand, la ligne mélodique et les arrangements de toute beauté ont contribué à donner de la légèreté à la tristesse ambiante qui se dégageait des textes. Cette artiste continue l'exploration de son univers musical : le folk planant. Dans cet album, les cors, les hautbois français ou anglais font écho aux pedal-steel et aux banjos. Les premiers donnent de la profondeur à l'album tandis que les seconds lui donnent de la hauteur. Vous aurez compris que j'ai plus qu'un grand coup de cœur pour ce magnifique album. Aucun mot ne pourra exprimer à quel point j'ai été bouleversée. Certains trouveront sans doute ces lignes excessives mais ils sont rares les albums qui vous prennent aux trippes avec une telle intensité et une telle force tant et si bien qu'à la fin de son écoute, vous en avez presque les larmes aux yeux d'avoir pu en quelques chansons ressentir autant de choses tout en trouvant une certaine plénitude. J'espère que cet album vous touchera autant que moi et qu'il vous révélera enfin l'immense talent de Catherine Durand que je remercie ici pour ce beau cadeau qu'est "Cœurs migratoires". Cet album n'est pas disponible en France. Vous pouvez le commander directement sur le site Internet de Catherine Durand ou à la Fnac Saint-Lazare.
Crédit Photo : Claudine SAUVE
Catherine Major, une émotion à fleur de piano à découvrir sur scène
03/10/2008
En 2 albums seulement, Catherine Major a su récolté succès critique et public. Pour son 1er album, « Par dessus bord », sa musique multipliait la fusion de styles (chanson, jazz, tango, rythmes africains ou latins). Cette pianiste aguerrie, pour qui son piano est le prolongement d’elle-même, est allée pour son 2ème album « Rose sang », en compagnie d’Alex Mac-Mahon (Plaster, Yann Perreau, Ariane Moffatt), vers un son acoustique teinté d’électro. Même si elle se dit plus compositrice qu’auteure, elle signe quand même quelques textes au côté d’Eric Valiquette. Dans ses chansons, elle dépeint l’être humain, ses relations avec les autres. Sans pudeur, elle sait mettre les émotions des êtres à la lumière de ses chansons afin de toucher. Les critiques de ses prestations scéniques au Québec sont quasi unanimes : « on pouvait palper l'émotion qui était à fleur de peau, Catherine ne fait pas que chanter ses textes, elle vit ses chansons ». Elle sera en France pour quelques dates. J’irai la découvrir pour la 1ère fois sur scène. Et vous ?
www.myspace.com/catherinemajor et www.catherinemajor.com
7 - 8 oct. 2008 - Le divan du monde (Paris)
9 - 11 oct. 2008 - St-Germain-en-Laye
Pascale Picard Band, un triomphe pour ses mini-concerts à la Fnac
29/09/2008
Les 24, 25, 26 septembre 2008, le Pascale Picard Band était invité pour des mini-concerts qui s'annonçaient comme l'un des 1ers évènements de la tournée du groupe en France. Et effectivement, ce fut un évènement. Devant des centaines de personnes, à chaque fois, le Pascale Picard Band a mis le feu au 3 magasins (Anger, Lyon, Saint-Lazare). Pendant plus d'une 1/2 heure, le band a démontré tout son talent de scène et tout son talent tout court. Alternant, moments doux et moments très, très rock'n roll, il a fait un show dense, généreux et chaud. Le public conquis à 100% n'est pas prêt d'oublier ce 1er rendez-vous avec ce groupe dont l'engagement sur scène excitant l'a embarqué. Le concert du 23 octobre, à la Cigale, est déjà complet mais rassurez-vous, le band abandonnera sa ville de Québec pour électriser de son rock le Bataclan, les 24 et 25 mars 2009. Pour avoir eu la chance de les rencontrer et de discuter avec eux, en privé, je peux vous dire que non seulement d'avoir du talent et du succès, le Pascale Picard Band est d'une gentillesse, d'une générosité, d'une sincérité et d'une authencité rares. Si beaucoup d'artistes ont la tête et les chevilles qui enflent dès qu'ils vendent quelques disques, pour le Pascale Picard Band, ce n'est pas le cas, bien au contraire.
