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Une droite qui ment

04/05/2008


     En France, nous fêtons cette année le quarantième anniversaire de Mai 68. Mais attention aux récupérations politiques !

 

Celles-ci s’annoncent en effet nombreuses, d’ailleurs le site Internet de l’UMP Grandes Ecoles consacré aux quarante ans de Mai 68 est l’exemple le plus probant… Et dire que certains de leurs militants se revendiquent de l’héritage historiographique de René Rémond ! Le vénérable historien doit se retourner dans sa tombe, hélas.

Le PS veut lui aussi fêter les quarante ans de Mai 68 ? Pourquoi pas. Mais il faut le faire alors différemment de la droite. Le PS ne doit pas faire de Mai 1968 son héritage particulier, mais doit expliquer clairement en quoi 1968 est l’héritage de tous les Français et que, sans 1968, la France du XXIe siècle n’en serait sûrement pas là aujourd’hui.

 

Ce travail d’explication ne peut être réussi qu’en rétablissant un certain nombre de vérités et en déconstruisant le discours de droite, volontairement mensonger sur l’année 1968, et le Mai français en particulier.
En tant qu’internationalistes convaincus, nous devons avant tout rappeler que l’année 1968 ne s’est pas arrêté aux portes du quartier latin. Non, 1968 est une « révolution mondiale » dont les mouvements sociaux du Mai français ne sont qu’une petite partie.

 

Ce Mai français a-t-il été réussi ? A-t-il laissé un héritage dont nous pouvons nous enorgueillir aujourd’hui ?
La droite semble tenir un double discours lorsqu’il s’agit de répondre concrètement à ces deux questions. D’une part Mai 68 aura été un échec et son héritage une catastrophe. D’autre part, les jeunes de 1968, en particulier, auraient quand même permis à la jeunesse de se libérer , mais le flambeau devrait être repris par les jeunes populaires et par les étudiants de l’UNI. Bref, par les jeunes de droite…

 

Le premier discours est déjà une belle erreur d’appréciation et pourtant c’est le discours du Président de la République, Nicolas Sarkozy ! En effet, selon un sondage réalisé auprès des Français, en novembre 1998, « les mouvements étudiants de Mai 68 » arrivaient en seconde position, juste derrière la Seconde guerre mondiale, en tant qu’événement marquant du XXe siècle, confirmant ainsi l’intuition légitime que 1968 marque une étape essentielle dans l’histoire de France . Mais rappelons nous pourtant le discours de Bercy, le 29 avril 2007, dans lequel le futur Président de la République déclarait alors : «L'héritage de Mai 68 doit être liquidé une bonne fois pour toutes.»
Des paroles en l’air : Nicolas Sarkozy faisait de Bernard Kouchner, un des acteurs de Mai 68, son ministre des Affaires étrangères.

Néanmoins, lorsque la droite se résigne à accepter l’héritage de Mai 68, c’est au prix d’ amalgames nauséabonds . La droite d’aujourd’hui n’est en rien héritière POLITIQUEMENT des mouvements sociaux de Mai 68, mais au contraire de la réaction gaulliste du 30 mai et de juin 1968. Qu’est-ce que l’UNI ? Une association étudiante créée à partir des SAC, les Sections d’Actions Civiques, réputés pour leur extrémisme. Qui était responsable du SAC en 1968 ? Charles Pasqua. Avec qui Nicolas Sarkozy a fait ses premières classes politiques ? Charles Pasqua. De qui s’est entouré Nicolas Sarkozy dans sa conquête du pouvoir ? D’anciens membres d’Occident (groupe d’extrême droite) comme Patrick Devedjian qui répandaient la violence dans le mouvement social. On comprend que Nicolas Sarkozy veuille liquider l’héritage de ce Mai 68-là…

 

Le premier mensonge de la droite concerne le mouvement social de 1968 en lui-même . C’est en fait toujours la même argumentation propre à la droite. De Mai 68 au mouvement contre le CPE de 2006 : les mouvements sociaux seraient le fait d’une minorité contre une majorité silencieuse . Hélas pour la droite, en ce qui concerne Mai 68, les faits sont là : l’opinion publique était favorable au mouvement étudiant à ses débuts, c’est l’absence d’issue politique immédiate qui conduira l’opinion publique à se retourner. En outre, le 22 mai, on décompte plus de 8 millions de grévistes : il est donc absurde de parler de majorité silencieuse. Enfin, n’oublions pas que, même après la manifestation du 30 mai, de Gaulle est de moins en moins populaire chez les Français. Il démissionne d’ailleurs en avril 1969.

