gdl_2008_700x140.jpg

Impressions de déballage

19/09/2008

J’ai posé le colis sur la table. Je voulais savourer l’instant. Quinze livres tout neuf d’un coup ! Déchirer le scotch, ouvrir les rabats. Ils sont tous là, dans le carton, bien rangés. Les sortir un par un. Sentir la couverture lisse, intacte, sous les doigts, les angles vifs, encore frais du massicotage, l’odeur de colle et de papier. C’est émouvant, un livre neuf. C’est un commencement, une promesse. Un billet d’avion à peine imprimé. Une vieille bouteille qu’on ressort de la cave et dont on se demande si le plaisir sera à la hauteur de l’attente…

 

J’ai pris connaissance des couvertures. Certaines, comme des uniformes réglementaires, revêtent les couleurs, quasi-historiques, de leur maison d’édition. Trame du carton reconnaissable entre mille, typo verte sur fond jaune ou rouge sur coquille d’œuf : on ne change pas une étiquette qui gagne. Quoi une étiquette ? Une institution. Certaines couvertures sont plus aguicheuses. Comme cette photo rétro de trophée de chasse de La beauté du monde ou cette nuque en bichro. rouge de Qui touche à mon corps je le tue ou encore cette bayadère camaïeu de beiges du meilleur effet de Là ou les tigres sont chez eux. Ca existe les bayadères camaïeu ?

 

Cosmétique d’éditeur ou coquetterie d’auteur, plusieurs belles sur-couvertures masquent, justement, des couvertures uniformes et institutionnelles… Il semble, par ailleurs, que 2008 soit, pour le Goncourt, l’année des fauves…

 

La traversée du Mozambique par temps calme est ceint d’un très élégant bandeau qui invite à la rêverie : un bateau, une planisphère, des monstres marins, symboles de mystère et d’évasion. D’autres bandeaux nous dévoilent les frimousses de leurs auteurs. Est-il nécessaire de connaître les auteurs pour apprécier leur œuvre ? Vaste question à laquelle nous auront l’occasion de répondre dans un  autre billet. J’ai donc découvert le visage de face et de profil de Catherine Millet. Et moi qui me plaignait dans un billet précédent de ne la connaître que par le petit bout de la lorgnette. Je dois reconnaître que son éditeur a mis le paquet : deux photos sur le bandeau, une sur la quatrième de couverture. Le compte est bon (pardon Gaspard…). Je saurai te reconnaître désormais, Catherine. Même ailleurs qu’au Cap d’Agde.

 

J’ai rencontré également l’air très sérieux de Christophe Bataille, les yeux fixes de Mathieu Belezi et le regard doux et rêveur de la belle Karine Thuil. Ca en dit long, déjà, les yeux d’un auteur. Même si l’on sent que la séance photo n’est pas leur meilleur terrain d’expression.

 

Certains bandeaux m’ont fait sourire.
Ben oui. Il y a trois semaines, je croyais encore que le prix Goncourt des lycéens était un tremplin rock. Alors mettre en bandeau un immense « Catherine Cusset », « Salim Bachi » ou « Atiq Rahimi », ça me parle autant que le code barre du livre en géant : « Wouah !  9 782846 822770, chouette, je vais me régaler ! » . Gageons que dans quelques semaines, il en sera autrement (pardon Atiq, Catherine et Salim mais pour vous aussi, le nom de Boudabard vous est inconnu…).

 

Enfin, si on regarde la sélection du Prix Goncourt en pile, c’est comme dans la vie, quand on regarde une foule de loin. Y’a des gros, des petits, des grands, des larges, des fins, des lourds...bref tous les formats. Reste à savoir ce qu’ils contiennent.

 

Pile.jpg

 

J’ai fini de vider le carton et j’y ai découvert un mot manuscrit de Brigitte, à l’en-tête de la Fnac. Ca fait chaud au cœur, cette humanité palpable, au milieu de ce monticule papetier.

 

En revanche, en dehors de ce témoignage de sympathie, aucune trace de soutien plus terrestre. Tu sais, les choses qu’on envoie aux gens isolés (prisonniers, malades, pensionnaires, bidasses…) qui traversent une épreuve et qu’on veut réconforter avec quelques douceurs. Je ne sais pas, moi. Deux ou trois canettes de Red Bull pour ne pas succomber à la fatigue, des barres de céréales pour m’alimenter pendant la lecture, quelques Snickers pour le glucose nécessaire à l’assimilation par l’esprit de toutes ces belles histoires et des Dragibus pour les moments de découragement…

 

Bon, okay, j’exagère. Bien content, déjà, de pouvoir contempler ces quinze rutilants ouvrages, rien que pour moi. Et qui sait s’ils ne recèlent pas quelques douceurs ?

 

Je n’ai pas encore commencé à lire. Mais devant cette pile de bouquins neufs, alléché par les thèmes des quelques résumés parcourus, je mesure, un peu exalté, la chance que j’ai de vivre l’aventure du prix Goncourt des Lycéens…et la responsabilité qui est la mienne de te la faire partager !
Au milieu de cette euphorie, une angoisse, quand même.

 

Serai-je à la hauteur ?

 

Tu le sauras dans les prochains billets.

 

Alphonse Boudabar

Vos commentaires
Alfelfe | 26/09/2008 à 08:38

Pdg de la fnac ?
je me doute qu'il a autre chose a faire...
c'est dire... a quel point tu doit aimer sa !
bon et bien merci de ta réponse et à bientôt au détour de ce blog.

Alphonse Boudabard | 24/09/2008 à 09:51

Hey, c'est sympa ça, Alfelfe !
Ca me va droit au coeur...et ça m'encourage à continuer !

(mais garde en quand même sous le pied pour plus tard car l'aventure est encore longue et d'une part, je dois me montrer digne de ta confiance jusqu'au bout... et d'autre part, nous aurons tous besoin d’une sacré dose de courage pour venir à bout de notre défi !).

Pour répondre à ta question (tu as raison d'être curieux mais parfois un peu de mystère est plaisant, tu ne trouves pas ?), je ne suis ni un prof ni un élève (tu es rassuré, là ?). Même pas un ministre de l’éducation ou le PDG de la Fnac (cette fois, tu es déçu…). Comme je l’ai expliqué dans mon édito, j’ai été emballé par l’aventure du Goncourt des Lycéens. Tellement emballé que les « gens de la Fnac » m’ont proposé d’être leur blogger cette année. Lire les quinze livres de la sélection (j’ai toujours eu une secrète admiration pour les gars qui étaient capable de lire plusieurs livres en une seule semaine… des « big book readers » en quelque sorte), donner mon avis et partager mes impressions avec toi et les autres sur le net m’a paru un excellent trip. Au point d'abandonner ma planche et les bonnes vagues de Bretagne ! C'est dire...

Alfelfe | 24/09/2008 à 09:22

Bonjour,
Je me demande quel place tu a dans ce Goncourt. Un élève, un professeur, un membre de la fnac engagé a cette occasion, une personne indépendante qui s'est proposé pour tenir ce blog ?
En tous cas je l'aime bien :-)
continue comme sa !

Adam

Poster un nouveau commentaire

Le contenu de ce champ est gardé secret et ne sera pas montré publiquement.
CAPTCHA
Afin d'éviter les spams, veuillez répondre à la question mathématique suivante.
10 + 7 =
Veuillez résoudre ce problème mathématique et saisissez le résultat. Ex : pour 1+3, entrez 4.
www.fnac.com