Merci à Pascale, Mathieu, Philippe et Serge. Longue vie au Pascale Picard Band dont on reparlera sûrement sur ce blog.
Lynda Lemay, les mots justes pour exprimer la vie et les êtres humains
29/09/2008
L'Olympia est comme sa deuxième maison, elle y pose depuis plusieurs années sa guitare lorsqu'elle vient à Paris. Elle y a même fêté ses 40 ans et en a profité pour enregistrer son 1er dvd live (40/40). Cependant c’est à l’Européen, la salle de ses premiers concerts en France, qu’elle présentera, en avant-première, du 9 au 11 octobre 2008, son nouvel album prévu pour novembre. Si son succès est national c’est qu’elle a su se démarquer de la vague des chanteurs-chanteuses à voix du Québec. Avec 10 albums à son actif, Lynda Lemay touche d'abord par ses talents d'auteur. Quelque soit le sujet (maternité, vieillesse, couple, mort...), elle sait trouver les mots pour en exprimer les facettes et les contours. Capable avec des mots simples de nous faire rire et pleurer d'une chanson à l'autre, Lynda Lemay chante les êtres ordinaires, le quotidien, la vie avec une justesse troublante permettant à l'auditeur de se reconnaître dans ses chansons. Elle n’avait jamais abordé dans ses chansons, le Québec. C’est chose faite avec sa nouvelle chanson, « Bleu », qu’elle a interprété pour la 1ère fois, lors de l’émission « Paris-Québec, sous les étoiles ». Cette chanson affirme, bel et bien, qu’elle est dans la lignée des Leclerc et Vigneault car elle sait, comme eux, comprendre l'être humain avec intelligence et subtilité, en exprimer ses joies et ses tristesses et affirme aujourd’hui son identité en chantant avec fierté ses terres. L’Européen est déjà complet mais Lynda Lemay reposera sa valise et rebranchera sa guitare, de nouveau à l’Olympia, du 23 au 25 avril 2009. Une artiste précieuse dont on attend avec impatience son nouvel album « Allo, c’est moi » le 3 novembre 2008.
Photographie – Avec l’aimable autorisation de Warner Music France
Pascale Picard, l'interview de la nouvelle représentante de la scène folk-rock québécoise
25/09/2008
C'est entre 2 concerts et 2 séances de préproduction de son 2ème album que la chanteuse du Pascale Picard Band, Pascale Picard a bien voulu répondre à mes questions. Je la remercie ici vivement et j'espére qu'elle vous séduira autant que moi. Voici une artiste comme on aimerait en voir plus souvent. Retour sur une carrière déjà bien remplie.
Pouvez-vous vous présenter pour celles et ceux qui ne vous connaîtrait pas encore en France ?
Nous sommes un band de la ville de Québec. Notre premier album est sorti au Canada en avril 2007.
Comment vous êtes vous rencontrés ?
Je jouais dans les bars pour gagner ma vie depuis quelques années quand j'ai rencontré Mathieu (guitare) lors d'un de ces spectacles. Mathieu connaissait Stéph (batterie) qui connaissait Philippe (basse). Serge, notre nouveau drummer, a joué dans plusieurs bands avec Philippe.
Avez-vous du mal à imposer aux médias le fait que vous soyez un groupe et non une chanteuse ?
De moins en moins. Si, au début, je faisais les entrevues toute seule, je parlais toujours au nom du groupe et les gens ont fini par comprendre. Si nous avions eu un nom de groupe, ça aurait probablement été différent mais, à l'époque, nous n'avons rien trouvé à notre goût. Nous nous sommes dit que la musique ferait le travail, et pour l'instant, ça se passe plutôt bien.
Il y a quelques années, vous chantiez seule, à la guitare, dans des bars et restaurants de Québec et sa région. Qu'est-ce cette expérience vous apporte aujourd'hui ? Comment passe-t-on des bars et restaurants à Québec à un 1er album distribué chez la major company "Universal" et qui devient, en plus, disque de platine en quelques mois ? Pression ou pur plaisir ?
