Bienvenue sur le blog'68 de Sciences Po
28/04/2008
Les étudiants de Sciences Po, installés dans l'observatoire privilégié de la vie politique française, ont décidé de s'attaquer au mythe de Mai 68. Au coeur de la rive gauche, à quelques encâblures de l'épicentre du mouvement révolutionnaire de la fin des années 60, la radio des étudiants de Sciences Po coordonnera durant tout le mois de mai un effort d'analyse et de réflexion autour des grandes thématiques qui entourent le souvenir de Mai 68.
CHOISISSEZ UN DES THEMES SUIVANTS ET REJOIGNEZ LE DEBAT :
A propos de ces hommes « de l’autre côté des barricades »
13/05/2008
« La prise de la 1ère barricade a été longue et à certain moment dramatique (…) je dois signaler qu’il s’agit à partir de ce moment de l’engagement le plus dur face à des adversaires totalement déchaînés ».
Commissaire principal du 1er arrondissement, à Monsieur le Directeur Général de la Police Municipale, Paris, 7 mai 1968[1]
Le boulevard.
Le boulevard Saint-Germain.
Mai 1968.
Les barricades !
La FNAC nous propose, à nous, étudiants de Sciences Po, de nous « attaquer au mythe de Mai 68 ». Qu’attend-on de nous ? Qu’on le célèbre ? « Mais oui, mai 68, la voix aux étudiants ! Les vieux ont fait leur temps ! Couchez-vous ! ». Qu’on le dénonce ? « Les réactionnaires, ce sont les gauchistes ! La jeunesse qui bougeait, elle était gaulliste ! ».
Résumons : la révolte étudiante de mai 68, pour reprendre les mots de Raymond Aron, c’est le « carnaval»[2]. N’en
parlons plus.
Alors je réfléchis, je marche sur le Boulevard Saint-Michel, descends la rue Gay-Lussac.
Les barricades. Des jeunes à franges et lunettes rondes. Et des banderoles surtout. « CRS SS ».
En face, les boucliers. La Police !
Voilà, parlons-en !
Assez de nostalgie ! On a assez vendu sur la fureur estudiantine ! 48 bouquins ! Les étalages de la Fnac couverts !
Mais la police ? Les petits pamphlétaires, nostalgiques ou anciens-combattants, savent s’affairer autour de l’héritage de mai 68, mais bien peu se soucient de ces fonctionnaires qui étaient en première ligne. Dans ce texte qui ne se veut pas exhaustif, j’ai voulu tracer brièvement le parcours des ces hommes qui portaient l’uniforme dans ce mois de Mai 1968.
Désordre public.
Pour Bittner, la Police n’est rien d’autre qu’ « un mécanisme de distribution dans la société d’une force justifiée par une situation ». Définition très « Sciences Po ».
Application de la violence légitime. Weber. Tout ça.
En mai 68, l’emploi de la force par la Police est justifiée : en face des forces de l’ordre, la guérilla urbaine. Une première -avec les manifestations de Détroit en 1967. Mais à Détroit, les réservistes de la Garde Nationale tirent : 40 tués.
En mai 1968, dans l’imaginaire des manifestants, l’uniforme, c’est la Réaction, c’est l’Ancien-Régime. C’est l’arbitraire et le fascisme, c’est l’Etat totalitaire. Tout ça à la fois. Cette représentation les mène aux références les plus effrayantes. Les cartons des archives de la Préfecture regorgent de ces pancartes saisies à la Sorbonne, aux Beaux-arts : « CRS SS », des croix gammées dessinées sur les banderoles, des têtes de morts casquées. Dernier tableau : des étudiants qui paradent devant les boucliers, le bras droit tendu en avant.
En fait, l’ultime barrière qui se dresse entre eux et l’ordre à abattre porte un visage : celui des fonctionnaires de Police. Les manifestants cristallisent ainsi toute leur violence, toute leur haine contre le pouvoir en place sur ces hommes. Ainsi, le « mouvement du 22 mars », pacifique, entend « répondre aux
provocations policières » et à la « répression violente des mouvements progressistes » par les jets de pavés pacificateurs et les coups de barres de fer progressistes.
Face à l’intensité de cette violence, les policiers sont fermes. Les charges sont dures, et la violence légitime d’Etat est appliquée avec soin sur les manifestants. Evidemment, il y a eu des dérapages : quelques charges non autorisées, des tirs tendus de grenade alors que seuls les tirs courbes sont réglementaires, des retours de projectiles, strictement prohibés.
Pourtant, aussi difficile que cela puisse paraître, le pire est évité. Et il faut reconnaître le rôle-clef du préfet de Police, Monsieur Maurice Grimaud.
Il a rapidement su discerner l’ampleur du mouvement. Plusieurs nuits, il est sorti en civil, au volant d’une voiture cabossée pour prendre la température des barricades et proportionner en connaissance de cause la réaction policière.
Sur ces mêmes barricades, combien rêvait de voir ce « sanguinaire » pendu à la lanterne, place de la Sorbonne ?
