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Et si la révolution était à portée de main ? (2/2)

31/05/2008

 

En effet notre avenir réside dans la plus belle utopie existante : l’Europe fédéraliste.

 

Quoi de plus novateur, quoi de plus révolutionnaire et rebelle ? Les sacro-saints états dépassés ! Une véritable gouvernance européenne qui imposerait à ces états aux tendances nationalistes un dialogue permanent pour agir de la façon la plus efficace au niveau le plus pertinent ! A bas le schéma réducteur étatique!

 

Déjà le succès de l’Union Européenne, bâtisseuse de paix, est évident. Nos arrières grands-parents complotaient pour se tuer, tandis qu’aujourd’hui nous faisons l’amour dans l’auberge espagnole. C’est ça l’Europe : une union des peuples pour la paix, la prospérité mondiale : la preuve vivante de l’adage que l’union fait la force ! Et une union fédéraliste nous permettrait enfin d’insuffler une nouvelle énergie sur la scène mondiale. Je rêve de voir enfinles barricades de ces frontières et classifications artificielles abattues. Alors unissons-nous ! Et ensemble nous pourrions dépasser les divisions internationales, nous pourrions enfin avoir l’influence nécessaire pour transfigurer le monde !

 

L’Europe est en effet au carrefour du monde, des mondes. C’est la porte d’entrée à la résolution d’un grand nombre de conflits. Nos forces combinées, nos idées et expériences partagées nous permettent de progresser, de mettre en place de réels projets innovants. De plus le fédéralisme est la réponse aux détracteurs de l’Europe. Au contraire de traités successifs pataugeant dans l’incomplétude, c’est dans le fédéralisme que résident les solutions à toutes les critiques qu’on peut adresser à l’Union Européenne !

 

Une union fédéraliste c’est une union réellement démocratique, représentative et forte, l’union des citoyens. Le fédéralisme rapprocherait l’Union Européenne des souhaits de chacun, et notamment des jeunes, pour que l’Union Européenne prenne la forme et la direction que les européens souhaitent, au contraire d’une dictature bruxelloise.

 

Une union fédéraliste c’est la convergence des économies et une prospérité partagée. Des politiques communes permettraient la réalité d’un marché commun, des rapprochements économiques qui permettrait une gestion plus réaliste et un coût moins élevé de l’euro.

 

C’est la mutualisation des ressources pour permettre la mise en place de mesures sociales et le développement des régions les plus pauvres. La coordination de l’aide au développement est nécessaire et permettrait d’enfin atteindre les objectifs de santé, d’éducation, d’égalité et de réduction de pauvreté du Millénaire.

 

C’est la force de négociation inimaginable du premier marché mondial, pour défendre et imposer les droits de l’homme. L’Union Européenne gouvernée aurait une véritable aura sur la scène internationale. L’union de peuples autour de valeurs démocratiques lui permettrait de conditionner des aides et accords commerciaux au respect de valeurs fondamentales, pour promouvoir ses idéaux dans le monde.

 

C’est la capacité d’apaiser des conflits au moyend’une diplomatie active et de forces militaires de maintien de la paix. L’Europe peut et se doit de dépasser le revers yougoslave et d’assurer la paix dans le monde par son exemple et ses moyens d’action.

 

C’est la possibilité d’agir contre le réchauffement climatique et de répondre au défi environnemental. La recherche combinée des pays européens permettrait l’élaboration de réelles politiques ambitieuses de développement, et d’un exemple fort d’engagement.

 

Mais c’est également un mélange de cultures, une diversité qui nous permet de promouvoir la toléranceet le respect mutuel. C’est enfin la redéfinition même de la notion d’identités, au-delà des différences !

 

J’imagine déjà des sourires railleurs qui accueilleront des propos si « naïfs » ! Mais l’idéalisme a du sens. Le « réalisme » embourbé dans des intérêts égoïstes et dans le quotidien n’est qu’une paresse intellectuelle suprême ! C’est ce que nous a enseigné mai 68 : la force et la fraicheur de la jeunesse, la capacité à se soulever et l’impact de l’idéalisme.