J'ai appris beaucoup en jouant dans les bars. Je suis d'un naturel plutôt timide et ça m'a permis de forger mon caractère, de prendre de l'assurance. Lorsque j'ai rencontré le band, je commençais à en avoir assez de jouer les chansons des autres devant un public plus ou moins à l'écoute. J'avais déjà quelques compositions en banque mais le fait de devenir une équipe devient beaucoup plus motivant et inspirant. En général, je crois que la vie nous envoie des défis qu'on est capable de surmonter. Sans le band ou les années de bar, je ne crois pas que ça se passerait aussi bien pour moi, en ce moment.
Vous êtes québécoise francophone (dans une province canadienne qui est réputée pour défendre la langue française) et vous chantez en anglais. Pourquoi ? Est-ce parce que la langue anglaise vous semble plus appropriée à votre musique ou tout simplement parce que c'est plus évident et plus facile pour vous d'écrire en anglais ?
J'écris en anglais parce que j'ai été élevée sur la musique des Beatles, de Led Zeppelin, de Cat Stevens, ... J'ai appris mon anglais en lisant les pochettes des albums. Quand à 13 ans, j'ai pris la guitare et composé ma première chanson, ça s'est fait naturellement en anglais.
Comment décrireriez vous votre musique et votre album ?
Notre musique, on la compose en band. Je dirais donc que c'est un mélange de toutes nos influences musicales ; ce qui veut dire qu'on passe du punk-rock ou blues ... Mais pour cataloguer, je dirais que le mélange donne quelque chose de plutôt "folk-pop".
Pourquoi ce titre ?
En lisant, à la fin de l'enregistrement, tous les textes de l'album, je me suis rendue compte que j'y parlais énormément de moi. J'ai donc pensé à l'expression "Me, myself and I", mais en relation avec les autres, le band, les amis, les amours, les gens qui aimeront l'album et/ou s'y reconnaîtront ... c'est devenu "Me, myself and us".
Quelles sont vos influences musicales ?
Comme je disais plus tôt, on vient tous d'univers musicaux différents. Moi, je suis une grande fan des Beatles mais j'ai aussi beaucoup écouté le punk-rock. Mathieu aime beaucoup le reggae, le blues et le funk. Philippe passe d'Iron Maiden à Pearl Jam. Stéphane, qui était avec nous lors de la composition de l'album, était un fan de jazz.
Avez-vous des anecdotes (drôles ou émouvantes) concernant l'enregistrement d'une chanson ou la réaction du public sur une chanson lors de vos concerts ?
Presque toutes les fois où on monte sur scène, il se passe quelque chose ... Les gens qui viennent voir nos spectacles sont très réceptifs à l'écoute et connaissent souvent les paroles des chansons. Pour nous qui avons beaucoup joué dans les bars, voir des gens apprécier notre musique, c'est la plus belle récompense.
Comment s'est passée votre rencontre avec Nagui ? Pensez-vous que votre prestation vous a aidé à vous faire connaître en France ?
On ne connaît pas vraiment les médias français puisque lors de nos brefs séjours , on fait beaucoup de promo et on regarde peu la télévision. On avait entendu parler des codes d'écoute de Taratata mais je n'avais vu ni le plateau, ni l'animateur. Nagui a vraiment été super avec nous. On l'a croisé lors de nos répétitions l'après-midi et on a discuté un peu. Cela m'a permis d'être plus à l'aise pour l'émission, tournée en soirée. Nous avons adoré notre expérience.
La devise du Québec est "je me souviens". Complétez à votre manière cette devise qui représente le Québec.
J'ai de la difficulté à imaginer représenter Québec en une seule phrase ... Je crois qu'il faut le visiter pour comprendre.
Aimeriez-vous faire découvrir un groupe/interprète québécois aux lecteurs et lectrices de ce blog ?
J'imagine que vous connaissez déjà Patrick Watson ?? J'aime aussi beaucoup Ariane Moffatt, Marc Déry, Jean Leloup et Yesterday's ring.
Vous avez fait la 1ère partie de Mc cartney sur les Plaines d'Abraham à Québec (votre ville). Terrifiant ou excitant ?
Un peu des deux. Il est difficile de mettre des mots sur ce que j'ai éprouvé. Je sais seulement que je m'en rappellerai toute ma vie.
Quels sont vos projets en France ?
Faire le plus de tournée possible. Les specatcles, c'est une des parties du métier qu'on aime le plus.