Le 29 mai, il envoie une lettre à tous ses hommes: « je veux parler d’un sujet que nous n’avons pas le droit de passer sous silence : c’est celui des excès dans l’emploi de la force. (…) Nous gagnerions peut-être la bataille de la rue, mais nous perdrions quelque chose de beaucoup plus précieux : notre réputation. (…) Frapper un manifestant à terre, c’est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière. (…) Nous nous souviendrons pour terminer qu’être policier n’est pas un métier comme les autres ; quand on l’a choisi, on a accepté les plus dures exigences, mais aussi la
grandeur »[3].
Le manque de préparation et le traumatisme
En mai 68, la Police parisienne représente 30% des effectifs du service d’ordre déployé dans les rues. Les CRS et les gardes mobiles étaient spécialistes des violences de rue car ils avaient déjà eu l’occasion de se frotter à la rugosité des manifestations ouvrières. Mais le rôle des policiers se limitaient généralement à la « gestion urbaine ». Les barricades et les ruelles étroites du quartier latin sont un cauchemar où l’on est rapidement isolé. Ainsi, le matériel n’était pas adapté : uniforme avec cravate, casque, lunettes de protection, bâtons de défense en caoutchouc et seulement après la nuit du 10 mai, le bouclier rond plastique. Les rapports soulignent par ailleurs que ce sont surtout les lances à incendie et les milliers de litres d’eau qui ont été utiles.
Ensuite, il ressort des rapports une grande désorganisation des forces de police. La Préfecture n’est pas préparée à ce type de manifestations où les intervenants sont en petits groupes très mobiles et opérant rapidement sur plusieurs points. Les ordres sont contradictoires et la coordination des brigades est mauvaise. Par exemple, pendant l’après-midi du 10 mai, les policiers assistent sans broncher à la construction de barricades dans le Quartier Latin. Il n’y a pas d’autorisation d’intervention, ils ne peuvent donc pas interrompre ce qui préparait la résistance de la fameuse « nuit des barricades » du 10 au 11 mai.
Enfin, c’est le traumatisme. Des blessés d’abord. Les statistiques sont consternantes et expriment de la violence des affrontements. Entre le 3 mai et le 12 juin, 779 blessés au sein de la Police Municipale dont 456 par les fameux pavés parisiens. « L’escadron, dont les jeunes éléments conduits par des gradés courageux ont attaqué avec courage et sang froid les manifestants dans des conditions très dangereuses ; le nombre de blessés faisant foi »[4].
Mais la blessure n’est pas seulement là. Ce mois fut un mois d’amertume et d’exaspération pour la Police parisienne. Cible des campagnes de haine et de calomnie, les policiers furent impliqués à leur dépend dans la querelle politique de mai 68. Les familles sont également touchées, les « familles de flic »[5] :
une déposition mentionne par exemple un enfant âgé de 13 ans, frappé par ses camarades et insulté « fils de flic ! fils de SS ! fils d’assassins ! »
L’élément de trop fut l’occupation de la Sorbonne : après ça, la violence se concentre sur eux tandis que le gouvernement se déresponsabilise. Dans le Figaro du 13 mai 1968, l’Union Interfédérale des Syndicats de Police se plaint du « désaveu absolu de l’action des forces de polices par Pompidou » lors de son discours à l’Assemblée. Le syndicat indique que « les forces de l’ordre ont investi l’université sur ordre expresse du recteur et du gouvernement et dégage ainsi la responsabilité des forces de l’ordre sur cette occupation qui semble être à l’origine des évènements. Elle affirme que les policiers ont agi sans haine à l’égard des manifestants, déplore la montée des violences et l’absence de dialogue ».
S’il faut conclure, citons encore Raymond Aron, gaulliste pour l’occasion et qui fut l’un des intellectuels les plus durs face à la révolte des étudiants
lorsqu’il dénonce la « lâcheté du terrorisme ». Sans complaisance, reconnaissons le rôle et le courage des policiers qui ont mis fin à ce carnaval.
MAX BOUCHET
Remerciements :
§
G. Bordelais, de l’Université Evry-Val d’Essonne, dont le mémoire de thèse (2005-2006) m’a offert de passionnants moments de lecture. Vous pouvez consulter le texte au Musée de la Préfecture de Police de Paris.
§
Merci aux Archives de la Préfecture de Police, et tout spécialement à Madame Françoise Gicquel, Commissaire divisionnaire et Monsieur Acciari, pour leur accueil et leurs précieuses indications.
[1] cité par G. Bordelais, Université Evry Val d’Essonne, 2005-2006
[2] Interview de Raymond Aron sur INA.fr http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&from=fulltext&full=Mai+68&cs_page=1&cs_order=0&num_notice=9&total_notices=933
[3] GRIMAUD Maurice, En mai, fais ce qu’il te plaît,
Ed. Stock, 1977
[4] Commissaire principal du XVèùe arr. à M. Le sous directeur, chef du 5ème
district, cité par G.Bordelais.
[5] Cité par G.Bordelais
Mai 68 au jour le jour avec Le Figaro - du 13 au 19 mai 1968
13/05/2008
Au fil des jours, l'actualité s'accélère. Une semaine très chargée en mai '68.
Lundi 13 mai 1968:
- « A Prague, l’inquiétude grandit ».
- « Amitié franco-allemande sous le signe du Bourgogne » : Willy Brandt et Couve de Murville se rencontrent.
- Mitterrand veut « aider et orienter les étudiants manifestants»
- Les syndicats organisent la plus grande manifestation depuis la Libération. La Sorbonne est rouverte.
