Entretien avec Yann Briand pour nous parler de la rentrée littéraire 2008 de la maison d'édition Le Passage
28/08/2008
1/ Présentez-nous votre rentrée littéraire 2008 :
Pour cette rentrée 2008, Le Passage publie trois romans : Je partirai, je pars toujours de Sylvia Rozelier, Une fraction de seconde de Valérie Tordjman et Miss Liberty de Pascal Torres.
Je partirai, je pars toujours est le deuxième roman de Sylvia Rozelier, après Deux heures, paru en 2005 et qui sortira en poche en octobre aux éditions Pocket, dans la collection Nouvelles Voix. « Je partirai, je pars toujours », c’est la phrase que Judith, l’héroïne, a prononcé le jour de sa rencontre avec Yann avec qui elle vit depuis cinq ans, plaçant ainsi d’emblée leur relation sous le sceau de la fatalité, du destin. Et c’est pourtant cette affirmation qu’elle va s’évertuer à faire mentir.Sans raison apparente, sur un rien, Judith sent tout à coup le temps s’apesantir sur eux, la nécessité d’un nouveau départ. Elle choisira de dévoiler à Yann une part d’elle-même jamais révélée et l’emmènera à La Gatière, sa maison d’enfance en Normandie. Il auront là quelques jours face à eux-mêmes pour se gagner à nouveau ou se perdre.On retrouve dans Je partirai, je pars toujours le caractère incisif de l’écriture de Deux heures, mais Sylvia Rozelier y développe également de nouvelles nuances, de nouvelles couleurs, amples, généreuses, notamment dans l’évocation du passé perdu de son héroïne au bord de la mer, ou encore dans des pages pleines d’acuité et pourtant d’une grande sensibilité sur le couple, ses errances, ses espoirs, ses pièges.
Une fraction de seconde, le nouveau roman de Valérie Tordjman, est un livre coup de poing qui interroge la figure du photoreporter, du photographe de guerre.
Dès l’ouverture du roman, Enguerrandt, le héros, est pris en otage par des hommes en arme, au Nigeria, en 1998. Suivent alors 36 chapitres, comme les 36 poses d’une pellicule, durant lesquels, au-delà de sa relation avec ses geôliers, Enguerrandt revisite les fragments de ce qu’a été sa vie, d’un théâtre de guerre à l’autre : le Biafra, le Vietnam, le Tchad, le Rwanda, la Tchétchénie, l’Afghanistan… Des questions le taraudent, qui toutes se ramènent à une seule, fondamentale : pourquoi faire ce métier ? Pris entre l’espoir que ses photos parviendront à dénoncer la guerre et le sentiment du caractère vain de sa position, se dessine alors une figure profondément romanesque, dramatique et ambivalente, du personnage d’Enguerrandt, qui lui-même se regarde à la fois comme un héros et comme un minable.
La force de Miss Liberty, le premier roman de Pascal Torres, réside dans sa très grande originalité et son écriture ciselée, raffinée. Tout y fonctionne comme dans un mouvement d’horlogerie, où chaque pièce (ici chaque phrase, chaque mot) est à sa place pour libérer une énergie, un style, qui ne s’interdit pas la drôlerie, l’érotisme, ou encore certains passages oniriques par lesquels progresse le récit.
Miss Liberty, c’est évidemment la statue de la Liberté mais c’est aussi le personnage principal féminin, Vickie Rogers, artiste peintre à New York, dont Paul Dietz tombe éperduement amoureux et pour qui il va tout quitter. Très vite, la passion de Paul Dietz pour Vickie Rogers se muera en une jalousie qui emportera tout sur son passage, jusqu’à conduire littéralement à la destruction de tous les personnages du roman.
2/ Que représente la rentrée littéraire pour votre maison. Est-ce indispensable, trop formel ?
La rentrée littéraire de septembre, comme celle de janvier dorénavant, est évidemment une étape essentielle pour notre maison. C’est certes le moment où la concurrence est la plus rude, les sorties les plus nombreuses, mais c’est aussi une période durant laquelle le livre fait l’événement, bénéficie d’une attention soutenue de la part de la presse et du public. Ceci est tout particulièrement vrai en ce qui concerne les premiers romans qui semblent alors se distinguer comme une « catégorie » à part entière, avec cahiers spéciaux dans les journaux, prix… dans lesquels nous espérons que notre Miss Liberty saura se frayer un chemin.
3/ Comment choisissez-vous les ouvrages que vous présenterez à la rentrée plutôt que d’autres ?
La forte exposition de septembre peut donc être un atout pour un premier roman, malgré le nombre de publications sur les tables des libraires. Atout que nous espérons également gagnant pour les romans de Sylvia Rozelier et Valérie Tordjman, deux romancières que nous suivons et qui nous semblent prêtes à s’imposer en cette rentrée 2008.





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