Crédit Photo - B.PEVERELLI
Mara Tremblay, "Nouvelles lunes", un univers folk loin des sentiers battus
23/09/2008
J’ai découvert Mara Tremblay par hasard, au détour d’un article sur une tournée originale « Toutes les filles » (4-5 artistes féminines fusionnent sur scène leur répertoire en proposant 5 de leurs chansons chacune) dans laquelle participaient Marie-Annick Lépine et Catherine Durand, 2 artistes que j’admire. Piquée par la curiosité, je suis allée sur Internet pour écouter ses chansons. Si ses deux premiers albums, tournés vers un style punk-rock-country ne m’ont pas entièrement emballée, j’ai été subjuguée par son 3ème album, « Nouvelles lunes ». Cet album m’a révélé une artiste avec un talent d’écriture (mettant en valeur toute la poésie de la langue française), une authenticité, une sensibilité qui m’ont touchée. La pochette annonce bel et bien le contenu. Ce folk coloré de country est d’une quiétude et d’une douceur où le corps et l’âme de l’auditeur peuvent y voguer avec un infini plaisir. On est ailleurs, sur la lune peut-être, en tout cas dans un univers, bien loin des sentiers battus.
Création artistique et graphique de la pochette : Françoise GUYAUX
Festival America, les 26, 27, 28 septembre 2008 à Vincennes
23/09/2008
Les 26, 27, 28 septembre se déroulera à Vincennes, le festival America. Ce festival est dédié aux littératures et cultures d'Amérique du Nord (Canada, Etats-Unis, Mexique, Caraïbes et Antilles). "Comprendre "l'Amérique - Monde" ; autour de cette thématique, le festival America accueille, pour la 4ème édition, 53 écrivains qui prennent la dimension de la planète et en saisissent les contours." Parmi ces 53 écrivains, vous retrouverez 4 québécois : Simon Girard pour son livre "Danson Kid", Nicolas Dicker pour "Nikolski", Martin Bérubé pour "Pourvu que ça fonde au printemps" et enfin Véronique Paineau pour "Petites histoires avec un chat dedans (sauf une)". Pendant ces 3 jours, vous aurez l'occasion de les rencontrer, grâce à une multitude de rendez-vous auxquels ils vont participer. Dans ce festival, il y a aura aussi des projections de films, des concerts et des expositions photographiques. Sera présente aussi au Salon du Livre, la Librairie du Québec. Si vous vous intéressez à la littérature ou plus globalement à la culture québécoise, n'hésitez pas à leur rendre visite. Les libraires vous apporteront leurs conseils dans un accueil chaleureux.
Retrouvez tous les détails de la programmation sur www.festival-america.com
Paris-Québec sous les étoiles (émission du 20 septembre sur France 2), une programmation décevante mais de beaux moments
22/09/2008
Cet été, à Québec, sur les Plaines d’Abraham, la chanson québécoise et française se sont rencontrées pour fêter 400 ans de fraternité francophone. L’idée était réjouissante. Enfin, on allait montrer les liens et les différences entre la Belle Province et l’Hexagone. Seulement, la programmation est allée sur des sentiers battus et rebattus. C’était pourtant l’occasion pour la France de découvrir, celles et ceux qui font la musique québécoise d’aujourd’hui, les artistes qui font vibrer, chanter, danser des milliers de québécois(es), et ce à une heure de grande écoute. Bien sûr, il fallait parler de Félix Leclerc, de Gilles Vigneault, de Robert Charlebois, de Diane Dufresne, de Luc Plamandon, de Daniel Lavoie, d’Isabelle Boulay, de Lynda Lemay, … Mais bien que ces artistes ont laissé leurs empreintes, ils sont déjà extrêmement connus en France et pour bons nombres, on les voit souvent à la télévision française. Ariane Moffatt (dont Daniela Lumbroso et Garou, les 2 présentateurs, ont fait l’éloge) était la seule représentante de cette nouvelle scène talentueuse, reconnue au Québec et riche de diversité musicale que l’on vous fait découvrir dans ce blog. Exit les Cowboys Fringants, Mes Aieux, Yann Perreau, Dobacaracol, Jorane, Catherine Durand, Pierre Lapointe, Karkwa, Les Trois Accords, Stéphanie Lapointe, … Même des plus anciens comme Laurence Jalbert, Dan Brigas, Michel Rivard, Daniel Bélanger n’étaient pas présents. On retiendra cependant, dans cette déception, de très beaux moments : une Diane Dufresne époustouflante en duo avec Bruel pour « La complainte du phoque en Alaska » de Beau Dommage, et avec Duteil pour « La langue de chez nous ». Ariane Moffatt a fait une magnifique interprétation de « Lindberg » de Robert Charlebois avec Julien Doré et seule pour son titre « Je veux tout ». Il y a eu aussi un duo très attachant entre Lynda Lemay et Hugues Aufray, 2 artistes que l’on avait jamais associé et qui pourtant se retrouvent avec évidence sur la célèbre chanson de Félix Leclerc « Le P’tit bonheur ». Enfin Zachary Richard, Isabelle Boulay et le public en chœur sur « Travailler c’est trop dur ».En conclusion, une programmation québécoise décevante car manquant d’originalité et ne collant pas tout à fait à l’ensemble de la scène d’aujourd’hui mais de beaux moments.