- L’agence officielle Chine Nouvelle traite les communistes français d’«odieux renégats et de canailles ». Elle dénonce ceux qui « critiquaient hier la juste lutte des étudiants et qui commencent à les cajoler dans le but de masquer ses traits »
- Le groupe Occident (mouvement politique d’extrême-droite) parle « d’émeutes inutiles » ; il dénonce "le rôle provocateur d’une poignée d’agitateurs communistes commandés par l’anarcho-communiste Cohn-Bendit qui a détourné la révolte des étudiants contre le régime vers une émeute inutile, éprouvante et sans lendemain »
Mercredi 15 mai :
- Raymond Aron écrit une tribune « Réflexion d’un universitaire » , extrait : « Le gouvernement a multiplié les défauts mais M. Cohn-Bendit que la presse et la radios transfigurent en personnage historique ne me parait pas pour autant un rénovateur de l’Université française. (…) Les profs, rajeunis ou indignés, éprouvent une émotion commune et reprennent les mêmes mots d’ordre [ceux des étudiants]. Ils se retrouvent avec joie aux côtés des étudiants (qui les chahutaient la veille) pour dénoncer le Pouvoir. »
- Accueil triomphal de De Gaulle à Bucarest : « Bienvenue mon Général ! ». Il déclare « les Français et Roumains partage la même conception de l’indépendance et de la dignité de chaque nation »
- Réponse de Ceausescu à de Gaulle : « nos deux peuples se sont toujours compris quant à leur aspiration à la liberté nationale et sociale, aux idéaux de progrès et de dignité, à la paix et à l’amitié entre nations »
- Cohn-Bendit à propos de François Mitterrand : il « n’est pas un allié, mais il peut à la rigueur nous servir »
- Sur le boulevard Magenta, une dizaine de personnes sortent sur le balcon du siège de la SFIO et, encouragés par le chant de l’Internationale, crient au passage des manifestants : « De Gaulle Assassin ! Fouchet démission ! Unité ! Unité ! ». A quoi les manifestants leur répondent : « Bu-reau-crates ! dans la rue ! Bu-reau-crates ! dans la rues ! »
- Pompidou à l’Assemblée : <« Sans doutes ces étudiants se croient-ils novateurs ! Et cela n’est pas nouveau ! »
- Pour réparer l’outrage du 7 mai, les anciens combattants se sont rendus à leur tour sur la tombe du Soldat Inconnu et lui ont rendu hommage.
- Une contre-manifestation : un millier d’étudiants place de l’étoile: «Unité nationale ! Cohn-Bendit à Moscou ! La Sorbonne aux français ! L’UNEF à Moscou ! Allons à Assas déloger les bolchos ! »
Jeudi 16 mai :
- Discours de De Gaulle devant l’assemblée : « la Russie invitée à devenir un pilier du continent »
- Négociations américaines avec le Nord-Vietnam
- Première victoire de Robert Kennedy aux élections primaires démocrates au Nebraska : Kennedy 53%, Eugene McCarthy 31%
- Les étudiants investissement le théâtre de l’Odéon : l’Odéon fermé aux spectateurs bourgeois ! » . Un tract est imprimé : « l’imagination prend le pouvoir »
- A l’Odéon, le comédien Jean-Louis Barrault monte sur la scène : « je m’associe à votre mouvement mais il prend un caractère plus anarchique que positif et…l’Odéon est un théâtre (…) il eut mieux fallu se rendre aux Folies-Bergères » . Cette dernière phrase soulève un tonnerre d’applaudissement et le millier de manifestants présents reprend la phrase d’un seul souffle : « Oui ! aux Folies Bergères ! aux Folies Bergères ! » .
- Prévision météo pour le 16 mai 16h : « le soleil reste avec nous : ensoleillement important avec hausse lente des températures »
- Sondage sur l’opinion des Parisiens quant à la rénovation du quartier des Halles : « le quartier des Halles doit conserver son caractère »
Vendredi 17 mai :
- nouveau bain de foule pour De Gaulle en Roumanie : « Tapis de fleur et orphéon de village pour le Président de la République »
- « Opération : stabilisation et reprise en main soviétique en Tchécoslovaquie »
- Trois catastrophes dans le monde : tornades sur le centre des USA : 60 morts. Effondrement d’immeuble à Londres : 3 morts et 7 disparus. Tremblement de terre et raz de marée au nord du Japon : 31 morts 197 blessés.
- Site d’Abou-Simbel sauvé des eaux : 22 temples sont démontés et remontés ailleurs
Samedi 18 /Dimanche 19 Mai :
- « Le mouvement ouvrier prend le pas sur l’agitation estudiantine »
- « Cohn Bendit ? Connais pas ! » déclare Georges Séguy, avant d’ajouter : « la CGT ne permettra à personne de s’immiscer dans le mouvement des ouvriers » .
- Sciences Po : Les élèves transforment les oraux de juin.
Les étudiants ont adopté par 1400 voix contre 1020 à l’issue d’une AG une motion présentée par l’UNEF qui préconise :
- Surpression des examens oraux de juin
- Ouverture d’une session de septembre pour tous les étudiants recalés
- Création d’un conseil étudiant élu et chargé du dialogue avec les professeurs
- Poursuite de la grève et de l’occupation des locaux de l’institut
…et d’autres refusent l’extrémisme.
