Le rêve de Machiavel par Christophe Bataille. La peste soit avec vous...
02/11/2008
Dans les années 90, j'étais fan d'une série américaine que je ne loupais sous aucun prétexte. Elle racontait les déboires d'un homme qui, à la suite d'un accident nucléaire (il faut bien justifier des situations invraisemblables...), traversait le temps dans la peau d'un personnage de l'époque dans laquelle il tombait. Il s'étonnait donc, chaque fois, d'apparaître à une date improbable, dans une situation donnée (le plus souvent compliquée) sans savoir le pourquoi ni le comment. C'était ce qui faisait tout l'intérêt décalé de cette série aux effets spéciaux bien kitsch, il faut bien le reconnaître aujourd'hui.
Pas d'effets spéciaux dans Le rêve de Machiavel, mais cette même sensation en débutant ma lecture :
Où sommes-nous ? Qui est cet homme ? Quel est le sens de sa quête ?
Au XVIème siècle. Le comte de Machiavel. Après une vie de cynisme et de calcul, il va éprouver compassion et désintéressement pour quelqu'un qui ne pourra rien lui donner en retour...
Par la plume de Christophe Bataille, nous traversons une ville ravagée par la peste. Renaissance, mon oeil ! Tout n'est que mort et désolation. Comme dans une séquence de jeu vidéo ou de jeu de rôle de plateau, nous découvrons les détails du quotidien de cette époque.
Atmosphère pesante, enfermement et méfiance des survivants, habitudes lancinantes de Machiavel pour échapper à la mort : prier, s'inspecter, s'enduire de vinaigre, chercher de quoi manger... Tout est, dans ce roman, à la fois très introspectif et organique ; comme si le corps répondait à l'esprit pour lui indiquer que c'est toujours lui le plus fort, celui qui gagne à la fin ou pen tous cas, celui qui aura le dernier mot.
On est loin des faux semblants de la cour. L'esprit ici ne sert plus à briller mais à se préserver physiquement et moralement de la peste. Plus d'âmes à corrompre que la sienne propre. Ce qui reste de joie ou de beauté n'est plus que souvenir.
La vie, devenue plus dure que l'homme le plus endurci, peut-elle amollir sa cuirasse au point de le laisser exprimer des sentiments qu'il avait depuis toujours violemment réprimés ?
Le récit est cru, lourd, noir jusqu'à la fin. Une fin qui curieusement ressemble à ce que l'on éprouve durant la lecture : l'auteur est face à un écran. Il observe évoluer les créatures à qui il a redonné vie et essaye d'évaluer les sentiments qu'elles lui font éprouver. Un peu comme moi, vautré sur mon canapé devant ma série américaine.
L'auteur nous interroge pour savoir si l'on a pleuré comme lui à la fin de son récit. Moi, non. Je suis juste content d'en avoir fini avec la peste.


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Si je n'ai pas répondu, c'est parce que je me suis énormément consacré à l'argumentation pour Rennes.
Et puis j'ai plein de devoirs et de bac blancs.
Donc veuillez excuser mon absence .
Merci
D'abord Syngué Sabour puis Catherine Cusset.
J'ai de la chance les deux ont reçu un prix littéraire
Bonjour ! Pourquoi Saida, tu ne réponds plus à nos commentaires ???
Bonne journée à toii !
Ne tkt pas Alphonse, je ne suis pas attiré pas la peste ! Mais la peste est super importante et peut toucher tous le monde ! L'auteur utilise un fait qui me touche. C'est pour cela que le livre m'interesse !
Bonne soirée
Saïda, lesquel est ton meilleur livre du Goncourt ?
Dis, Sonia, c'est une drôle d'idée d'être attirée par la peste...
Merci Zoé pour ton commentaire qui complète mon billet. Injuste, moi ? Paraitrais-je négatif dans mon commentaire ? Si je n'ai pas été aussi sensible que toi au style de Christophe Bataille, j'ai malgré tout apprécié le fil de son récit. Et je ne lui prête cependant aucun procès d'intention: au contraire d'Olivier Rollin dont certaines descriptions (du début) m'ont un peu fait baillé, j'ai traversé "Le rêve de Machiavel" avec intérêt. Reste cette drôle d'idée de se complaire dans le morbide (mon procès d'intérêt, en somme ...)
Pas mal mais y a mieux parmi les livres du goncourt des lycéens.
Atmosphère trop sombre pour pouvoir prendre du plaisir à la lecture
Moi, j'ai bien aimé se livre ! L'histoire m'attire ! Le fait de parler de la peste et se que cette malade peut produire ! Il utilise du vocabulaire simple !
Hello Alphonse, pour le coup, je te trouve un peu injuste avec le livre de Christophe Bataille. Pcq tu oublies de dire quand même que c'est écrit d'une façon magistrale.Inspirée même. Chaque mot semble spécialement cueilli pour décrire ce tableau incroyable... on dirai un jérôme bosch. Ah bien sûr, on pourrait dire qu'il se complaît dans sa propore écriture Christophe Bataille, il se fait du bien , il en jette et on est en droit de se demander s'il ne se la raconte pas un peu... Mais franchement, à défaut de prendre plaisir à l'histoire elle-même, j'ai pris plaisir, sans en être tout à fait dupe, à l'extraordinaire richesse de cette langue.
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