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Qui sera ton lauréat 2008 ?

11/11/2008

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Qui des six derniers auteurs retenus sera le lauréat 2008 ?
Jean-Baptiste Del Amo, Catherine Cusset, Atiq Rahimi, Jean-Louis Fournier, Patrice Pluyette ou Valentine Goby ?

 

Ou plus exactement, quel livre éliras tu comme le plus digne de ta confiance ?

 

La Traversée du Mozambique par temps calme

Où on va, papa ?

Qui touche à mon corps je le tue

Syngué Sabour

Un brillant avenir

Une Education libertine

 

Et si finalement, le Goncourt des Lycéens, c'était une façon de dire à tes potes:

« Lis ce livre, c'est vraiment celui que je préfère ! Tu passeras un bon moment. Tu découvriras de belles choses. Tu vibreras intensément. Bref, tu vivras plus ! » ?

 

Alors lequel de ces six ouvrages t'a fait vivre plus ?
Est-ce la traversée ébouriffante de la jungle par Patrice Pluyette ? La vie émouvante et finalement si drôle des enfants de Jean-Louis Fournier ? L'univers terrifiant et croisé des trois humains perdus de Valentine Goby ? La femme afghane tentant de renouer le fil de l'humanité d'Atiq Rahimi ? Le destin entremêlé de deux générations entre Budapest et New-York de Catherine Cusset ? Ou l'ascension sociale d'un jeune breton dans le Paris du XVIIIème siècle revu par Jean-Baptiste Del Amo ?

 

Cette sélection est bien le reflet des échanges passionnés dont ce blog a été le témoin pendant toute la durée de ce Goncourt des Lycéens. Les chouchous de Pluyette, les bouleversés par Fournier, les intrigués par Goby, ceux touchés par Rahimi, qui se sont reconnus dans Cusset ou emportés par le récit de Del Amo...

 

On pense, évidemment aux autres écrivains qui nous ont offert aussi de très bons moments de lecture. Et puis à leurs auteurs, croisés à l'occasion des rencontres. A l'aube de cette proclamation des résultats, je pense à tous ces écrivains dont nous avons effeuillé l'œuvre page après page tout au long de l'aventure.

 

Aux plus discrets d'abord:  Salim Bachi, à l'érudition tranquille, aperçu sur la scène de la rencontre parisienne, Christophe Bataille dont le livre a marqué les esprits mais qui avait fait le choix de ne pas participer aux débats, Olivier Rollin, l'écrivain turbulent aperçu à la télé mais pas sur scène, Catherine Millet dont l'ouvrage n'a pas fait l'unanimité (ou plutôt si mais dans l'autre sens) mais qui a eu l'élégance de répondre chaque fois avec gentillesse et compréhension aux questions ou remarques soulevées. Il est étonnant d'ailleurs de constater l'émotion suscitée par ses écrits (sans doute du fait de l'expression d'une sexualité plutôt morbide...ce qui est, dans un sens, rassurant de la part des lycéens...) alors même que d'autres ouvrages en lices évoquaient des passages finalement bien plus explicites et crus mais peut-être dans un contexte plus positif...). On ne prête qu'aux riches ! Comme par exemple ce petit coquin d'Alain Jaubert qui sous ses airs de professeur Tournesol et sous des prétextes d'érudition signait un roman on ne peut plus sensuel.

 

Ensuite, j'ai une pensée pour ceux que je vais appeler, exprès, par provocation « les cantonniers ». Je dis cela sans juger de la valeur de leurs écrits mais plutôt du poids de leur ouvrage. Six cents pages en moyenne !  Malgré des thèmes vraiment intéressant, ces ouvrages n'ont pas attiré le plus grand nombre. Pas de débat autour du très timide Mathieu Belezzi de C'était notre terre (j'ai hésité à le mettre dans la catégorie précédente) dont le livre sans point a sans doute dérouté. Aucun commentaire sur  La beauté du monde  de Michel Le Bris bien qu'il en parle sur scène...à merveille. Nul aficionado de Là où les tigres sont chez eux  de Jean-Marie Blas de Roblès dont l'engagement dans l'aventure littéraire au long court force le respect. Trois livres injustement délaissés (celui de J.M. Blas de Roblès a été honoré, par ailleurs, du prix Médicis) par les marathoniens du livre mais qui méritent le (long) détour: oui, les amis, sous les pavés la plage !

 

Toutes catégories confondues, je ferai une dernière place d'honneur aux auteurs qui ont cassé l'image qu'on pouvait avoir de l'écrivain: introverti, solitaire et hésitant. Le mythe de « L'Albatros » de Baudelaire en prend un sérieux coup sur sa tête de piaf avec ces aras aux couleurs chatoyantes, ces oiseaux de haut vol, à grand bec et beaux chants qui ont su transporter les foules par leur enthousiasme sincère ou savamment entretenu.

