Livres livrés, je suis délivré.
19/09/2008
Ca y est. J’ai été livré. Le colis de dix livres contenant les quinze livres de la sélection m’a enfin délivré de mon abstinence littéraire auto-infligée.
Comme j’ai quitté le lycée depuis un petit moment, je pensais, au départ, que le ministre de l’éducation et le président de la Fnac allaient venir en personne sonner chez moi, entourés d’une meute de journalistes, pour me remettre solennellement l’ensemble des ouvrages sélectionnés pour le prix Goncourt. J’étais inquiet. Ne connaissant pas le protocole mais soucieux de bien faire, j’avais envisagé de recevoir comme il se doit mes invités. J’avais essayé de me renseigner. Ca boit quoi un ministre de l’éducation ? Plutôt thé ou plutôt Kro ? Et un président de la Fnac, ça aime les chocos ? Faudra-t-il leur dire « excellence » ou « monseigneur » ? Bref les questions classiques que tout le monde se pose dans ces cas là…
Mais on m’a dit que ce serait plus simple que j’aille directement les récupérer à la Fnac.
Trop cool ! Je m’y voyais déjà. Débarquer l’air de rien au rayon des livres. M’approcher discrètement du grand gars au gilet vert. C’est facile. Le matin, ils sont en général à quatre pattes en train d’alimenter les étagères (du bas) en livres frais ou au minimum de dos, les bras chargés de lourdes piles, à marmonner tout seul des onomatopées invraisemblables : « Bé, bé, bé, bého, bého, béhohu, béhohu, béhohudé, ah voilà,… ». J’aurais glissé un « bonjour » un peu appuyé au dessus de son épaule, pour le faire sursauter. Et j’aurais dit : «Heu, je cherche Un brillant avenir » puis « j’aimerais voir La beauté du monde , Avez-vous reçu Une éducation libertine ? Puis-je réserver Une nuit à Pompéi. Que pensez-vous de La Domination ? Faites moi découvrir les Jour de souffrance », etc.
C’était un coup, au mieux, à passer pour un fou, au pire à finir ficelé dans la réserve… Mais pour couper court, j’aurais laissé sous-entendre, avec l’air de ne pas y toucher que j’avais peut-être quelque chose à voir avec le Prix Goncourt des Lycéens. Comme le people qui porte des immenses lunettes noires par temps sombre, pour que tout le monde sache qu’il cherche à être discret, j’aurais laissé filtrer quelques infos d’un air modeste. Et quoi ? Tout le monde n’a pas la chance de passer pour une star à la Fnac !
Mais là aussi, ils avaient dû me voir venir… Alors ils m’ont tout envoyé par la Poste.
C’est donc un beau facteur bleu dans une camionnette jaune qui est venu sonner à ma porte.
« Bonjour, c’est pas léger, vot’ truc »
« C’est des livres »
« Y’en a au moins 5 kilos, là non ? »
« Je ne sais pas »
« Bon c’est pas tout ça : vous êtes mon 8ème client et j’en ai encore 6 autres à livrer avant 10h30… ».
Plutôt numérique, l’homme de lettres. Comprenant à qui j’avais affaire, j’ai répondu :
«- Zéro problème ! ».
Et pour lui faire plaisir, j’ai signé avec mon numéro de sécurité sociale.


Fnac.com
C'est pas Francis, c'est une factrice !
non, ce n'est pas francis. En fait , le facteur est une factrice...Et sois sûr cher Alphonse que si tu reçois des avis de procès verbaux c'est justement parce que je répugne à envoyer tous ces papiers qui réclament de l'argent, encore de l'argent... (d'où les tiroirs qui débordent) Alors forcément à la fin, ça fâche... Et là je ne peux plus rien contre ces aigrefins (qui sont d'ailleurs plus aigres que fins!)...
Aïe...
C'est pas le moment de se fâcher bêtement avec les membres d’une corporation, là.
Mais non, ami facteur, (Francis, c’est toi, alors ?). J’ai un immense respect pour le travail que tu exerces chaque jour : porter à la sueur de ton front (non, toi, tu es verni, tu as une camionnette) les écris des uns pour les remettre aux autres, parfois en main propre. Quel magnifique profession. En revanche, j’apprécie beaucoup moins ton métier, justement quand tu jettes consciencieusement dans ma boite aux lettres les « avis de procès verbaux » issus d’appareils photographiques qui n’ont rien à voir avec la fabrique de joyeux souvenirs. Ou tous ces papiers remplis de chiffres qui me réclament l’argent que je n’ai pas.
Garde les celles là, garde les bien !
(Au fait, si tu as des nouvelles de la lettre avec le chèque de Mister Y....)
dis Alphonse, t'as rien contre les facteurs j'espère, parce la prochaine fois, c'est pas des livres que je risque de t'apporter mais plutôt tous tes recommandés, arriérés de facture et autres injonctions à payer qui gisent depuis des mois, que dis-je des années dans les tiroirs poussiéreux de notre noble administration.
Non mais des fois! me traiter de facteur numérique! qu'est-ce que tu crois, moi aussi je l'ai signé la pétition de Gaspard...
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