 

C’est en cela que contre l’illusion de nations repliées et enflées, notre espoir futur, ma révolte, et mon combat, c’est aujourd’hui l’insolence du fédéralisme !

 

 


Clara SOMMIER


pour les Jeunes Européens SciencesPo.

 

 

 

(texte rédigé à l'occasion du concours d'éloquence "Que reste-t-il sous les pavés ?" organisé à SciencesPo. le 14 mai 2008)

Et si la révolution était à portée de main ? (1/2)

31/05/2008

Mai 68, une image usée et reprise, éculée et puissante, celle d’une révolte spontanée contre un ordre établi, dominant et suffocateur. Un Fantôme-fantasme de la force d’une jeune génération, prête à s’engager et à se battre pour ses idées, à ne laisser personne lui imposer un monde préconçu.

 

Mai 68 en est devenu un concept, à l’aune duquel ses acteurs, aujourd’hui journalistes, politiques, chercheurs, essaient de comparer tout mouvement protestataire. L’évocation de mai 68 s’accompagne toujours de soupirs. Age d’or, symbole dont la portée s’apparente à la révolution française, qui contraste avec une génération molle, flasque, désintéressée de la politique, formatée, et américanisée, nous.

 

 

 

 

Oui, nous avons toutes les raisons de nous révolter ! Nous aussi, d’hurler, de crier, de nous envoyer en l’air et de repeindre les murs de slogans shootés et décalés !

Dans quelle société vivons-nous ? Chômage, précarité, intolérance, on dirait une litanie de comptineq que nous assènent les médias et la réalité quotidienne ! Nous sommes enfermés dans un carcan de fer, un monde anxiogène sans possibilité de seconde chance. Chaque battement de cil, chaque geste semble déterminer notre avenir, sans perspective de retour...Ce monde dual nous frappe en plein visage : les outsiders, les loosers, subis ton camps !

 

Et si c’était tout ? Mais cette société qui devrait nous porter en son sein, ne s’assume pas. Nous vivons dans une société artificielle, qui rejette les greffons nécessaires à sa survie. Des citoyens français se voient exclus, relégués dans des ghettos tabous, qu’on ignore et dont on refuse d’assumer la vérité ! Leurs revendications sont ignorées et assimilées à un gazouillement débile de jeunes délinquants dérangés ! Le racisme, la discrimination se superposent pour assombrir l’idéal républicain !

 

Et c’est encore sans parle rde l’inégalité de fait ! Les femmes traînent la maternité comme un boulet à leur pied. Le fait de potentiellement souffrir de nausées, gonfler, vomir, être dilatée, bref de donner la vie, les relègue aux taches domestiques, à des statuts sociaux et revenus inférieurs. 

 

C’est l’avenir qui s’offre à nous, jeunesse « désabusée », ou plutôt abusée par notre incapacité à se faire entendre. Le monde est gouverné par des vieillards séniles, qui protègent leurs positions par orgueil et avidité de pouvoir ! Les cinquantenaires nous dominent et nous façonnent un futur où nous travaillerons toujours plus pour payer des retraites à ceux, qui ont bénéficié de conditions plus favorables que celles que nous ne connaitrons jamais… Douloureux paradoxe! Belle promesse d’incertitude !

 

Ce monde de réseaux nous écrase et tractopelle nos idéaux et espoirs. Une personne sincère, honnête est réduite à l’impuissance. Le courage politique fait perdre les élections ! De même l’idéal pur de l’amour qui peut animer la jeunesse est laminé et déchiqueté par les tromperies mutuelles et les divorces. Nous ne sommes plus libres de rêver…

 

 

Et si seulement cette longue liste s’arrêtaitlà ? Mais cette vision européano-centrée n’est rien en comparaison à la souffrance accumulée par les pays les moins développés. Le globe terrestre n’est plus qu’une tache de sang quis’étend pendant que notre incapacité à se mettre d’accord menace la survie même du globe terrestre

 

Comment accepter que 20% de nos semblables dépensent ¾ de leurs revenus pour se nourrir mais n’arrivent qu’à peine à survivre, tandis que notre souci principal est d’éliminer les masses graisseuses difformes de notre corps repu?