Un groupe d’étudiants souligne que plus de 1000 étudiant sur les 3000 de Sciences-Po n’ont pas été prévenu à temps de cette AG. Ils estiment que la majorité des étudiants a été une fois de plus jouée par 150 extrémistes. « C’est une minorité qui décide, estiment-ils, il devient absolument nécessaire que la majorité des étudiants puissent s’exprimer. (…) Il y aura une réorganisation rationnelle si la majorité des étudiants de l’IEP peut s’exprimer et si les professeurs ne sont pas tenus à l’écart comme pour l’instant par des extrémistes qui ne représentent qu’eux-mêmes. (…) Cette attitude arbitraire porte atteinte aux libertés individuelles les plus élémentaires. »
Max Bouchet
L'Agenda du 7 au 14 mai 1968- 2008
11/05/2008
L'Agenda, votre hebdomadaire historique à contenu temporaire.
L'Agenda version 1968 est de retour pour mener la rétrospective de la contestation étudiante !

Vous ne savez pas quoi faire ce soir ? L’équipe de l’Agenda vous résume l’actualité culturelle à Paris : cinéma, théâtre, clubbing, actualité des associations…
Tout est dans l’Agenda RSP.
En mai 2008, Grégoire, Charles et Ombeline reçoivent à nouveau la visite - pour des chroniques exceptionnelles ! - de leurs soixante-huitards préférés, Dominique, Gilles et Brigitte.
Ces trois étudiants, de Nanterre et de la Sorbonne qui vivent au quotidien les événements de '68 viennent partager avec vous l'actualité culturelle de leur temps.
Quand 2008 rencontre 1968, c'est RSP qui vous fait voyager dans le temps !
Et c'est là que ça s'écoute : http://www.rsp.fm/public/index.php?option=com_content&task=view&id=396&Itemid=37
G&C&O
Dance - édition mai 68
09/05/2008
Dance, l'émission qui vous accueille après les vacances et qui marque le début du printemps.
Voici une playlist pour accompagner vos études et pour vous transmettre l'esprit de Mai 68 à l'international.
Et c'est ici ==> http://www.rsp.fm/public/index.php?option=com_content&task=view&id=398&Itemid=47
Dans cette émission vous retrouverez :
Beatles - Revolution
Otis Redding - (Sittin' On) The Dock of the Bay
Sergio Mendes & Brasil 66 - The Look of Love
The Temptations - Cloud Nine
Yves Montand - La Bicyclette
Cream - Sunshine of Your Love
Johnny Cash - Folsom Prison Blues (Live)
Claude François - Comme D'Habitude
Creedence Clearwater Revival - Susie Q
Louis Armstrong - What a Wonderful World
Beatles - Hey Jude
Greg - votre International DJ pour RSP
Mai 68 au jour le jour avec Le Figaro - du 6 au 12 mai 1968
08/05/2008
Lundi 6 mai 1968 :
- à côté de la Une qui titre sur la reprise de l’offensive nord-vietnamienne sur Saigon, un petit encadré : « Manifestation devant la Sorbonne interdite »
Mardi 7 mai :
- à 22h, les étudiants vont défendre leurs libertés universitaires en allant s’asseoir et chanter l’Internationale autour de la tombe du soldat inconnu.
- Notez la réaction des « Fils des Tués » (aujourd’hui « Orphelins de guerre »): ils considèrent que « les faits qui se sont déroulés à l’Arc de Triomphe sur la tombe du soldat inconnu constituent une profanation et une atteinte à la mémoire d’un mort et une offense à la conscience nationale ». Ils s’indignent que ce haut lieu du souvenir ait été choisi pour accomplir des gestes obscènes, entonner des chants révolutionnaires et déployer d’autres emblèmes que le drapeau national.
Samedi 11 mai :
- Premier article sur les violences dans les rues : la nuit entre les 10 et 11 mai a vu se dresser les premières barricades.
- « Nouvelle tentative de greffe du cœur » par le docteur Christian Bernard au Cap, le patient décédera quelques jours après.
Max Bouchet,
en direct pour vous depuis les archives du Figaro
Sciences Po en 68 : numéro spécial de la revue Saint-Guillaume
08/05/2008
Sciences Po – Génération Mai 68
Comment Sciences Po a-t-il vécu Mai 68 ? Alors que tous les yeux s’étaient tournés vers la Sorbonne et Nanterre, les drapeaux rouges et noirs flottaient aussi sur le fronton de Sciences Po, rebaptisé « Institut Lénine ». Entre assemblées générales et occupation, commissions paritaires et défense contre les « opérations coup-de-poing » des commandos d’Occident, Sciences Po a inventé, durant le « joli mois de Mai », sa propre grammaire révolutionnaire, à son image : réfléchie, sage, et démocratique. Modérée en somme, quand le reste du Quartier Latin s’enflamme… Comme le résume Alfred Grosser : « La fameuse prise de parole de 68 était, chez nous, une parole raisonnable ».