 

Le second grand mensonge de la droite est de faire croire que Mai 68 aurait ouvert l’ère du laxisme généralisé . Cette thèse résume toute la pensée politique d’un « philosophe » comme Luc Ferry. Il est navrant de voir ici se confondre laxisme et liberté. Mai 68, c’est en effet d’abord la libération de la parole. La libéralisation de l’ORTF est probablement la conséquence la plus palpable de Mai 68. Libération de la parole donc et contestation de l’autoritarisme, de l’impérialisme et du totalitarisme ; les cibles sont claires : le PCF et le pouvoir gaulliste. Sans cette libération de la parole qui s’est exercée de manière non-violente, un certain nombre de droits aujourd’hui acceptés par tous n’auraient pu être conquis. C’est après Mai 68, durant les années 1970, que les mouvements pour la libération sexuelle, les mouvements féministes, les avant-gardes culturelles gagneront la reconnaissance de ces droits. Aujourd’hui, si la France connaît une si grande vitalité associative, c’est grâce à Mai 68 qui a permis à la société civile de s’imposer comme le contre-pouvoir par excellence à l’Etat et aux entreprises.

 

La droite aime l’opportunisme. Pour attaquer Mai 68, elle récupère aujourd’hui à son compte le discours du PCF d’alors : les soixante-huitards aujourd’hui seraient les garants de l’ordre établi . C’est le troisième mensonge. Les soixante-huitards se seraient embourgeoisés (la droite parle de « bobos », vocable emprunté à l’extrême droite d’ailleurs) et auraient trahi leur « cause » en se vendant au néolibéralisme. C’est un argumentaire de café du commerce.

D’abord, il n'y a pas de portrait type du soixante-huitard . Les soixante-huitards sont ceux qui ont participé aux mouvements sociaux de l’année 1968 et à leurs suites jusqu’à la fin des années 1970 : « génération 1968 ». Ensuite, les soixante-huitards ne sont pas exclusivement représentés par les anciens membres très médiatisés aujourd’hui du courant de la gauche prolétarienne (à l’époque à la remorque du mouvement). À côté de cela, il y a le courant libertaire et le courant deuxième gauche (la CFDT). Enfin, il n’y avait pas pour la majorité des soixante-huitards de « cause » : la prise de pouvoir n’a jamais été l’objectif du mouvement de Mai. L’esprit de Mai était tout autre : il s’agissait de renverser des ordres établis certes, mais surtout d’amorcer un processus de démocratisation de la société et de libéralisation des mœurs. Et donc de ce point de vue-là, les soixante-huitards ont atteint leurs objectifs.

 

Un dernier mensonge honteux de la droite : celui d’ imputer à Mai 68 un soi-disant fossé entre les générations . Pour la droite, les soixante-huitards avaient tout, mais voulaient plus. Mai 68 leur aurait donné bonne conscience et permis d’obtenir le meilleur pour leurs enfants ce qui aurait sapé l’envie de s’engager des générations successives. C’est ce que résume le fameux slogan, « les soixante-huitards ont à leur tour légué un héritage lourd pour notre jeunesse », du site de l’UMPGE. Ce raisonnement est faux, bien entendu. En effet, en 1968, il y avait bien un malaise : il s’est traduit par le mouvement social. Et si les soixante-huitards ont obtenu mieux pour leurs enfants, ce n’est pas pour les empêcher d’être, eux aussi, jeunes. D’une part, tous les jeunes n’ont pas vu leurs conditions s’améliorer : on pensera aux jeunes des banlieues que la droite a définitivement oubliés. D’autre part, les jeunes après Mai 68 ont continué de s’engager comme l’a montré le mouvement contre le CPE en 2006.

 


Et la gauche quand même dans tout ça ?

Longtemps, il est vrai que le Parti Socialiste a considéré d’un œil soupçonneux Mai 68. D’ailleurs, le PS dans sa majorité n’est pas issu d’une gauche héritière de 1968 et s’est donc bien gardé d’y faire référence. Mais tout cela a changé aujourd’hui. Avec le meeting de Ségolène Royal, en mai 2007, au stade Charléty, le PS acceptait officiellement l’héritage de Mai 68.

 

Mai 68 a donc laissé un héritage à tous les Français , en faisant de l’engagement une démarche accepté par tous. Mais, nous qui sommes jeunes, savons que les combats de notre génération sont différents de ceux de la génération 1968 . Nous n’imiterons pas nos parents car les sujets sur lesquels s’engager sont propres à notre temps. Nous n’avons pas renoncé à l’engagement car nous savons que des grands chantiers doivent encore être menés pour améliorer notre quotidien. Il y en a au moins deux qui mobilisent les jeunes, au-delà des barrières politiques : c’est la lutte contre la précarité et la construction européenne . Mais ce sont aussi ces deux chantiers-là que la droite a définitivement oubliés...

