Howard McCord - L'homme qui marchait sur la Lune - Editions Gallmeister (à paraître)
02/06/2008
Couverture US.
Une empreinte de lynx en logo, des photographies de paysage désolé couleur sépia, des livres imprimés sur du "papier dont les fibres de bois proviennent de forêts durablement gérées" : Oliver Gallmeister, ancien directeur financier chez Hachette, amateur de pêche à la mouche, s'est réfugié en Bretagne d'où il édite les plus grands auteurs américains du nature writing.
Le nature writing, c'est l'esprit de Robert Redford soufflant sur la prairie. Des écrivains physiques, comme Jim Harrison, qui manient la plume aussi bien que la hache, qui écrivent sur l'univers qui est le leur, la nature.
Une nature qui résiste, à travers eux, à la domestication et à la destruction.
Howard McCord (1932) est un poète texan vétéran de la guerre de Corée, installé aujourd'hui à Bowling Green, Ohio. Son oeuvre littéraire, romans, essais, poésie, a été récompensée par les prix littéraires américains les plus réputés.
A l'image d'Howard McCord, l'homme qui marche sur la Lune aime la randonnée et l'escalade.
Solitaire, il vit seul et dort à la belle étoile le long d'un gros container qu'il loue, non loin de la Montagne de la Lune, dans le désert du Nevada. Ce caisson contient le résumé de sa vie, "des carabines, des pistolets, et un fusil de chasse".
Ce randonneur d'un genre particulier, expert en survie extrême, arpente les falaises vertigineuses, les éperons rocheux, les crêtes de la Lune, s'abreuvant aux minces filets des sources, contemplant chaque instant qui passe dans le miroir de la montagne, dans les orages qui l'électrisent, dans la solitude volontaire la plus profonde.
Entre deux éclairs, rêvant de voir un jour l'inexplicable foudre en boule, remontent à la surface ses souvenirs. Ses souvenirs de soldat de dix huit ans, pourchassé par les nords-coréens et les chinois dans les montagnes enneigées de l'Asie du Sud-Est. Une débâcle à laquelle aucun homme de sa patrouille ne survivra.
Guerre de Corée (1950-1953).
Soldat US et son Browning Automatic Rifle (B.A.R.) ; guerre de Corée, 14/07/1950.
Guerre de Corée.
(www.ailes-militaires-belges.be)
"Ici, un soldat du 2e Bataillon, Royal Canadian Regiment, est transporté vers un Sikorski S-51 américain pour être évacué vers les lignes arrières, en juin 1952." (www.civilization.ca)
Transfusion sanguine "à un soldat du Royal Canadian Regiment ayant subi plusieurs blessures lors d'une patrouille en juin 1952." (www.civilization.ca)
William Gasper est un tueur à gage retraité de la CIA, et chasseur le voici dans la peau d'une proie, lorsqu'un second sniper, équipé d'un Remington BLD calibre .270 pour gaucher, se lance sur sa piste.
Duel dans les canyons, L'homme qui marchait sur la Lune réussit à entraîner le lecteur dans ses descriptions contemplatives d'espaces vides.
Les écrivains du nature writing ne sont pas des écologistes bobos membres de lobbies anti-chasse. Bien au contraire, ils savent mieux que quiconque, parce qu'ils vivent avec elle, que la nature au naturel est d'un équilibre fragile et sauvage. L'homme est un animal omnivore ; avant de déguster un lapin, il convient de le tuer ; avant de se régaler d'une truite, il faut la pêcher.
Le secret réside dans la mesure de ce que l'homme prélève, et dans le respect des lieux qu'il traverse. Bûcherons, rangers ou éleveurs, les écrivains du nature writing publiés par cette belle maison d'édition s'engagent fortement dans la préservation des grands espaces, de la faune et de la flore. Ils ne défendront jamais ni la pêche ni la chasse intensive. Ils savent de quoi, et de qui, ils parlent.
Mi-western, mi-policier, jouant avec un fantastique onirique, L'homme qui marchait sur la Lune, traduit de l'américain par Jacques Mailhos, nous entraîne dans une silencieuse méditation du vide, sur la délicate notion de bien et de mal, sur la juste place de l'homme dans son environnement et sur l'infinie fragilité de l'un comme de l'autre. Une réflexion sur la politique également, écartelée entre discours et raison d'état.
Une réflexion inquiétante, proche de la BD Le tueur de Luc Jacomon et Matz (éditions Casterman) et de L'étranger de Marcel Camus (éditions Folio - Gallimard). Inquiétante parce qu'elle se déroule à l'insu du lecteur, au fil du récit, et que l'esprit du narrateur est celui d'un tueur, glacial et cynique.
Couvertures Le tueur, intégrale et tome 1 (bd.castrenan.com et www.fnac.com)
Pour retrouver le catalogue unique des éditions Gallmeister : www.gallmeister.fr, et pour leur écrire : editions@gallmeister.fr.
L'adresse www.possibilityx.com vous ouvre quant à elle les portes du "Howard's official site", d'où sont extraites les trois photographies ci-dessous.
Howard McCord, 1939.
Howard McCord, 1958.
Howard McCord écrivant un poème en 1951.
Olivier Mouchiquel


Fnac.com
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