Emilie Proulx : la grâce et la magie du folk
30/03/2010
Lorsque l'on parle de folk music, ce sont des grands noms américains qui nous viennent à l'esprit. Pourtant, le Québec est en train de démontrer avec force que cette musique ne s'accorde uniquement avec la langue anglaise. Nous avons déjà parlé sur ce blog de la virtuosité de Marie-Annick Lépine, de Catherine Durand ou de Mara Tremblay à poser avec grâce la langue française sur la folk music. A ces trois grandes dames du folk québécois, que nous aimons à nommer les petits diamants du folk québécois, on peut ajouter celui d'Emilie Proulx. Sa discrétion n'a d'égal que son talent. Emilie Proulx avance doucement mais sûrement dans le microcosme musical québécois. La quête d'un sens à la vie et la recherche du bonheur habitent les chansons d'Emilie. Il y a certes beaucoup de mélancolie dans cet album mais pas de langueur ni d'ennui. Il y a des doutes mais aussi des envies d'ailleurs, des envies de se trouver, d'exister. La mise à nu d'états d'âme fait la force évocatrice de cet album. "La lenteur alentour" est un peu le miroir des questionnements de tout à chacun que la plume habile d'Emilie sait magnifiquement transcrire, sans lourdeur, avec justesse et légèreté. Tout cela est porté par un folk aérien, presque habité où banjo, guitare, ... sont l'écho d'une voix captivante par sa capacité à nous transporter. Cette lenteur, ces silences aussi, nous suspendent à l'univers très personnel d'Emilie. Contrairement à ce qu'on pourrait penser "la lenteur alentour" est un éloge de l'imaginaire, des rêves, de la contemplation, de l'introspection, de l'anticonformisme. Quoi de mieux que des chansons pour nous sortir de l'ordinaire. Une fois avoir posé ses oreilles sur l'art d'Emilie, on est accro. Une artiste qui va aller très loin. C'est sûr, on la suivra.


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