Valentine Goby, « Qui touche à mon corps, je le tue », Errare humanum est...humanum fuit errare !
02/11/2008
« - Amstramgram pic et pic et colégram... A toi de raconter une histoire. Si tu devais raconter la plus horrible des histoires, tu parlerais de quoi ?
- Je sais pas, peut-être d'une femme dominée par des hommes dans un village en guerre ?
- Ouais mais c'est déjà fait par Atiq Rahimi dans Syngué sabour
- Alors je décrirais le désarroi de parents qui auraient des enfants handicapés ?
- Jean-Louis Fournier l'a fait avec Où on va papa ?
- Bon, alors une femme qui découvre des choses horribles sur son père,
- Non, c'est le sujet de La domination de Karine Tuil
- Disons, attends, plouf-plouf, je sais: je parlerais d'une femme qui va se faire couper la tête, d'une autre qui avorterait clandestinement dans le sang et la douleur...et pourquoi pas, tiens, d'un mec dont le job ça serait de faire marcher la guillotine...
- Mais ça serait vraiment horrible, comme histoire... »
Ouais. Et c'est pourtant le propos de Valentine Goby dans « Qui touche à mon corps, je le tue »...
Je ne suis pas adepte des films d'horreurs, des massacres à la tronçonneuse, maisons hantées et autres disparitions plus ou moins rapportées par vidéo amateurs de jeunes dans la force de l'âge ayant pénétré par erreur dans d'étranges villages. J'évite les histoires de revenants qui parlent dans les placards ou les greniers et autres carabistouilles hémoglobinesques. L'angoisse de ces histoires me poursuit souvent longtemps, bien au delà de la projection...
Alors de là à me plonger dans les affres psychologiques, les descriptions sanguinolentes et les douleurs physiques d'auteurs torturés, loin de moi cette idée ! Et pourtant, quand il faut, il faut ! Le Goncourt des lycéens n'est-il pas justement l'occasion de dépasser a priori et répulsions pour découvrir de nouveaux points de vues ? Allons-y donc.
Qu'est-ce qui, aux heures sombres de l'Occupation, peut pousser une jeune femme mariée à avorter clandestinement, bravant l'interdiction absolue de la justice, la douleur, des risques sanitaires terribles et la morale de son temps ?
Pourquoi devient-on « faiseuse d'anges » alors même que les avorteuses risquent la peine de mort pour cette acte alors exercé dans la clandestinité ? Par pitié de la détresse de femmes, par vocation, hasard ou cupidité ?
Comment un bourreau d'Etat vivait-il sa fonction au quotidien à une époque où, en France, il n'y pas si longtemps, « la veuve » ou guillotine était encore un « instrument de justice » ?
Que peut-il rester d'humanité à ces individus après avoir vécu tout ça ?
L'entrée en matière de Qui touche à mon corps je le tue est dure et sans équivoque. Elle annonce la couleur: ce sera le rouge ! Une femme souffre pour se libérer... une autre revoit la pauvre vie qui l'a conduite en prison à la veille de son exécution tandis qu'un homme songe à ce qui a fait de lui un bourreau.
Le récit chronologique entremêlé d'une même journée vécue par trois personnages apporte une dose de suspens à ces trois destins glauques dont le sort semble inéluctable. Comment va finir cette journée qui scellera la vie des uns et marquera à jamais celle des autres ? Une journée qui en vaut mille tant elle parle de l'inhumanité banale et extraordinaire de cette petite humanité devenue par abandon le prolongement sans conscience d'un système désincarné.
Le récit désabusé de Valentine Goby m'a pris aux tripes. La précision de l'univers de ses personnages crée une réelle proximité, jusqu'au malaise. La plongée en enfer est profonde et sans rémission.
Par cet effet, Qui touche à mon corps je le tue est une expérience à part entière, genre séance de Grand 8 après un bon cassoulet. Mais une fois le récit digéré (ou pas), que retenir de cette mortification forcée ? Oui, comprendre la psychologie d'une femme en détresse, décidée à aller au delà de la douleur, du risque d'infection, de la loi et de la morale est important. De même qu'évoquer sans fard les vraies raisons qui poussent une femme à pratiquer ce que son temps juge l'irréparable. Ou à l'inverse, montrer que même lorsque la loi autorise à tuer, il reste quand même un soupçon d'humanité qui résiste au plus profond du bourreau. Tout cela est effectivement superbement réussi. Mais d'autres idées s'entrechoquent aussi dans ce concert de bonnes et mauvaises vibrations savamment entretenues par la plume de Valentine Goby...