Catherine Durand, le folk dans son essentielle beauté
23/09/2008
Catherine Durand aurait pu rester camerawoman à MusiquePlus et s’assurer une vie stable et confortable. Seulement, elle en a décidé autrement et s’est plongée dans la folle vie d’artiste, inspirée de ses maîtres, Tracy Chapman, Suzanne Vega, … Ses 2 premiers albums, dans le style « canadian rock » proposent des mélodies efficaces. Malgré quelques hits à la radio, son univers ne rencontre pas tout à fait son public. Mais cette jeune femme est décidée et ne se laisse pas désarmer, convaincue, sans prétention aucune, que le seul désir qui l’anime, c’est de faire des chansons et en faire son métier, contre vents et marées s’il le faut. Cette ténacité a payé. Libérée, jetée dans l’inconnu, Catherine Durand explore et dévoile toute sa créativité et son univers délicat. Avec « Diaporama », Catherine Durand propose un album aux accents folk, country, parsemé de chansons subtiles, efficaces où il fait bon se lover. Catherine Durand fait partie de ces artistes qui ont su rester maître de leurs univers, exprimer des choses simples mais si essentielles. La liberté, la sincérité telles sont les qualités qui animent et colorent l’art de cette québécoise qui je suis sûre n’est pas prête de finir de nous étonner et de nous toucher. Son talent a d’ailleurs servi d’autres artistes. Elle a écrit pour Isabelle Boulay ( J’irai jusqu’au bout) ou Stéphanie Lapointe. Son nouvel album « Cœurs migratoires » est sortie le 9 septembre au Québec. Elle a déjà fait quelques escales en France, espérons qu’elle y reviendra avec son nouvel album et que le public français saura apprécier son talent.
Pascale Picard Band arrive en France
28/08/2008
Depuis son éclatante prestation à Taratata et la sortie de son album « Me, myself, and us » en France le 30 juin, Pascale Picard Band s’est fait discret dans notre hexagone. Le groupe est de retour pour une tournée qui passera par la Cigale le 23 octobre 2008. Avant cela, il s’arrêtera dans 3 Fnac pour donner un mini-concert gratuit. Il y présentera son album, un mélange de folk et de rock où la force charismatique de la voix de la demoiselle se pose avec rage, mélancolie et douceur à la fois. Venez découvrir dans un contexte unique le naturel, la simplicité, la fougue et l’audace de stars qui ont su rester anti-stars, fidèles à la musique qu’ils voulaient faire depuis le début. Profitez-en car il ne va pas durer éternellement le temps où vous pourrez l’écouter et le voir dans des conditions intimistes comme celle des forums de la Fnac. Alors venez nombreux et nombreuses l’accueillir comme il se doit. On dit qu’on se souvient toujours des premières fois, gageons que nous nous en souviendrons eux comme vous.