 

Comment accepter les violences épileptiques qui saccadent et saccagent le globe terrestre ?

 

Comment accepter ces épanchements d’hémoglobine, ces tortures et souffrances inexprimables, ces viols répétés?

 

Comment accepter l’exploitation d’enfants, le commerce du plaisir et de jouissance qui profitent aux puissants frustrés ?

 

Comment accepter l’impossibilité d’un grand nombr ed’êtres humains d’accéder au minimum de soins médicaux, et les morts sauvages causées par les pandémies ?

 

Comment accepter la destruction systématique de l’écosystème, le réchauffement climatique, et la disparition d’îles entières du Pacifique ?

 

Comment accepter l’affrontement de cultures, religions différentes, l’intolérance et l’incompréhension bercés par l’histoire ?

 

Tout simplement en le refusant! Alors oui, il reste quelque chose sous les pavés. Oui, une véritable révolution peut avoir lieu, et doit se produire. Oui, nous aussi nous rêvons, et refusons ce monde, cet avenir qu’on cherche à nous imposer. Je réfute ce monde, et à la manière de Daniel Cohn-Bendit je clame haut et fort : mêmesi on nous promettait ce monde nous le refuserions, car nous voulons leprendre. [1]Ce monde n’est simplement pas celui dans lequel nous voulons vivre ! En cela nous avons besoin d’un souffle puissant, pour faire éclater le corset qui nous enserre et nous étouffe ! Cette énergie du désespoir nous conduit à un idéalisme étoilé. 


Clara SOMMIER


pour les Jeunes Européens SciencesPo.

 

 

(texte rédigé à l'occasion du concours d'éloquence "Que reste-t-il sous les pavés ?" organisé à SciencesPo. le 14 mai 2008)

Quel héritage de mai 68 pour une vraie politique engagée aujourd'hui?

24/05/2008

 

Pierre Sauvetre, étudiant en thèse à Sciences Po sur "Amitié et politique" et membre du rassemblement des collectifs des ouvriers sans papiers des foyers nous propose sa vision de l'héritage de mai 68.

 

Pourquoi le discours commémoratif masque-t-il le vrai sens de Mai 68 ? Comment Mai 68 a-t-il fondé une nouvelle manière de faire et de penser la politique ? Et surtout, comment faire de la politique aujourd'hui en tirant des conclusions de ce qu'a pu proposé Mai 68 ?

 

Grégoire

 

Découvrez l'émission sur le site de RSP¨:

http://www.rsp.fm/public/index.php?option=com_content&task=view&id=430&Itemid=46&mosmsg=Publication+sauvgard%E9+avec+succ%E8s.

 

Téléchargez une version texte :

http://www.rsp.fm/public/images/stories/fid%E9lit%E9%20%E0%2068.doc 

Ma fille veut refaire Mai 68

17/05/2008


Que reste-t-il des évènements de mai 68 selon les générations? Réponse avec notre chroniqueuse spécialiste des relations mère-fille Sonia Feertchak, et avec Evelyne Pisier, Professeur émérite  de Droit public et Sciences Politiques à l'Université de Paris-I, romancière et scénariste, auteur  de « Le Droit des
Femmes » publié en 2007 aux éditions Dalloz.

 

 

Bien sûr, les événements de Mai 68 ont été le point de départ d'un déverouillage massif de la société. Mais, durant le fameux printemps, les révendications féministes, genre « Mon corps est à moi, j'en fais ce que je veux. », avoisinaient d'autres slogans, nettement moins égalitaires, dont l'appel « à la gratuité des filles » des situationnistes (un certain Guy Debord à leur tête). Donc, les filles, à l'été 1968, ça n'était encore pas gagné !