J'ai lu ce livre dans le train qui m'a mené à la première rencontre des écrivains à Paris. Imprégné de l'histoire, j'ai écouté Valentine Goby parler de son livre. Et dans ce cas précis, malgré mon intérêt, le discours de l'écrivain sur son oeuvre ne m'a pas éclairé. J'avoue avoir éprouvé un décalage immense entre l'évocation de son propos et ce que j'avais ressenti. Une libération des corps, de la mère, de sa condition. Ah bon ? Mais comment ?
Ai-je été si aveuglé par ma ("pôvre") condition masculine au point d'avoir été incapable de me projeter dans l'univers terrible de ces femmes ? Traumatisé par la crudité des descriptions, ne suis-je pas passé à côté de l'essentiel ?
Un livre peut-il être (aussi) une sorte d'auberge espagnole où le lecteur vient trouver le reflet de ce qu'il cherche ? Une oeuvre peut-elle échapper à son auteur au point de vivre sa vie propre en marge du sens qu'en a voulu son géniteur ? Le TGV nuit-il gravement au jugement littéraire ? Suis-je le seul à avoir éprouvé tout cela ?
Après tout, l'écrivain propose et le lecteur dispose.
Reste le souvenir de ce soupçon d'humanité au milieu des enfers...
Alphonse Boudabard


Fnac.com
J'ai bien aimer ce livre, l'histoire est original. Surtout le fait de faire parler celui qui fut avorté. De plus j'ai trouvé original de faire parler chacun des personnages de façon alterné, sa permet de voir des points de vue différents de chacun. En gros très bon livre.
Une histoire très touchante entre chaque tragédie des personnages malgré leurs univers et destins différents.
Je pense que si je suis si pessimiste c'est parce que j'ai lu le livre avant la rencontre avec les auteurs, si je l'avais lu après, j'aurais surement changer d'avis, pas de bol pour Valentine Goby
si on veut on peut l'interpréter comme ça, mais bon moi j'ai été déçue du début à la fin
Moi aussie j'ai commencé par se livre, je l'ai apprécié car les sentiments des personnages sont très forts. Les trois personnages sont très différents mais étroitement liés. Ils ont une façon de penser très particulière qui est touchante. Même si les personnages ne sont pas compétement blanc ils ont tous un fond d'humanité qui est très touchante. J'ai beaucoup aimé que Valentine Goby arrive à séparer l'esprit du perssonnage de leur corp, c'est une vision très originale! Elle arrive à rendre les personnages "machines", c'est se qui leurs permet de faire des choses dont il serait incapable sous la forme humaine. Enfin j'ai aimé se livre cependent il est un peu trop lent!
Le livre est assez compliqué à comprendre mais l'histoire m'a plus notamment avec le bourreau.
De plus Valentine Goby donne envie au lecteur de lire son livre, avec son sourrire, ses explications.
Bonsoir! Moi aussi j'ai commencé le Goncourt par ce livre. D'un côté, la mise en forme je trouve, est originale, comme son histoire. On y découvre l'avortée, l'avorteuse, et le guillotineur. Ca peut emballer au début. Mais malheureusement, on se lasse. Il n'y a pas d'action, juste des personnes mal dans leurs peaux, qui raconte leur enfance, etc ... Mais effectivement Valentine Goby est tres sympathique =)
Moi, non plus je suis dans ton même cas, alors que nous étions à la fnac, le libraire nous présentait les livres, le premier qui m'a tout de suite donné envie de le lire était celui-ci, mais après la lecture, j'ai été déçue, non mais franchement fallait voir ma tête. Heureusement que j'ai commencé par Syngué Sabour, sinon j'aurais laissé tomber le Goncourt des lycéens
J'ai commencé le Goncourt des lycéens par " Qui touche à mon corps, je le tue" de Valentine Goby. Le titre m'attirait fortement ! Mais j'était désu completement ! Premièrement j'ai eu déjà du mal à le comprendre ! Ce livre, je l'ai lu 2 fois ! Je ne trouve pas d'actions dans se livre !Ce qu'il me dérange un peu ! Pas contraire Valentine est super sympasthique ! A Nancy , elle est agréable, souriante
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