L’occupation se déroule sans véritables incidents : étudiants et professeurs refont le monde tout en jouant au bridge. Le gymnase est transformé en infirmerie populaire, tandis qu’une des nombreuses commissions entreprend de « réformer le genre humain ». La direction accepte rapidement de négocier avec les représentants des élèves. Ces discussions, menées au sein d’une commission mixte étudiants-professeurs, débouchent sur de nouveaux statuts. Le directeur a perdu une partie de ses pouvoirs, les étudiants sont, pour la première fois, représentés au conseil de direction et à la commission paritaire. Ces statuts, qui préfigurent à bien des égards la réforme universitaire d’Edgar Faure l’année suivante, n’ont jamais été remis en cause depuis.
« Pour » ou « contre », révolutionnaires ou modérés, le bouillonnement de Mai 68 n’a laissé, à Sciences Po, personne indifférent. Quarante ans plus tard, ce numéro spécial esquisse, à travers des témoignages pour la plupart inédits, une fresque originale de ce moment si particulier que fut Mai 68, dans cette école pas comme les autres qu’est Sciences Po. Certains diplômés de la « promo 68 » sont devenus célèbres, et ils ont accepté d’évoquer leurs souvenirs, avec sincérité et humour : Dominique Baudis (p.33), Jean-Louis Bourlanges (p. 35), Christian de Boissieu (p. 34), Michel Cicurel (p. 36), Jean-Luc Domenach (p. 36), Bernard Faivre d’Arcier (p. 38), Alain Juppé (p. 40), Philippe Marini (p. 40), Didier Maus (p. 41), Hubert Védrine (p. 45), et bien d’autres… Vous trouverez également les témoignages de ceux qui étaient alors leurs enseignants: Alain Lancelot, Pierre Joxe, Alfred Grosser, Michel Gentot, Alain Duhamel, Jacques Fournier, Jacques Rigaud…
Ce numéro spécial est illustré de photos de Bruno Barbey (agence Magnum), Guy Michelat (Cevipof-CNRS), Daniel Legendre, et André Sas, et d’une BD particulièrement impertinente, signée Jean-François Batellier.
Nous espérons que ce numéro vous intéressera, vous amusera, et piquera votre curiosité.
Florence Maignan
Rédactrice en chef de Rue Saint-Guillaume
Mai 68 : un mois qui commence le 1er jour.
06/05/2008
Qu'il y ait eu un 1er mai 1968? Et alors ? Des 1ers mai, et bien, il y en a tous les ans. Vraiment ?
Le 1er mai 1968, à l'appel de la CGT, plusieurs centaines d'ouvriers se réunissent afin de participer au défilé qui les mènera de la République à la Bastille. Les manifestants se retrouvent à 15 heures à République afin de se rendre à Bastille, ce qui leur prit deux heures, tout cela dans le plus grand calme. A sa tête, M. Seguy secrétaire général et M. Waldek Rochet représentant le Parti Communiste Français. De nombreuses déléguations étrangères sont présentes comme la déléguation du Nord Vietnam brandissant des drapeaux rouges et une délégation du FLN.
C'est un premier mai comme les enfats de l'après guerre froide en connaissent tous les ans.
Pour nous, cela peut paraître banal, après tout, tous les premiers mai, les contestataires les plus diverses descendent dans la rue et se font entendre (...ou pas).
Le 1er mai 2008, les cortèges s'étendaient sur plusieurs milliers de personnes à travers toute la France. L'on trouvait dans le cortège des sans-papiers, des anarchistes, des socialistes, des communistes, des pro-palestiniens... toutes les revendications les plus diverses se trouvaient entre la République et la Nation à Paris jeudi dernier. Et bien, c'est un premier mai. C'est le jour de la fête du travail, c'est surtout un jour symbolique pour « descendre » revendiquer, revendiquer son existence, ses convictions, rappeler au pouvoir – quelqu'il soit- que ce n'est pas parce que l'on est en démocratie représentative que l'on ne s'exprime qu'une fois tous les cinq ans. Lorsqu'il a fallut revendiquer son attachement à la démocratie et à la République en 2002, des millions de personnes ont choisit la date symbolique du 1er mai pour le rappeler.
Tous les 1er mai ai-je donc dit. Vraiment ? A vrai dire si cela peut nous parraitre évident de célébrer le 1er mai en profitant d'une journée de congé à s'échanger du muguet et à descendre affirmer ses revendications les plus diverses dans la rue, ce ne fut pas aussi évident pour nos parents, et en particulier pour ceux qui à notre âge ne voyaient personne descendre dans la rue le 1er mai. Ce 1er mai, nous le devons en partie à mai 68.
Evidemment, mai 68 n'est pas aux origines du 1er mai : celles ci remontent bien plus loin. En 1886, aux Etats-Unis, à Chicago, des émeutes éclatèrent car les ouvriers ne voulaient plus travailler plus de 8 heures par jour. En 1889, le Congrès international socialiste de Paris adopte le premier mai comme jour de revendication des travailleurs. Sur proposition de Raymond Lavigne (né 17-2-1851), le Congrès décide d'organiser une manifestation internationale à date fixe pour que le même jour les ouvriers demandent la journée de 8 h. Le premier mai est choisi, l'American Federation of Labor l'ayant déjà adopté. Le premier mai est alors célébré annuellement dans les deux pays. Mais c'est le 29 avril 1947 que le 1er Mai est déclaré jour chômé et payé (mais légalement il n'existe pas de fête du Travail en France, seulement un jour férié).
