Rencontre avec Cynthia Liebow
02/07/2008
Rencontre avec Cynthia Liebow, créatrice de la maison d'édition BakerStreet, éditrice de Départs anticipés de Buckley, gros coup de coeur de l'équipe ; un roman drôle, irrésistible, carrément méchant, sans concession sur la société américaine d'aujourd'hui. L'auteur donne la parole à une trentenaire déchaînée qui propose des solutions radicales pour résoudre "la crise des retraites" . On rit, parfois on s'indigne mais toujours l'intelligence du propos nous mène à réfléchir.
1°/ Par quels chemins une éditrice américaine comme vous est-elle amenée à créer sa propre maison d'éditions à Paris ?
La question est un peu en sens inverse, c'est à dire elle repose sur une supposition un peu erronée. Je n'étais pas une "éditrice américaine" qui est venue "créer ma propre maison d'édition à Paris".Je suis venue en France à l'âge de 18 ans, suis retournée là-bas terminer ma licence, suis revenue ici faire une maitrise, encore quelques allers-retours entre N.Y. et Paris, puis j'ai fini mon doctorat français à Paris (directeur de thèse Gérard Genette, père de la "narratologie" ou l'étude des techniques narratives, et génie à mes yeux!), enseigné à Paris dans plusieurs facs, la Sorbonne, Nanterre, Lille, ai commencé dans l'édition, ai continué dans l'édition, suis depuis vingt ans dans l'édition, mais depuis toujours à Paris, donc je n'ai jamais travaillé dans l'édition américaine, toute ma carrière dans l'édition s'est faite en France. Mais je suis bien américaine, donc on peut en effet dire une "éditrice américaine " mais plus clair serait de dire "une éditrice américaine à Paris". Depuis le début j'ai toujours été dans la littérature étrangère, j'achète les droits de livres étrangers pour les traduire et les publier en France. Dans la nouvelle maison je publierai aussi de temps en temps quelques livres et auteurs français. Donc j'ai crée cette nouvelle maison après 20 ans au sein de Denoël (une filiale de Gallimard -12 ans), Buchet/Chastel (4 ans) et Flammarion (3 ans). Puis, n'oubliez pas que je, suis tout en étant indépendante, en même temps une filiale du Seuil, donc je garde ce confort d'être au sein d'une grande maison comme je l'ai toujours été mais suis beaucoup plus autonome maintenant.
2°/ Pour quelles raisons avez vous choisi de publier le roman de Christopher Buckley comme le premier titre de cette nouvelle maison d'éditions ?
La question repose aussi à vrai dire sur une fausse supposition parce que le livre de Christopher n'est pas le premier titre de la maison mais le second, on a commencé en janvier avec la grande bio de Hillary Clinton par Carl Bernstein, le journaliste mythique du Watergate, qui est venu à Paris en février et fait plein de télés et radios, j'ai moi-même après son départ été appelée à faire non moins de 7 télés pour cause d'une actualité Hillary continue avec des rebondissements et des drames à n'en plus finir... Le livre de Christopher représente donc une bonne transition vers la fiction, qui est quand même mon vrai domaine - j'ai fait pas mal de documents -la Reine Noor, Shimon Peres, Fellini, Pinter - mais je suis surtout spécialisée dans la littérature, vu mes interminables années d'études! Ce roman est une satire politique, donc on peut faire appel à certains journalistes avec qui on a travaillé pour Hillary, mais en même temps nous adresser aux critiques littéraires, qui ont déjà depuis longtemps repéré Christopher et j'espère vont faire comme d'habitude de bonnes critiques. Mais par exemple on devrait avoir cette fois ci , ce qu'on n'avait jamais eu pour lui, une interview dans Le Monde par leur correspondant à N.Y., donc plus axé politique que littérature.
3°/ Pouvez déjà nous donner une idée de ce que vous pensez publier dans un futur proche ? quelle(s) littérature(s) souhaitez vous défendre?
"une littérature de qualité" et même, j'ose espérer, "de grande qualité." En tout cas c'est notre but; maintenant il faut essayer de réaliser nos ambitions, ou devrais-je dire: nos rêves.


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