 

Je pense bien sûr (comment l'oublier ? ) à la délicieuse Karine Tuil qui a cultivé les débats sur les différentes scènes des rencontres par des questions souvent provocantes aux lycéens, à Valentine Goby toujours prête à en découdre, sur scène comme en coulisses, à Jean-Louis Fournier, fin orateur loufoque malgré ses grognements désabusés et sa vocation contrariée d'ours(on) mal léché, Patrice Pluyette, le poète tranquille et décalé au regard pétillant de malice du lycéen qui sait qu'après la sonnerie des cours, il repartira voguer dans sa baie du bout du monde, sur son Optimiste...forcément, Jean-Baptiste Del Amo à l'accent de la Méditerranée, tout en douceur et maîtrise malgré le feu brûlant de l'écrivain couvant intérieurement et enfin Atiq Rahimi, majestueux mage afghan déjà primé par le Goncourt « des grands » et qui poussa la délicatesse jusqu'à me remercier chaleureusement pour mon billet consacré à son livre...

 

Arroseur arrosé, moi, Alphonse Boudabard, écrivaillon électronique et aquatique, je finis donc ironiquement avec les félicitations de l'écrivain lauréat du Goncourt (des grands), premier cobaye de mes billets d'humeurs sur ma sélection de livres lus !

 

Une boucle est bouclée. Reste la plus belle: il me tarde désormais de connaître le lauréat de ton Goncourt à toi: celui des Lycéens 2008.

 

Vivement demain !

 

Alphonse Boudabard

Vos commentaires
Saïda 1ère L du Lycée Maurice Utrillo | 23/11/2008 à 11:02

Non, il n'a pas été traduit, mais il y avait des passages qu'elle avait écrit en anglais qu'elle a réécrit en français.
Enfin je pense que c'est un truc comme ça

Alphonse Boudabard | 16/11/2008 à 22:35

Hum hum hum...

Pas moyen de faire la sieste après le palmarès du Goncourt des Lycéens, alors ?

Pardon Charlotte de répondre si tard à ta question. J'ai effectivement lu quelquepart que le livre de Catherine Cusset avait été traduit. Cela m'étonne car si Catherine Cusset vivait jusqu'à il y a peu à New-York, elle est française et parle parfaitement français. Je vais pousser plus loin mes recherches mais vu qu'elle est éditée en France chez Gallimard, je ne vois pas l'intérêt qu'elle aurait eu d'écrire en anglais (ou en Roumain ?...). Je te tiens au courant.

Sonia (élève du lycée Roosevelt) | 16/11/2008 à 13:06

Bonjours Charlotte, tu attend quoi par cette question Etes vous sûr qu'un brillant avenir a été traduit ??
Bonne journée à toi

Charlotte M (Stanislas, Cannes) | 14/11/2008 à 21:51

Etes vous sûr qu'un brillant avenir a été traduit ??Il ne me semble pas mais si vous avez des précisions dites le moi.Peut-être qu'Alphonse le saiit???...
"Alphonse??"

Sonia ( élève du lycée Roosevelt) | 12/11/2008 à 19:59

C'est quelle livre qui a reporté le prix de Goncourt des lycéens ?
Je suis présé de le voir qui c'est §
Bonne soirée

Clarabelle | 12/11/2008 à 19:22

Je suis super contente que ça soit Un brillant avenir. Moi j'ai édoré, mais dans ma classe il ne fais pas du tout l'unanimité, mais alors pas du tout0

Félicitations Catherine Cusset !!!!

Alfelfe | 12/11/2008 à 15:08

Quel joie !
Vive Cusset et son histoire passionante !
J'ai aimé ce livre pour ces themes : integration, voyage, antisémitisme, maladie,...
Elle en parle avec un véritable savoir faire.
Trés bon résultat pour cette année !
Adam de Dijon

gael | 12/11/2008 à 13:52

J'ai été surpris d'apprendre le résultat ce midi, mais je ne suis pas déçu. Pour moi c'était peine perdue , je ne pensais pas qu'un brillant avenir irait aussi loin. J'ai vraiment apprecié de le lire mais je n'ai pas su percevoir le talent littéraire de ce livre, qui a eté traduit en français , je trouve ca dommage pour un prix français! Personnellement, je suis plus branché une éducation libertine. Je n'ai pas inclu un brillant avenir dans mon trio mais j'ai longuement hésité, et regretté mais les jeux sont faits et je ne regrette plus. C'est une bonne chose que pierre de patience ait gagné le prix goncourt, et surtout qu'où on va papa ait son prix féminin, je n'aurais vraiment pas apprecié de le voir lauréat du goncourt des lycéens.. En bref, je suis satisfait des differents résultats !

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