Le premier mai est fêté presque tous les ans, mais pas obligatoirement par un défilé. Ce 1er mai 1968, les ouvriers qui répondent à l'appel de la CGT repprennent un défilé traditionnel qui n'a pas eu lieu depuis 14 ans. Il eut lieu sans encombres, et depuis les travailleurs ainsi que tous ceux qui se retrouvent sous l'égide du premier mai peuvent défiler chaque année de la République à la Nation. Et c'est grâce à ce 1er mai 1968 que cette tradition est entrée une fois pour toute dans les moeurs.
Lucile Chneiweiss
1er mai 2008.
Mai 68 au jour le jour avec Le Figaro - du 1er au 5 mai 1968
05/05/2008
Que fut mai 1968 ? Pour faire un petit historique des évènements de Mai 1968, je me suis rendu dans les archives de la Préfecture de Police de Paris où j’ai épluché les numéros du Figaro de l’époque. Un volume énorme, poussiéreux, sur ces jours qui nous paraissent aujourd’hui assez anecdotiques.

En lisant le Figaro de mai 1968, on se rend compte que l’Histoire fut partout dans le monde, et un peu sur les barricades.
Je me suis amusé à sélectionner ici des titres, des anecdotes et des extraits d’article sur ce qui s’est passé, en France et dans le monde en mai 1968.
Le choix est donc totalement subjectif : d’abord parce que ces lignes proviennent du Figaro et ensuite parce que je n’ai pas cherché à hiérarchiser ou à analyser quoi que ce soit. Ces évènements, petits et grands, ne se réfèrent pas forcément aux troubles parisiens. Justement, ils ont tous leur importance car ils concernent, chacun à leur manière, le vécu des hommes de l’époque.
Chaque semaine seront donc postées sur le blog quelques lignes tirées des pages du Figaro de l'époque.
Mercredi 1er mai :
- La CGT renoue avec la « tradition du 1er mai ». Défilé de la CGT à Paris.
- Défilé militaire à Jérusalem : le butin militaire récupéré au Sinaï dans les rues de la ville, dont « les fusées que Nasser n’a pas eu le temps de pointer vers Israël ».
Jeudi 2 mai :
- la police informe « les mauvais plaisantins qui signalent des feux imaginaires par téléphone aux pompiers » qu’ils encourent 8 jours à 1 an de prison et 720 à 7200F d’amende
Ailleurs
- « Le Vietminh accentue sa pression autour de Saigon ».
- « L’Indonésie propose d’envoyer un de ses navires dans le golfe du Tonkin pour supporter les Américains ».
- « Pompidou part pour l’Afghanistan »
- Il est décidé que le Concorde, fruit de la coopération franco britannique, s’écrira sans « e » et qu’il y aura du retard.
Vendredi 3 mai :
- page 12 : premières violences à Nanterre. L’UNEF, aux côtés de la Fédération Nationale des Etudiants Révolutionnaires et de la Jeunesse Communiste Révolutionnaire organise un 1er meeting. Les premiers braillards de 1968 interrompent le cours de René Rémond.
Pour la petite histoire (résumé d’un encadré page 12 de ce 3 mai) :
A 15h, René Rémond doit donner à Nanterre son cours d’histoire en amphi B2.
Mais à 14h30, l’amphi est envahi par des étudiants qui veulent lancer « les journée révolutionnaires anti-impérialistes» en y projetant un film sur le Viêtnam. En entrant à 15h, pour y faire son cours, René Rémond manque de se recevoir un banc, lancé depuis les gradins. Les étudiants chantent l’Internationale. Refusant de se soumettre à un tel spectacle, René Rémond, grand esprit libre, annonce qu’ « [il] refuse de faire cours ailleurs » . Notre regretté Président de la FNSP aura finalement été le premier professeur confronté à la révolte des étudiants.
Samedi 4 - Dimanche 5 mai :
« Sorbonne évacuée ! »
MAX BOUCHET
Une droite qui ment
04/05/2008
En France, nous fêtons cette année le quarantième anniversaire de Mai 68. Mais attention aux récupérations politiques !
Celles-ci s’annoncent en effet nombreuses, d’ailleurs le site Internet de l’UMP Grandes Ecoles consacré aux quarante ans de Mai 68 est l’exemple le plus probant… Et dire que certains de leurs militants se revendiquent de l’héritage historiographique de René Rémond ! Le vénérable historien doit se retourner dans sa tombe, hélas.
Le PS veut lui aussi fêter les quarante ans de Mai 68 ? Pourquoi pas. Mais il faut le faire alors différemment de la droite. Le PS ne doit pas faire de Mai 1968 son héritage particulier, mais doit expliquer clairement en quoi 1968 est l’héritage de tous les Français et que, sans 1968, la France du XXIe siècle n’en serait sûrement pas là aujourd’hui.
Ce travail d’explication ne peut être réussi qu’en rétablissant un certain nombre de vérités et en déconstruisant le discours de droite, volontairement mensonger sur l’année 1968, et le Mai français en particulier.
En tant qu’internationalistes convaincus, nous devons avant tout rappeler que l’année 1968 ne s’est pas arrêté aux portes du quartier latin. Non, 1968 est une « révolution mondiale » dont les mouvements sociaux du Mai français ne sont qu’une petite partie.
Ce Mai français a-t-il été réussi ? A-t-il laissé un héritage dont nous pouvons nous enorgueillir aujourd’hui ?
