Sans vouloir tirer la couverture à moi...
01/10/2009
... je suis ce qu'on appelle un « mec bourré de préjugés ».
Sans doute parce que mon imaginaire ne s'arrête jamais. Et qu'il se plaît à anticiper ce qui va se passer, tente de déceler les parcelles de magie que le futur me réserve. Une façon agréable de se réjouir des événement à venir et de vivre plusieurs fois les moments importants. Une fois en rêve, une deuxième fois « pour de vrai » et une troisième fois en comparant jugement a priori et réalité vécue. Loin de fermer hermétiquement l'esprit à la nouveauté comme pourrait le faire le « mauvais préjugé », cet état d'esprit aiguise au contraire la perception de la réalité et l'attention aux détails. Une vision « extralucide » qui pousse parfois à des voyages un peu surréalistes, lorsque, par exemple, fiction et réalité se côtoient. Mais qui, toujours, garantit de belles surprises par delà les sentiers battus. Les plus belles rencontres sont celles qui m'ont permis, justement, de modifier mon jugement initial pour une réalité encore plus belle. Car je suis un mec bourré de préjugés qui adore changer d'avis.
Je n'ai pas encore reçu les précieux livres de la sélection 2009. Et je ne souhaite pas, pour l'instant, approfondir davantage ma connaissance de ceux-ci afin de ne pas orienter mon jugement. Faute de mieux, je relis donc les titres des livres de la sélection pour essayer de découvrir ce qu'ils cachent. Ils sont un voyage à eux tout seul.
J'aime bien « Les pieds sales » d'Edem Awumey. Un clin d'oeil plein d'humour, sans doute, au livre de Jean-Paul Sartre dont le titre évoquait d'autres extrémités avec « Les mains sales » certes moins odorantes.
Plusieurs couvertures citent de façon générique l'homme, la femme ou leur pluriel. Une façon de se caler dans l'absolu ? « La légende de nos pères » de Sorj Chalandon, « L'homme qui m'aimait tout bas » de Eric Fottorino , « Mauvaise fille » de Justine Lévy, « Des hommes » de Laurent Mauvignier, « Trois femmes puissantes » de Marie Ndiaye. Ce dernier titre me fait un peu peur...
D'autres sont remplis de la promesse d''une révélation sur quelqu'un clairement nommé : « La vérité sur Marie » de Jean-Philippe Toussaint ou « Ce que je sais de Vera Candida » de Véronique Ovaldé. On peut aussi mettre dans ce classement à l'emporte-pièce « Alias Caracalla » de Daniel Cordier et « Jan Karski » de Yannick Haenel. La blogosphère a bruissé quelques instants de l'interrogation essentielle : le titre du roman de Yannick Haenel : « Jan Karski » s'écrit-il « Karski » ou « Karsky » ? Grave affaire ! Serait-ce un truc d'agent littéraire pour faire parler un peu de son livre avant tout le monde ? (c'est un livre du Seuil, l'année dernière qui avait fait le coup du lapsus avec « Patrick » Pluyette prénommé en fait Patrice. Quand on connait le personnage, on a du mal à croîre à la préméditation ...). Nous, on voudrait plutôt savoir : « La vérité sur Marie », d'accord. Mais Marie qui ?
Deux titres évoquent le clair obscur : « La lumière et l'oubli » de Serge Mestre et « Les heures souterraines » de Delphine de Vigan. Je suis d'accord avec Noémie dans son commentaire précédent : ces titres ne respirent pas foncièrement la joie de vivre. A nous de découvrir quel éblouissement cachent les couvertures...
Restent deux livres dont les titres m'inspirent justement par la promesse positive qu'ils semblent véhiculer :
« La Délicatesse » de David Foenkinos et « Le club des incorrigibles optimistes » de J.M. Guenassia. Des tonalités douces amères qui, à bien y réfléchir, cachent peut-être un propos pas forcément débordant de gaieté (mais on a l'habitude des contrepieds des écrivains). Qui lira saura...
Voilà pour ce premier aperçu inutile de la sélection 2009. Dès réception des ouvrages, nous les pèserons afin d'avoir un avis plus juste de leur contenu.
Non, je plaisante.
(on se contentera de les mesurer)
* Oui, c'est bien un « i » pour « Jan Karski ». Même Le Point et Le Monde se seraient trompés. A se demander ce que font les journalistes littéraires qui sont pourtant des hommes...de lettres.
(positifgdl)


Fnac.com
Les 2 livres pour lesquel j'ai prêté le plus d'attention c'est "mauvaise fille" de Justine Lévy et "l'homme qui m'aimait tout bas" d'Éric Fottorino. Même si ces 2 histoires sont un peu similaires, elles sont réalistes et ces autobiographies m'ont beaucoup touchées... Attendons de lire les autres livres... Pourvu qu'ils me plaisent autant !
J'ai lu les heures souterraines de Delphine de Vigan et j'ai vraiment aprécié. Même si ce livre ne reflète pas la joie de vivre il montre parfaitement ce qui se passe dans notre société actuellement. Comment les gens sont stressés à leur travail, comment on peut être mis à l'écart, écarté de tout projet du jour au lendemain dans son entreprise.
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