Crédit Photo : Chuck & Twist
24 septembre - Fnac Lyon (Bellecour) – 85 rue République
25 septembre - Fnac Angers – 25 rue Lenepveu
26 septembre - Fnac Saint-Lazare - 109 rue Saint-Lazare (Paris 9ème)
23 octobre – Cigale de Paris
24 octobre – Festival Zik’O Doc(Havre)
Les Cowboys Fringants en expédition le 29 septembre 2008
25/09/2008
Ca y est, c’est officiel, le nouvel album des Cowboys les plus célèbres du Québec sera dans les bacs le 29 septembre 2008. Après avoir festoyé à leur grand messe, ils vont nous embarquer dans une expédition dont eux seuls ont le secret mais qui à n’en pas douter nous emmènera au cœur de la culture québécoise qu’ils savent si superbement mettre en musiques et chansons.
Ces Cowboys toujours aussi fringants, enflammeront les 2 et 3 février 2009, l’Olympia de Paris. Le 29 septembre annoncera la rentrée musicale qui va être chargée et ce sont les Cowboys Fringants qui ouvrent le bal.
L’album sera disponible en vinyl.
www.cowboysfringants.com et www.cowboysfringants.com/fondation
Mes Aïeux, nouvel album en octobre
22/09/2008
C’est le 7 octobre au Québec et le 24 octobre en France que sortira le nouvel album de « Mes Aïeux », intitulé « La Ligne Orange ». Très attendu depuis le succès populaire d’ »En Famille » et particulièrement de « Dégénérations », ce nouvel album ne devrait pas dérouter les fans mais ne sera pas, selon Stéphane Archambault, le chanteur, un bis répétita. Dans une interview, accordée à Frédérik Plamandon, de « Voir.ca », le chanteur dit : « Je dirais que le folklore est toujours là mais qu’il prend moins d’espace. On a vraiment eu la volonté de se réinventer. Musicalement, c’est la première fois qu’on a autant de temps à mettre sur la préproduction. Les morceaux ont eu le temps de vieillir et on a eu le temps pour jammer, pour explorer. C’est sans aucun doute notre album le plus collectif .» A n’en pas douter, Mes Aïeux continueront à célébrer leur culture, leur folklore, leurs contes et légendes, sauront les mettre en parallèle avec des problématiques et des sujets contemporains, bien ancrés dans le 21ème siècle. C’est la force de ce groupe, renouveler et actualiser l’identité québécoise. Rendez-vous le 24 octobre .
Terez Montcalm, le feu sacré du jazz
21/08/2008
Il est des voix qu’on n’oublie pas car une fois que vous l’avez écoutée, elle vous prend aux trippes, au cœur et oserais-je même dire à l’âme, pour ne jamais vous lâcher. La voix de Terez Montcalm en fait partie. Dès les premières mesures, on voit qu’on a affaire à une voix atypique et une interprète qui l’est tout autant.Cette femme de feu a une voix rocailleuse à souhait. Ce grain de voix, qui n’est pas sans rappeler Tom Waits ou Janis Joplin, se confond à un sens du groove, un phrasé tout à fait personnel. Cette originalité, qui aurait pu être un frein, est transcendée par une interprétation hors norme, sachant naviguer avec volupté, sensualité, robustesse, félinité entre musiques pop, jazz, rock. Terez Montcalm ne saurait se cantonner à un seul style, elle qui a grandi avec la pop-rock de Zappa, Hendrix, Beatles, le jazz de Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Nat King Cole et la chanson française de Piaf ou Nougaro.
Elle a déjà 4 albums à son actif mais c’est le dernier « Voodoo » qui l’a fait connaître de ce côté de l’Atlantique.
Cet album, plus que les autres, fait la part belle aux reprises. Après s’être attaquée à rien de moins que « La foule » de Piaf, « For me formidable » d’Aznavour ou "I just wanna make love to you » des Rolling Stones, avec « Voodoo », Terez Montcalm continue à donner une autre vie à des standards, à transfigurer des chansons qui font partie du patrimoine musical populaire et mondial. Le risque est à la mesure du talent. En sortant des sentiers battus « Sweet dreams », « Voodoo child », « Le cinéma », … elle donne à ces chansons un second souffle et les emmènent très loin pour en faire rejaillir les émotions en nous. Dans une entrevue accordée à Clémence Risier de Voir (Canada), Terez Montcalm disait : « J’écoute énormément de musiques alors beaucoup d’artistes m’inspirent. C’est un plaisir fou pour moi d’apporter mon petit côté personnel à une interprétation, d’essayer de la modifier mais aussi de l’améliorer pour qu’elle me ressemble le plus possible. J’ai toujours aimé interpréter les chansons des autres, c’est mon faible ».Ses premiers albums ne sont pas distribués en France mais jetez-vous sur « Voodoo » et aller la voir si elle passe en concert par chez vous. Vous ressortirez de la salle de concert, transcendé par une voix, une personnalité, un talent inné, très rare.
