« Un brillant avenir » de Catherine Cusset : Aimer les aimés de nos aimés…
26/09/2008
On aspire tous à un brillant avenir.
Pour moi, ce serait d’être payé cher (et longtemps) pour passer mon temps à lire et écrire sur ma terrasse ensoleillée avec l’esprit suffisamment libre pour caresser de temps en temps les vagues et voir les êtres qui me sont chers (et l’inverse, aussi, d’ailleurs).
Pour toi, avoir un brillant avenir, c’est sûrement de pouvoir sortir quand tu veux, passer ton permis, rouler en scooter, avoir plus d’argent de poche pour te payer ça ou ça, voyager, aller à l’aventure, traîner avec tes potes, bref vivre sans souci au jour le jour…
Tes parents aussi, d’ailleurs, te souhaitent un brillant avenir. Mais c’est marrant, leur vision de ton futur n’est pas tout-à-fait celui qui te fait rêver : cadre dans une grande banque située à La Défense (ouais, tu as remarqué aussi, y’a peu de sièges sociaux de banques au bord de la mer…), horaires réguliers, des amis raisonnables qui parlent de choses sérieuses et aussi importantes que l’envolée du prix des matières premières, la crise financière ou la couleur de la robe de Carla Bruni-Sarkozy… « Et d’abord, le scooter, c’est trop dangereux ! ».
Un jour, dans quelques temps, tu t’apercevras que, d’une certaine façon, ils avaient (un peu) raison (oui, rouler en scooter est VRAIMENT TRES dangereux !). Et que ce qu’ils envisageaient avec prudence pour ton futur proche était peut être une forme de garantie pour un petit peu moins de galère…
Encore plus tard, lorsque parler du prix des matières premières, de la crise financière ou des coloris de la jupe de la nouvelle, nouvelle madame Sarkozy te semblera une activité des plus réjouissantes (et tellement subversive, « ah ah ah ! n’est-ce pas, cher ami ? Quelle belle saison nous avons sur La Défense, cet automne… »), tu penseras finalement qu’ils avaient quand même pas si raison que ça. Tu paieras (cher) un type qui se fera appeler « psy » pour te dire que tu as une belle « névrose familiale ». Ou simplement, ta nana ou le mec avec qui tu partageras alors ta vie se chargera chaque jour de te rappeler que les confortables repères qui t’accompagnaient depuis toutes ces années ne sont que d’abjects défauts. «Tout ta mère !» ou « exactement ton père !», ce sera selon…
Oui, la famille est le plus puissant des soutiens, le fameux levier qui donne la force de soulever le monde…mais c’est aussi, parfois, un abominable boulet à traîner toute une vie ! Et c’est un peu le propos de Catherine Cusset dans « Un brillant avenir » : l’évolution superposée de deux couples (celui des parents et celui de leur fils et sa femme) au travers de quarante années d’existence.
Si, au départ, ces histoires de famille paraissent dures à digérer (pourquoi subir celles des autres au travers d’un livre ?), l’argumentation de Catherine Cusset se met petit à petit en place dans notre esprit, au point d’y laisser une empreinte indélébile et l’agréable sensation d’être parvenu, comme ses protagonistes, à une certaine forme de sagesse.
Avec subtilité, par petites touches, Catherine Cusset tisse la toile de sa saga familiale. Le récit alterné des deux histoires est parfois agaçant. Cet épileptique procédé de « zapette littéraire » a un nom, me semble-t-il ? (Lequel, les amis ? Que les littéraires me le trouvent ou que les autres demandent à leur prof de français : je n’en ai malheureusement pas moi-même sous la main…). Ici il sert surtout à mettre en parallèle les correspondances des deux vies et à montrer que souvent, entre les générations, l’histoire d’une certaine façon se répète. Ce qui, dans un sens, n’est pas très encourageant. Et pouvoir de côtoyer en quelques pages les même personnages à vingt ans d’écart a quelque chose de positivement troublant.
Au final, j’ai aimé le livre de Catherine Cusset. Pour le côté exotique de ce passage Est-Ouest vintage, de Bucarest à New York via Tel Aviv et Paris, pour cette réflexion sur le temps qui passe et qui change les gens, les abîme et à la fois les rend meilleurs. Et pour son point de vue optimiste sur la vie laissant à penser que partager et comprendre les joies et les peines de ceux qui au départ nous paraissent étrangers nous amène, l’air de rien, à nous y attacher avec tendresse...
Un brillant devenir ?


Fnac.com
Avant le retour du goncourt des Lycéens pour l'édition 2009, retrouvez moi sur mon blog perso :
http://alphonseboudablog.over-blog.com/
A bientôt !
Alphonse Boudabard
De plus le livre est intéréssant il parle pas mal de politique et l'histoire traverse les continents se qui permet de voir différentes méthodes pour vivre
Ce livre m'a beaucoup plus, car j'aime beaucoup les histoires qui on un rapport avec la guerre dans ce livre ils fuient pour une meilleur vie.