La droite semble tenir un double discours lorsqu’il s’agit de répondre concrètement à ces deux questions. D’une part Mai 68 aura été un échec et son héritage une catastrophe. D’autre part, les jeunes de 1968, en particulier, auraient quand même permis à la jeunesse de se libérer , mais le flambeau devrait être repris par les jeunes populaires et par les étudiants de l’UNI. Bref, par les jeunes de droite…
Le premier discours est déjà une belle erreur d’appréciation et pourtant c’est le discours du Président de la République, Nicolas Sarkozy ! En effet, selon un sondage réalisé auprès des Français, en novembre 1998, « les mouvements étudiants de Mai 68 » arrivaient en seconde position, juste derrière la Seconde guerre mondiale, en tant qu’événement marquant du XXe siècle, confirmant ainsi l’intuition légitime que 1968 marque une étape essentielle dans l’histoire de France . Mais rappelons nous pourtant le discours de Bercy, le 29 avril 2007, dans lequel le futur Président de la République déclarait alors : «L'héritage de Mai 68 doit être liquidé une bonne fois pour toutes.»
Des paroles en l’air : Nicolas Sarkozy faisait de Bernard Kouchner, un des acteurs de Mai 68, son ministre des Affaires étrangères.
Néanmoins, lorsque la droite se résigne à accepter l’héritage de Mai 68, c’est au prix d’ amalgames nauséabonds . La droite d’aujourd’hui n’est en rien héritière POLITIQUEMENT des mouvements sociaux de Mai 68, mais au contraire de la réaction gaulliste du 30 mai et de juin 1968. Qu’est-ce que l’UNI ? Une association étudiante créée à partir des SAC, les Sections d’Actions Civiques, réputés pour leur extrémisme. Qui était responsable du SAC en 1968 ? Charles Pasqua. Avec qui Nicolas Sarkozy a fait ses premières classes politiques ? Charles Pasqua. De qui s’est entouré Nicolas Sarkozy dans sa conquête du pouvoir ? D’anciens membres d’Occident (groupe d’extrême droite) comme Patrick Devedjian qui répandaient la violence dans le mouvement social. On comprend que Nicolas Sarkozy veuille liquider l’héritage de ce Mai 68-là…
Le premier mensonge de la droite concerne le mouvement social de 1968 en lui-même . C’est en fait toujours la même argumentation propre à la droite. De Mai 68 au mouvement contre le CPE de 2006 : les mouvements sociaux seraient le fait d’une minorité contre une majorité silencieuse . Hélas pour la droite, en ce qui concerne Mai 68, les faits sont là : l’opinion publique était favorable au mouvement étudiant à ses débuts, c’est l’absence d’issue politique immédiate qui conduira l’opinion publique à se retourner. En outre, le 22 mai, on décompte plus de 8 millions de grévistes : il est donc absurde de parler de majorité silencieuse. Enfin, n’oublions pas que, même après la manifestation du 30 mai, de Gaulle est de moins en moins populaire chez les Français. Il démissionne d’ailleurs en avril 1969.
Le second grand mensonge de la droite est de faire croire que Mai 68 aurait ouvert l’ère du laxisme généralisé . Cette thèse résume toute la pensée politique d’un « philosophe » comme Luc Ferry. Il est navrant de voir ici se confondre laxisme et liberté. Mai 68, c’est en effet d’abord la libération de la parole. La libéralisation de l’ORTF est probablement la conséquence la plus palpable de Mai 68. Libération de la parole donc et contestation de l’autoritarisme, de l’impérialisme et du totalitarisme ; les cibles sont claires : le PCF et le pouvoir gaulliste. Sans cette libération de la parole qui s’est exercée de manière non-violente, un certain nombre de droits aujourd’hui acceptés par tous n’auraient pu être conquis. C’est après Mai 68, durant les années 1970, que les mouvements pour la libération sexuelle, les mouvements féministes, les avant-gardes culturelles gagneront la reconnaissance de ces droits. Aujourd’hui, si la France connaît une si grande vitalité associative, c’est grâce à Mai 68 qui a permis à la société civile de s’imposer comme le contre-pouvoir par excellence à l’Etat et aux entreprises.
La droite aime l’opportunisme. Pour attaquer Mai 68, elle récupère aujourd’hui à son compte le discours du PCF d’alors : les soixante-huitards aujourd’hui seraient les garants de l’ordre établi . C’est le troisième mensonge. Les soixante-huitards se seraient embourgeoisés (la droite parle de « bobos », vocable emprunté à l’extrême droite d’ailleurs) et auraient trahi leur « cause » en se vendant au néolibéralisme. C’est un argumentaire de café du commerce.
D’abord, il n'y a pas de portrait type du soixante-huitard . Les soixante-huitards sont ceux qui ont participé aux mouvements sociaux de l’année 1968 et à leurs suites jusqu’à la fin des années 1970 : « génération 1968 ». Ensuite, les soixante-huitards ne sont pas exclusivement représentés par les anciens membres très médiatisés aujourd’hui du courant de la gauche prolétarienne (à l’époque à la remorque du mouvement). À côté de cela, il y a le courant libertaire et le courant deuxième gauche (la CFDT). Enfin, il n’y avait pas pour la majorité des soixante-huitards de « cause » : la prise de pouvoir n’a jamais été l’objectif du mouvement de Mai. L’esprit de Mai était tout autre : il s’agissait de renverser des ordres établis certes, mais surtout d’amorcer un processus de démocratisation de la société et de libéralisation des mœurs. Et donc de ce point de vue-là, les soixante-huitards ont atteint leurs objectifs.