Florence K : un voyage en musique avec charme et élégance
28/08/2008
Quand on a une mère chanteuse d’opéra (Natalie Choquette) et un père guitariste, difficile de ne pas tomber dans la musique. C’est très tôt que Florence K s’est mise au piano (3 ans). Elle a accompagné même jeune sa mère, a voyagé beaucoup et multiplié les expériences de scène. Mais la jeune femme n’a pris son envol qu’il y a peu. Après un 1er album live remarqué, c’est avec l’album « Bossa blue » qu’elle affirme son style et multiplie les récompenses (Gala de l’Adisq).
Comme le nom de l’album l’indique, Florence K offre un univers musical traversant plusieurs styles musicaux (bossa, blues, jazz). On pourrait penser que l’album est décousu mais elle a le secret pour créer une entité à part entière, pour passer avec élégance, aisance d’une musique à l’autre et d’une langue à l’autre. Cette polyglotte chante en français, anglais, espagnol, italien. Sa présence en France s’est faite plutôt discrète mais elle a néanmoins assuré la 1ère partie d’Isabelle Boulay à l’Olympia et de Bernard Lavilliers. On peut trouver pire comme parrainage. Laissez-vous tenter par cette voix pleine de charme et de chaleur. L’hiver n’est pas loin, « Bossa blue » saura vous réchauffer .
Graphisme : Michel LAVOIE et Charles Gagon (Les Evadés)
Crédit Photo : Krissi Campbelle
Stéphane Rousseau ou la quête du bonheur sous le signe du rire et de l'émotion
21/08/2008
Il fait tous les métiers de la scène : humoriste, acteur, animateur, imitateur et même chanteur mais c’est celui d’humoriste que l’on connaît le plus ici en France et qui est le plus cher à son cœur. Car l’humour c’est une affaire de famille l’autodérision, un acte thérapeutique et essentiel dans sa vie. Pour Stéphane Rousseau, il n’y a pas mieux que pour traverser la vie et ses difficultés. Et l’homme sait de quoi il parle lui qui, jeune, a du faire face à la maladie de sa mère.
Dans son dernier spectacle, Stéphane Rousseau s’interroge sur le bonheur et met en scène cette quête par l’entremise d’un homme qui suit une psychanalyse. Stéphane Rousseau jongle ici entre questionnements existentiels et fantasmes. De nombreux personnages parcourent ce spectacle qui n’est pas seulement un spectacle d’humour. Stéphane Rousseau est un entertainer. Il chante, danse, nous faire rire, sourire, nous émeut, jongle avec pleins de sentiments à la fois. Bref, il nous séduit pas que par son côté beau gosse car cela va bien au-delà. Celui qui nous a bouleversé dans les « Invasions barbares » a un réel talent. Ce qui ne gâche rien, le gars de Saint Henri a su rester simple et généreux. On a hâte de le retrouver sur scène ou sur grand écran. Il paraît qu’il a le projet d'écrire un film (sans prétention) inspiré de sa vie et de petits bouts de celle de ses amis. En attendant, on peut le voir ou revoir dans le rôle d’Alafolix car le dvd d ‘Astérix aux Jeux olympiques sort en France.