 

C'est dans la décennie qui a suivi 68 que des avancées féministes concrètes ont eu lieu. Voici un aperçu de ce que les femmes ont obtenu :

- La pilule : inventée en 1956 aux Etats-Unis, sa vente n'est autorisée en France qu'en 1967... mais pas pour les mineures. C'est seulement à partir de 1975, date de la célébrissime loi Veil, que la vente du contraceptif oral s'est libéralisée. Le moins qu'on puisse dire est que ce riquiqui comprimé secoua la société : avec l'annulation du risque de « tomber » enceinte, la libération sexuelle a soufflé sous la couette, puis le bouleversement des rapports hommes-femmes, l'émancipation de ces dernières, le choix du nombre d'enfants, etc. Merci à Gregory Pincus et John Rock, ses inventeurs  !

- La loi Veil : promulguée le 17 janvier 1975, le texte autorisant l'avortement fut voté dans un climat d'extrême violence. On se souvient de la pugnacité de Simone Veil, de son courage, et de sa larme au perchoir de l'Assemblée. La loi fit suite au très médiatique Procès Bobigny.

- La fin du chef de famille... entendez par là le père, bien sûr ! Le 7 juin 1970 le père et la mère sont enfin placés sur un pied d'égalité : la loi votée ce jour-là précise que l'autorité parentale « appartient aux père et mère jusqu'à la majorité ou l'émancipation (...) » de leur progéniture.

- Le principe de mixité à l'école : le 11 juillet 1975, la loi Haby réaffine la notion même de ce principe en stipulant que « tout enfant a droit à une formation scolaire » ; on ne parle donc plus, d'un côté des garçons, de l'autre des filles... Victoire !

 


Sonia Feertchak

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Vous pouvez également retrouver la vidéo associée à cet article sur le site de Terrafemina avec le
lien suivant :

Mai 68 réinvestit le Théâtre de l'Odéon : quel monde pour demain ?

06/05/2008


A l'occasion du quarantième anniversaire des événements de Mai 68, l'Institut national de l'audiovisuel et le Théâtre de l'Odéon, haut lieu de ce mouvement, souhaitent faire entendre les résonances de ce temps fort de l'histoire de France et du monde.

 

 

Le rôle des médias dans les événements de mai 68, les frictions du Théâtre et du Cinéma, la persistance du refus et de la résistance comme modes d'expression politique aujourd'hui seront questionnés par des plateaux d'artistes et d'intellectuels, de Naomi Klein à Marie-José Mondzain.

 

 

                                 illustration 

 

 


Emmanuelle BEART
lira "...et si les fourmis n'étaient rien sans les cigales...", conférence sur l'économie d'après des textes de Bernard MARIS, le samedi 10 Mai à 21h.

 

« Voici venu le temps d'affirmer, contre les économistes, que l'inutilité crée de l'utilité, que la gratuité crée de la richesse, et que l'intérêt ne peut exister sans le désintéressement ».
Coproduction Odéon-Théâtre de l'Europe, France Culture.

 

 

Tarifs de 5€ à 12€. Réservation: theatre-odeon.eu / 01 44 85 40 40 / fnac.com

Exceptionnel : le blog '68 vous fait gagner des places ! Pour les premiers à se manifester à cette adresse : florent.chauvin@theatre-odeon.fr !

  

Pour consulter le programme complet des manifestations du 10 au 26 Mai

De Mai '68 au CPE : quelle lutte étudiante ?

24/04/2008

Deux mouvements étudiant fondateurs d’une « génération » militante, deux points de repère dans l’histoire de la lutte étudiante. De Jacques Sauvageot à Bruno Julliard, que reste-t-il de mai 68 dans le mouvement de 2006 ?