 


Diego Melchior - Section PS Sciences Po

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1968 : diversités internationales et convergence nationale - épisode 5

04/05/2008

Le soixante-huitard : ses enfants qui s'expriment aujourd'hui, les représentations et les clichés.

Retour sur le sondage réalisé par le Nouvel Observateur sur l'héritage de mai 68. 

Les remises en question : la position de Nicolas Sarkozy, les "frustrés" et les "antis".

Julien Dray, un "fétiche écrasant". 

 

 

Mai 68 : et la gauche créa l'UNI

28/04/2008

    Mai 68. La rue se soulève, les étudiants s'affirment, le général disparaît. Baden-Baden. Le président en Allemagne. La France désorientée. Nanterre, La Sorbonne, Saint-Michel. “La liberté gagnera”, pensait-on. Et l’on pensait bien. La liberté gagna les universités, mais d'une façon dont nul ne parle.

 

 

Une révolution éclata et le 30 mai, elle modifia la donne. Ceux qui se taisaient ont fait entendre leur voix, légitime elle aussi ! Ils ont repris la rue comme on libère Paris. Ils ont manifesté de Concorde à Étoile. Dans le calme, dans la paix, dans l'ordre, mais debout tout de même. Ces parias de la revendication se sont organisés. C’était « l’autre mai 68 » : celui de la naissance de la droite universitaire.

 

                                                             

 

 


Jeune et de droite, un oxymore ?

 

Mai 2008. Nous y sommes. Après quarante ans de combats, que reste-t-il de cette droite universitaire ? Des fantasmes. Des idées reçues. À Sciences-Po, antre d'une jeunesse politisée, il est même un topos qu'on se murmure comme un réflexe : “ils sont à droite, très à droite”. L'euphémisme est parfait, mais l’esprit critique est mort. L'UNI, première organisation étudiante de droite, serait le symbole d'un anti-soixante-huitardisme réactionnaire, profondément conservateur, liberticide ! “Être jeune, c'est être à gauche” entend-on souvent sur les bancs du 27 et les plateaux de TF1. Non. Être jeune, c'est avoir l'espérance pour religion, l'action pour mot d'ordre, le changement pour leitmotiv.

Les plumes s'activent et interviewent pêle-mêle hommes d'histoire, hommes de pouvoir et hommes de média. Il est de bon ton de glorifier l'événement comme on glorifie Ernesto Rafael Guevara, sans le moindre recul. Il est bien vu de tagguer, pour l'Histoire, à l’envie, quarante ans après, sur les murs d'aujourd'hui les slogans d'autrefois. Sous les pavés la plage. Interdit d'interdire. CRS-SS. Nous y sommes. L'héritage de 68 ? La persistance d’une assimilation toujours trop rapide entre la droite et son ennemi de l'extrême. La maladie persiste et l'UNI, la droite universitaire, voit son opposition de gauche souffrir à son tour de ce mal héréditaire : intolérance politique, vérole d'aujourd'hui. A nous de la combattre. A nous de porter un autre message sur mai 68.

Pour autant, ne soyons pas manichéens : 68, c'est aussi l'audace de la jeunesse. Alors j'ose : l'héritage de 68, je m'en revendique autant que je critique les soixante-huitards. 68, c'est le peuple français qui offre à la droite parlementaire sa plus belle majorité. 68, ce sont ces étudiants qui refusent le diktat de la gauche et qui – enfin ! – l'assument. 68, c'est une prise de conscience réelle, collective, sincère, qu'il y a partout des jeunes que l’amour pour la liberté pousse à refuser l’égalitarisme destructeur. 68, c'est la naissance, en réaction mais vers le progrès et la liberté politique, du premier vrai syndicat étudiant de droite. 68, c'est nous. C'est la droite universitaire. 68, c'est la gauche qui crée l'UNI.

 


Mai 2008, les 40 ans de la droite universitaire.

 

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Tout cela, la droite universitaire veut le dire. Ce blog, c’est une occasion unique pour nous, celle de pouvoir enfin parler de l’autre mai 68, celui que vécurent tous les étudiants de droite et du centre. C’est l’occasion de faire appel à Raymond Aron afin d’expliquer ce que voulaient vraiment les soixante-huitards. C’est l’occasion de rappeler – avec humour et ironie – ce que sont devenus les leaders du combat avorté contre le libéralisme. Enfin, c’est l’occasion d’expliquer pourquoi, dans nos cœurs comme pour l’Histoire, mai 2008 fêtera moins les quarante ans d’une révolution ratée que le premier anniversaire d’une grande victoire du peuple français.