Création affiche : William LET
Photographie : Jean-François GRATTON
Yann Perreau, le poéte funambule des mots, des sons et des gestes
20/08/2008
Voilà un artiste comme on en voit peu. Ce poète croque la musique à pleine dent, et fait des chansons, sans retenue, comme il l’entend, de manière indépendante. Il a déjà 2 albums à son actif : « Western Romance » et « Nucléaire ». Et quels albums !!! Même s’il se dit un auteur de chansons mais qu’il ne sait pas encore comment faire çà, force est de constater à l’écoute de ses 2 albums qu’il maîtrise l’écriture tant des textes que des musiques. Les 2 se confondent pour le plus grand plaisir des oreilles qui auront croisé ses chansons. « L’amour, la liberté, la décadence romantique » sont ses thèmes de prédilection et ils les marient à des ambiances rock, beat, électro et chanson française. Si son talent est grand sur disque, il l’est encore plus sur scène. Autant vous le dire tout de suite, Yann Perreau est une bête de scène. La scène c’est son terrain de jeu et Perreau un performer hors norme. Ce maître de cérémonie irradie, déroute, charme, bouge, danse. Ce conteur fou se fait autant funambule du geste que des mots. Il évolue tel un félin avec une sensualité et une sauvagerie où l’émotion est reine. Sa rencontre avec Pol Pelletier, une grande dame de théâtre n’est pas étrangère à cette manière de mettre en scène sa musique mais son audace, son inventivité et son amour du contact avec le public y sont aussi pour beaucoup. Un nouvel album devrait voir le jour en 2009. En attendant de l’accueillir sur les scènes de notre hexagone, on peut patienter en écoutant ses albums, son live (cd et dvd) et lire son recueil « Perreau et la plume ».
Les 3 P'tits Cochons ou une fable l'infidélité conjugale
14/08/2008
1er film en tant que réalisateur de Patrick Huard, les 3 P’tits cochons met en lumière 3 hommes mariés, 3 couples et 3 aventures extraconjugales. 3 frères se retrouvent au chevet de leur mère dans le coma, à l’hôpital. S’en commence une conversation où chacun se livre sur son mariage, son aventure ou ses désirs. La discussion se centre petit à petit sur l’infidélité et on rentre alors dans 3 vies amoureuses. Mathieu est marié, a 2 enfants, une vie familiale et conjugale qui lui échappe et une situation financière limite. Il est au bord de l’explosion et se lance dans une aventure extraconjugale pour lâcher du leste.Christian est marié, sans enfant. Sa vie de couple bat de l’aile. Timide, il comble ses désirs avec des films porno et le cybersexe. Son aventure lui montre qu’il n’est pas fait pour le mariage, l’engagement et les responsabilités.Rémi est marié et père d’une adolescente. Il forme le couple le plus solide. Prospère, rien ne semble pouvoir ébranler la vie tranquille qu’il s’est construite. Cette tranquillité et la moralité dont il assène ses frères n’est qu’apparence, …On voit donc au fur et à mesure de l’histoire un parallèle avec la célèbre fable.Originalité du film, il n’y pas de morale. Personne n’est tout blanc, personne n’est tout noir. Patrick Huard y met en scène l’imperfection de l’amour et ses failles. Teinté de beaucoup d’humour, ces hommes et ces femmes en deviennent attachants. On n’arrive pas à juger, peut-être parce qu’on s’aperçoit qu’ils nous ressemblent et montrent toute la difficulté d’aimer. On voit que l’amour est un sentiment beau et fort qu’il est difficile de construire et faire durer.Un film que l’on vous recommande d’aller voir, notamment par la qualité d’interprétation de tous les acteurs, actrices. Le cinéma québécois n’arrête pas de nous surprendre par sa diversité de style.
Bonjour Brumaire, découvrez avant tout le monde la future sensation pop québécoise
01/08/2008
Qu’est-ce qui se passe lorsque l’on met 1 français, 2 québécois anglophones, 1 québécois francophone et 1 suissesse dans une pièce ? Et bien, on voit éclore Bonjour Brumaire.
Groupe formé depuis seulement janvier 2007 à Montréal, leur 1er album, sorti en avril dernier, a suscité une vive attente sur la scène indie-rock. Très vite ce groupe a obtenu de nombreuses récompenses, foulé de nombreux festivals au Québec. L’ascension a été fulgurante et donc le buzz énorme tant dans le milieu des médias, de la musique qu’auprès du public. Leurs origines variées (francophone/anglophone, européen/nord-américain) a permis de les réunir sur l’essentiel (la musique), de jouer et utiliser ces différences culturelles et enfin de créer des confluences musicales originales. Leur pop assumée se confond à un rock. La pop acquiert de la puissance et le rock de la légèreté. C’est mélodique et bien orchestré. Quant aux textes, le chanteur les conçoit comme des analyses sociologiques. Avec son carnet toujours dans sa poche, il note ce qu’il entend dans le métro, le bus, … et en fait des chansons.