 

Affiche 68 Affiche CPE

 

Ces moments de révolte sont tout d’abord marquants par leur ampleur et leur durée. 3 mois entiers de mobilisations dans les deux cas, et un réel mouvement de masse. 500 000 manifestants le 13 mai 1968, 3 millions le 4 avril 2006 (nombres comparables au vu de l’évolution démographique). Deux mouvements étudiants qui rallient l’ensemble de la population et parviennent à créer l’unité entre étudiants et travailleurs .
Deux mouvements enfin qui se concrétisent par une victoire forte et un recul du gouvernement.

 

Mais les mots d’ordre sont radicalement différents. D’un côté on met en avant les idéologies trotskistes, anarchistes, situationnistes, on exige une société nouvelle fondée sur d’autres valeurs que celles du capitalisme. De l’autre, on lutte pour ne pas reculer, et non pour avancer. Le CPE c’est la peur d’un statut précaire, d’un déclassement, d’une insertion impossible dans le monde du travail. On se contente de sauver sa peau et d’éviter de tomber encore plus bas. En 2006 le gouvernement rejette l’article qui a mis le pays contre lui, en 1968, le gouvernement cède mais en plus répond aux attentes des étudiants par la loi Faure.

 

En 1968, la classe étudiante est moins nombreuse et plus aisée. Elle vit en pleines Trente Glorieuses, son avenir est assuré, elle a confiance dans un futur qui ne peut être que meilleur. Le plein emploi est encore d’actualité. Ce qui manque à la jeunesse, c’est une existence plus libre, sexuellement et intellectuellement, et une université adaptée à sa volonté de renouveau et de changement. « Il est interdit d’interdire »… la génération des soixante-huitards est celle des hippies libérateurs. En 2006, la situation sociale des étudiants, désormais 4 fois plus nombreux, est catastrophique. Près de 100 000 étudiants vivent sous le seuil de pauvreté, 1 étudiant sur 2 est obligé de se salarier pour financer ses études, seuls 3% ont accès au logement universitaire, le chômage chez les jeunes s’élève à 23% contre les 9% de la moyenne nationale.
La génération CPE c’est celle qui pour la première fois, craint d’avoir un avenir moins bon que la génération précédente. L’espoir de changer le monde s’est perdu quelque part entre 1968 et 2006, malgré la permanence de la lutte contre un capitalisme débridé et destructeur, pour n’être plus que l’expression d’une détresse sociale profonde.

 

 

Mai 68 a sans doute permis à la révolte anti CPE d’exister. C’est un moment de référence pour tout étudiant militant. On peut faire reculer un ministre, on peut obtenir satisfaction par le mouvement de masse. On peut, nous étudiants, défier le pouvoir politique. Mai 68 donne la parole aux étudiants, parole qu’ils ne lâchent pas une seule fois jusqu’au dernier mouvement en date, contre la LRU. Mais cette parole qui servit à changer profondément la société ne peut être aujourd’hui qu’utilisée que pour demander des mesures d’urgence contre une situation sociale intolérable , des mesures concrètes pour rendre la vie moins difficile.

 

Les grands idéaux ne sont plus à l’ordre du jour, nous n’en avons plus les moyens. Le logement et l’aide sociale ont supplanté les pavés et la plage.

 

 

Louisa ACCIARI

UNEF Sciences Po

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Mai...le temps des blocages

16/04/2008

 

Mai 68 – mai 2008, quel avenir pour les mouvements étudiants ?

Le beau temps revient et la contestation étudiante aussi, RSP (la Radio des étudiants de Sciences Po) se rend au cœur du quartier latin pour couvrir le blocage du lycée Fénelon en protestation contre la loi Darcos. Nous avons pu rencontrer deux des leaders du mouvement étudiant au sein du lycée qui nous parlent des raisons de leur engagement, de l’ampleur du mouvement, de l’usage de la violence et de leur refus de « l’idéal Facebook ».

 

 

Pour écouter l’émission rendez-vous sur le site de RSP (la Radio des étudiants de Sciences Po ) : http://www.rsp.fm/public/index.php?option=com_content&task=view&id=378&Itemid=46

 

Ombeline & Grégoire

 

 

Les révolutionnaires de Fénelon

 

 

                   mobilisés                  

  

 

 nos révolutionnaires                                                             la banderole

Hier et aujourd'hui, que faire pour mon pays ?!