L'organisation du livre est originale avec des flash-backs d'un chapitre à un autre.
J'ai bien aimé aussi le changement de vie: passer d'une vie roumanienne à une vie américaine, ce n'est pas du tout la même façon de vivre.
C'est un livre que j'ai apprécié. La manière d'écrir ses chapitres est original mais difficile à comprendre au début. Il parle d'un sujet qui nous touche beaucoup aujourd'hui: la discrimination.
J'ai beaucoup aimé l'histoire, très bien écrite selon moi et le fait de voir Elena à différents moments de sa vie est appréciable également. Son seul point faible pourrait être le manque cruel de rebondissements, on se surprend à fermer les paupiéres en le lisant. Dans l'ensemble, "Un brillant avenir" reste malgrés son effet endormissant un très bon livre.
j'ai pas accroché au livre. il y a des passages trop rapides du passé à son présent, il faut vraiment faire un effort de mémoire pour se rappeler ce qu'il s'est passé. donc je ne l'ai pas lu en entier parce que vers la fin je trouve que le livre traine en longueur et il n'avance pas .
au niveau de l'écriture c'est assez simple, des phrases plutôt courtes, l'auteur n'en rajoute pas, il dose bien les descriptions et les dialogues; qui sont peu nombreux ce qui laisse des moments blancs sans aucun intérêt, parfois.
mais dans sa totalité il n'est pas mal, il nous donne la notion des sentiments que ressent le personnage principal et ce qu'elle a ressenti lorsqu'elle a été petite, avec sa grand-mère, son oncle et sa tante, sans aucun lien entre les 2 parties de l'histoire.
J’ai bien aimé l’histoire. Le fait de changer d’époque et de lieu à caque chapitre, je trouve que c’est une idée originale et ça nous empêche de trouver l’histoire trop longue. De plus c’est un livre relativement facile à lire, ce qui rend la lecture agréable.
Par contre, ce qui ne m’a pas plu du livre c’est le personnage principal. Je trouve Hélène une peu trop orgueilleuse, possessive et parano. Ce sont des traits de caractère qui me déplaisent généralement chez les gens, mais en plus Hélène l’est excessivement. Je m’explique : par exemple les mères, c’est normal qu’elles se sentent inquiètes lorsque leur fils unique va se marier, mais Hélène, elle ne se contente pas d’être inquiète, elle devient complètement hystérique à des moments de l’histoire, et va presque jusqu’à gâter le mariage et la vie de son fils. A ces moments là de l’histoire je n’ai pas pu m’empêcher de plaindre Alexandru d’avoir une mère comme elle. Oui, le personnage principal ne m’a pas plu, je suis désolée de le dire, et dans mon cas, il m’a empêché de prendre vraiment plaisir à lire l’histoire.
Je m'en doute mais je lis pas mal alors tant qu'a faire autant lire ses livre.
C'est le comble de ne pas lire les livres de sa cousine
Ouais, ne te presse pas: apparemment, ta cousine s'en fout !
Je plaisante bien-sûr mais je lui ai parlé de toi lors de la rencontre régionale parisienne et ça n'a pas eu l'air de la défriser (remarque, il en faut...).
Moi je n'ai tjrs pas eu le tps de m'y mettre...
Je rentre à paris cet aprém j'aurai peu t etre un peu plus de tps pour le commencer...
Et vu ce que vous ecrivez il à l'air simpa
j'ai adoré ce livre car ça parle du destin d'une jeune femme et de sa vie et de sa famille. Après il y avait eu le thème historique sur Ceaucescu et sa dictature et on parle de leurs parcours et de leurs melting-pot
j'ai adoré ce livre,quoi dire de plus.L'auteur Catherine Cusset nous livre un roman vraiment passionnant,comme vous,monsieur,j'ai aimé le changement de lieu et d'époque au fil de ma lecture.0 lire et relire averc toujours le même enthousiasme.
A 18h10 ?
Sans doute pour ça que tu as eu du mal à suivre la prose de Catherine Cusset...
Non, c'est vrai qu'il valait mieux effectivement ne pas trop "hacher" la lecture pour suivre...
Je vient de le finir !
Quel beau livre ^^
Qui m'a d'ailleurs beaucoup fait penser, au début, à ces films Américains du genre "sa mère où moi"... Aucun rapport, je sais U__U'
Il est vrai que le brillant avenir que la famille d'Elena lui a promis par ses études, ainsi que celui d'Alex, nous font songer à nous. Tout parent souhaite à son enfant les plus belles études dans les meilleurs établissements possibles (Comme Alex à Harvard) alors qu'on n'en a pas forcément envie...
Véridique aussi, le passage d'une histoire dans le présent à une dans le passé, puis retour à une dans le présent mais pas du même point de vue, ça embrouille. Il faut vraiment avoir une certaines mémoire pour se remettre dans le bain assez vite et pouvoir changer d'une page à l'autre. (aouch, il se fait ard, mes propos sont de moins en moins cohérents... Misère à poil >,<)
Décidément on parle beaucoup de Bretagne sur ce blog.
