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Juste avant le grand plouf...

04/10/2009

Livraison livres Goncourt 2009.JPG

 

Le deuxième emballement du coeur, après la publication de la liste de la sélection, se produit à la réception des livres. Le moment où ton GDL à toi commence vraiment.

 

Ca y est, les quatorze fascicules de cette année sont sur ma table.
Je les regarde, je les touche, je les respire.

 

Au-delà des modes et des avancées technologiques, un livre neuf reste un incomparable objet de convoitise et de fascination : la texture de sa couverture qui crisse sous les doigts, ses flancs blancs aux pages massicotées de frais* et cet indescriptible mélange odorant d'encre et de papier...

 

Certes, après lecture, chaque exemplaire aura perdu un peu de cette enivrante fraîcheur. Mais comme un vieux jean porte dans son usure le souvenir des bons moments passés, les rides particulières de chaque livre témoigneront de notre rencontre. Un pli sur la couverture, un peu de sable, un marque-page improvisé perdu au milieu des pages, une fleur ramassée quelque part, un ticket de train ou de métro, un cheveu ou un insecte coincé là, une tâche de vin ou de café, le froissement d'une feuille trahiront des instants de lecture, leurs lieux ou l'état d'esprit du moment.

 

J'aime retrouver dans mes livres ces petits indices de vie qui rendent unique chaque tome de ma bibliothèque. J'aime aussi découvrir dans les livres achetés d'occasion ces traces indiscrètes de la vie de leurs lecteurs. Quelques lignes naïves griffonnées sur un coin de journal, le bordereau d'une livraison effectuée en 1973, une publicité kitsch pour une bibliothèque « révolutionnaire » ou une auto déjà disparue, la photo cornée d'un chien (si si !), des étiquettes de produits divers, de bonbons, des images désuètes de tablettes de chocolat collées sur un bristol et toujours ces tickets de transport, signes de voyages... Le livre devient messager du temps, substrat presque archéologique retenant dans ses strates numérotées les témoignages de ses alternatifs visiteurs...

 

Dans la poudreuse immaculée de ces livres tout neufs, à moi de faire ma propre trace.
Suffit la contemplation, place à l'action !
Voyons maintenant ce que ces bouquins ont dans le ventre...

 

 

 

*A bien y (re)réfléchir, Jipéhu, je reste un puissant fanatique de cette coupe franche. A la française dirais-je même, pour reprendre un terme jardinier, par opposition à cette impression de jardin « à l'anglaise » que pouvaient laisser les flancs irréguliers des livres brochés d'antan découpés au coupe papier par le lecteur (cf. notre échange de commentaires du billet « début »). Et pourtant, il est rare que je trouve dans les innovations de notre présent des sources d'amélioration de notre art de vivre. Comme quoi...

 

 

 

Alphonse Boudabard

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(positifgdl)

 

 

 

 

 

 

 

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