 

A voir : l’héritage
de mai 68, un mouvement étudiant de droite qui se mobilise derrière un candidat
aux élections présidentielles :

http://www.dailymotion.com/video/x1m8g3_etudiants-avec-sarkozy_politics

  

 

 


Maxence Mély

Pour l’UNI-SCIENCES-PO

 

 

Dupont-Aignan : "Un jour on découvrira les liens entre la CIA et Mai '68"

21/04/2008


Le député de l'Essonne nous livre ici son analyse très personnelle de "cette espèce de fête foraine".

 

Nicolas Dupont-Aignan, leader du mouvement d'inspiration gaulliste "Debout la République !" défend une certaine idée de Mai 68 que vous pouvez écouter dès maintenant, en exclu pour le Blog'68 Sciences Po.

 

Interview réalisée par Stéphane Fisch.

 

 Le débat contiue sur RSP.fm !

 

 

L'autre mai '68

18/04/2008


40 ans après, notre pays se plonge dans une phase de célébration collective teintée de nostalgie en se remémorant la fraternité des "combats pour la liberté" et l'année de la libération sexuelle...

La France fantasme encore sur cette époque où, jeunes vandales se prenant pour Rimbaud, gauchistes à la mèche rebelle désireux d'imiter le Che, les étudiants dépavaient les rues parisiennes en tagguant les murs de leurs slogans.

 

 

        

 

 

* Une Révolution que nul n'avait vu venir...

 

Commencés "officiellement" avec l'occupation de la Sorbonne le 3, les "évènements de Mai 68" prennent la France de court. La Ve République, celle qui a réussi à surmonter l'épreuve algérienne et qui baigne alors en plein essor économique; cet Etat que tous croyaient solide...chancelle et, après quelques jours, semble en perdition...

Si depuis la Libération, le pays a connu quelques grèves ouvrières dont le caractère insurrectionnel potentiel est connu; nul ne se méfiait alors de ces chahuts estudiantins regardés, encore, avec bienveillance.

En réalité, les mouvances communistes et l'extrême gauche trotskiste et maoïste disposent de la main mise idéologique dans les universités où elles musèlent ces étudiants peu sensibles à la lutte des classes. L'idéologie marxiste dominante est intrinsèquement perverse et destructrice : les forces gauchistes en action ont en fait décidé d'instrumentaliser les universités afin de faire exploser la société et la nation en exacerbant les antagonismes potentiels entre les différentes catégories (enfants contre parents, étudiants contre enseignants, salariés contre employeurs...). Et, les seules voix divergentes qui parviennent à se faire entendre, alors, sont celles des groupuscules d'extrême droite : violents, intolérants...

 

* La naissance de la droite universitaire en réaction

 

Survient alors l'autre Mai 68, celui moins médiatisé, souvent moins retenu, qui a vu l'émergence de la droite universitaire, de cette jeunesse de droite qui s'assumait, enfin. L'autre Mai 68, c'est le combat de jeunes gaullistes soucieux de proposer une alternative à l'entreprise marxiste qui prépare en sous-main, par la manipulation de la jeunesse française, la conquête du pouvoir.

 

 

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Petit courant face à la force de subversion qui grandissait de jour en jour, face à la violence qui s'emparait du pays, la jeunesse de droite s'efforça d'en dénoncer les dangers et de résister au mécanisme révolutionnaire enclenché.

 

 

 

Le défi est d'autant plus grand alors que les quelques centaines de meneurs étudiants ont réussi à favoriser un climat de fête, sorte de belle folie douce durant laquelle on pouvait quasi-impunément jouer à se faire peur...

A la rentrée 1968, alors que la "'révolution de mai" a échoué sur le plan politique, les lycées et universités baignent toujours dans l'agitation. L'Union Nationale Inter-universitaire, dont les statuts sont déposés début 1969 mais qui est très active dès la fin 68, est créée en réaction à cette subversion gauchiste. Elle est envisagée comme une base d'action efficace pour les jeunes de droite, et pose en fondation un réel militantisme de terrain.

Constituée de jeunes, d'universitaires et d'actifs, d'étudiants et d'enseignants, l'UNI se veut être une véritable contre-offensive au communisme, afin de défendre une université "au service de la Nation" et non en faire un lieu de désagrégation sociale. Il s'agissait alors de construire un mouvement national à objectif politique dont le terrain d'action serait l'Université et qui s'étendrait à l'éducation en général, grâce à l'adéquation des forces vives de la Nation.

 

 

Marion Canonne

 

Pour l’UNI-SCIENCES-PO

 

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Le débat continue sur RSP.fm !!! 

 

 

 

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