Voilà déjà un élément qui est commun à Marie qui, elle aussi aime à retrouver sa famille dans ce bout du bout de France. J'espère que les lycéens des autres régions de France vont se manifester sinon on va croire que tout se passe sur le "continent" Breton. Remarque, la proclamation du Prix Goncourt des lycéens n'a-t-elle pas lieu à Rennes ? C'est finalement une façon de faire honneur à la région...
Merci en tout cas Tamara pour ton témoignage. Gageons qu'en lisant le livre de ta cousine, tu apprendras certainement beaucoup sur elle !
Et bien moi je la trouve tout a fait normale! Souriante et chaleureuse.
Une maman qui prend soins de sa fille et qui passe l'été dans une maison avec jardin commun avec sa soeur et ses parents en Bretagne.
Je ne vais pas vous mentir je la vois une semaine par ans et je n'ai jamais lu ses livres donc je ne peu pas vraiment dire que je la connais et savoir quelle est la part de vrai dans ses livres.
De plus je ne l'ai pas vu pdt plusieurs années car je n'allai plus en bretagne il ya pas mal de questions dont je ne connais pas les réponses
Chère cousine Tamara,
C'est drôle de lire le commentaire de la cousine d'un des écrivains dont je viens de finir le livre. Et tellement ironique lorsque l'on sait que cet auteur(e) aime à traiter des rapports familiaux...
Et cela doit être intéressant pour toi de lire le livre de quelqu'un que l'on connait de près. Quels sont les "emprunts" à son univers ? Ecrit-elle pour exorciser ses démons familiaux ou au contraire pour explorer des terres inconnues ?
Hey, Tamara, lève un peu le voile: elle est comment, ta cousine d'écrivain, en famille ?
Dis moi, Anne-Sophie, c'est un beau résumé du livre. Et tu sembles toi aussi promise à un brillant avenir. Mais qu'en as tu pensé ? T'es tu plutôt identifiée à Marie la parisienne ou à Alexandru le New-Yorkais ? Dans quelle mesure ce livre t'as touché, dans ta vie ?
ça y est je l'ai acheté j'ai plus qu'à le lire.
j'ai honte quand méme quand je vois vos commentaires...
Catherine est ma cousine et je n'ai jamais lu un de ses livres...
Je la vois tous les étés et a chaque foi je me dis "a la rentré je vais m'y mettre" et au final je prend pas le tps.
Mais cette année c'est la bonne. Comme ça pour une foi l'été prochain on pourra parler de ses livres. ^^
Je suis une cousine indigne..mdr
Mais bon mieux vaut tard que jamais pour changer vous me direz
Bonne lecture a tous
Les remous que la Deuxième Guerre mondiale a laissés derrière elle se font sentir dans le roman Un brillant avenir de Catherine Cusset. On y raconte la vie d’Elena, jeune orpheline de Bessarabie que la vie n’a pas épargnée, recueillie par son oncle et sa tante qui lutte pour se faire une place dans sa Roumanie d’adoption. Au fil des pages, on découvre une jeune fille prometteuse et entêtée qui ne désire que de partir loin de la tyrannique Roumanie communiste de Ceausescu. Elle y parvient avec l’homme qu’elle épousera et leur fils, et tous les trois rencontrent maints obstacles sur la route qui les mènera vers les États-Unis. Après l’euphorie trop brève du rêve, Elena devenue Helen se retrouve nez à nez avec une réalité froide à laquelle elle ne s’était pas préparée. La «distanciation» de son fils unique, la dégradation progressive de l’homme qu’elle aime; son univers semble lui glisser entre les doigts, la poussant à répéter par amour les erreurs de ses parents. À travers les déchirures d’une famille internationale, on observe comment parfois, la vie rapproche les personnes que tout semblait a priori opposer.
Le roman est séparé par des allées et venues entre le présent et la passé d’Elena, mais aussi en quatre parties, intitulées Fille, Amante, Mère et Veuve, mettant l’accent sur les qualités propres aux quatre stades de la vie d’une femme. L’histoire quant à elle met de l’avant des personnages en grande majorité féminins, faisant ainsi écho aux subdivisions du livre.
En bref, ce roman est un baume sur l’identité meurtrie des sociétés contemporaines. Une histoire qui nous fait voyager de la Bessarabie aux États-Unis en passant par la France, l’Italie et Israël, voyager du pire au meilleur en passant par les larmes et les sourires. Catherine Cusset donne vie à des gens plus vrais que nature et attachants par leurs histoires et leurs différences. Avec Un brillant avenir, on apprend que l’appartenance ne s’acquiert pas avec un titre de propriété, et que la confiance et l’attachement permettent à l’homme d’être chez lui partout.
Aha !
passionnant n'est-ce pas ?
quel parcours !
d'une Roumanie sous Ceauşescu
au Etats-Unis ultra capitaliste
en passant par l'Israël ...
j'adore ...
Poster un nouveau commentaire