14/04/2008

Cela ne vous arrive jamais, en repensant à un événement historique majeur, de vous demander ce que vous auriez fait à la place de ses acteurs ? Quel camp vous auriez choisi ? Quelle attitude vous auriez adoptée ? Il est d’ailleurs des heures sombres de notre histoire pour lesquelles cette question est particulièrement éprouvante. En ce qui concerne le printemps 68, je dois reconnaître que la façon dont je perçois cette période diffère de la position qu’à mon avis j’aurais adoptée, si j’avais vécu ces événements.undefined

 

 

Nombreuses sont les voix qui, sans toujours appeler à la « liquidation de l’héritage de mai 68 », déplorent un affaiblissement de l’autorité, le triomphe de l’enfant-roi ou même une certaine perte des repères sociaux ou familiaux. Ce n’est pas mon avis. Le mouvement des étudiants apparait parfois un peu absurde ou vain. Mais sa contribution à la libération de l’individu est certainementsous-estimée, surtout du côté de ma famille politique.

 

Ceux qui dressaient autrefois les barricades sont certainement aujourd’hui pour la plupart de sages professeurs, des cadres aisés ou encore des hauts fonctionnaires taciturnes. Ils se plaignent de la société, répètent que l’on apprend plus rien à l’école, que tout va à vau-l’eau… Mais ils ont 60 ans. A 20 ans, ils ont dit non ; ils ont rêvé ; ils ont exigé que la société s’adapte un peu à leurs aspirations.

 

Peut-on en dire autant de ma génération ? Ce n’est pas sûr. Je ne pense pas que nous donnions l’impression de vouloir changer la société et de l’améliorer. Nous voulons leur place sans forcément dénoncer les inepties du monde qu’ils nous lèguent, et sans souhaiter réellement le remodeler. Tout ce que nous exigeons dès que notre voix se fait entendre est une part du gâteau que nos parents se partagent aujourd’hui.

Nous refusons le CPE parce que nous estimons avoir droit aux mêmes avantages sans considérer les sacrifices que nous aurons à faire. Nous n’imaginons pas financer les politiques de dépendance, de santé et de vieillesse pour nos parents. Nous manifestons contre une autonomie des universités que nous accusons de préparer un enseignement à deux vitesses tout en nous accrochant à la ségrégation actuelle qui existe entre grandes écoles et facultés. A l’image de nos prédécesseurs, toutes nos revendications consistent à exiger des moyens que l’Etat nous devrait. Avons-nous envisagé ce que nous devrons faire pour l’Etat et pour la société ? Non, nous sommes nombreux à refuser même l’instauration d’un service civique obligatoire.

 

Je n’ai pas néanmoins la prétention d’être meilleur ou plus visionnaire. Bien que le mouvement de mai 68 m’apparaisse sympathique et vecteur de changement, je ne pense pas que j’aurais dressé des barricades et jeté des pavés sur des fonctionnaires de police. Compte tenu de mon héritage familial, j’ai une certaine image de la place qui aurait été la mienne lors de ce fameux moi de mai 68. Mon père, alors en sixième au lycée Balzac, n’avait pas eu de cours pendant les dernières semaines. Son établissement servant alors de base pour la confection des cocktails Molotov, mon grand-père l’inscrivit à la rentrée suivante dans un lycée plus réputé, Condorcet.

 

Je peux donc imaginer aisément où j’aurais été à cette époque si j’avais eu vingt ans : quelque part entre la Concorde et l’Etoile, le 30 mai. Je sais ce que j’aurais fait si j’avais eu vingt ans : j’aurais soutenu le Général de Gaulle. Je ne le regretterais pas pour autant.

Rémi Ducloyer, 5A à Sciences Po

Ecrit pour www.40ansplustard.fr - coordonné par l’UMP Grandes Ecoles

www.fnac.com