Un dernier mensonge honteux de la droite : celui d’ imputer à Mai 68 un soi-disant fossé entre les générations . Pour la droite, les soixante-huitards avaient tout, mais voulaient plus. Mai 68 leur aurait donné bonne conscience et permis d’obtenir le meilleur pour leurs enfants ce qui aurait sapé l’envie de s’engager des générations successives. C’est ce que résume le fameux slogan, « les soixante-huitards ont à leur tour légué un héritage lourd pour notre jeunesse », du site de l’UMPGE. Ce raisonnement est faux, bien entendu. En effet, en 1968, il y avait bien un malaise : il s’est traduit par le mouvement social. Et si les soixante-huitards ont obtenu mieux pour leurs enfants, ce n’est pas pour les empêcher d’être, eux aussi, jeunes. D’une part, tous les jeunes n’ont pas vu leurs conditions s’améliorer : on pensera aux jeunes des banlieues que la droite a définitivement oubliés. D’autre part, les jeunes après Mai 68 ont continué de s’engager comme l’a montré le mouvement contre le CPE en 2006.
Et la gauche quand même dans tout ça ?
Longtemps, il est vrai que le Parti Socialiste a considéré d’un œil soupçonneux Mai 68. D’ailleurs, le PS dans sa majorité n’est pas issu d’une gauche héritière de 1968 et s’est donc bien gardé d’y faire référence. Mais tout cela a changé aujourd’hui. Avec le meeting de Ségolène Royal, en mai 2007, au stade Charléty, le PS acceptait officiellement l’héritage de Mai 68.
Mai 68 a donc laissé un héritage à tous les Français , en faisant de l’engagement une démarche accepté par tous. Mais, nous qui sommes jeunes, savons que les combats de notre génération sont différents de ceux de la génération 1968 . Nous n’imiterons pas nos parents car les sujets sur lesquels s’engager sont propres à notre temps. Nous n’avons pas renoncé à l’engagement car nous savons que des grands chantiers doivent encore être menés pour améliorer notre quotidien. Il y en a au moins deux qui mobilisent les jeunes, au-delà des barrières politiques : c’est la lutte contre la précarité et la construction européenne . Mais ce sont aussi ces deux chantiers-là que la droite a définitivement oubliés...
Diego Melchior - Section PS Sciences Po

1968 : diversités internationales et convergence nationale - suite et fin
04/05/2008
La diversité oubliée des "soixante-huitards".
La "haine" de mai 68 chez les "conservateurs".
1968 à Berlin, et les liens entre les mouvements estudiantins à travers l'Europe : "un petit complot international".
1968 : diversités internationales et convergence nationale - épisode 6
04/05/2008
La position de Simone Veil.
Suite de l'analyse des représentations actuelles de mai 68 d'après le sondage du Nouvel Observateur.
L'éclipse de la grève générale ouvrière par la révolte étudiante dans les souvenirs.
1968 : diversités internationales et convergence nationale - épisode 5
04/05/2008
Le soixante-huitard : ses enfants qui s'expriment aujourd'hui, les représentations et les clichés.
Retour sur le sondage réalisé par le Nouvel Observateur sur l'héritage de mai 68.
Les remises en question : la position de Nicolas Sarkozy, les "frustrés" et les "antis".
Julien Dray, un "fétiche écrasant".
1968 : diversités internationales et convergence nationale - épisode 4
03/05/2008
L'influence culturelle américaine sur 68.
La sélectivité de la mémoire : un mouvement qui dans les consciences reste avant tout culturel et estudiantin.
La multiplicité des ouvrages sur le sujet et la stratégie du monde de l'édition.
1968 : diversités internationales et convergence nationale - épisode 3
03/05/2008
68 : un mouvement multidimensionnel, qui, dans le monde entier, s'étend dans toute la sphère économique mais aussi artistique.
Une spécificité française : la jonction du mouvement étudiant et d'une grève générale d'une ampleur inédite.
Les liens entre 68 et l'altermondialisme.
Mai 68 réinvestit le Théâtre de l'Odéon : quel monde pour demain ?
06/05/2008
A l'occasion du quarantième anniversaire des événements de Mai 68, l'Institut national de l'audiovisuel et le Théâtre de l'Odéon, haut lieu de ce mouvement, souhaitent faire entendre les résonances de ce temps fort de l'histoire de France et du monde.
Le rôle des médias dans les événements de mai 68, les frictions du Théâtre et du Cinéma, la persistance du refus et de la résistance comme modes d'expression politique aujourd'hui seront questionnés par des plateaux d'artistes et d'intellectuels, de Naomi Klein à Marie-José Mondzain.
Emmanuelle BEART lira "...et si les fourmis n'étaient rien sans les cigales...", conférence sur l'économie d'après des textes de Bernard MARIS, le samedi 10 Mai à 21h.
« Voici venu le temps d'affirmer, contre les économistes, que l'inutilité crée de l'utilité, que la gratuité crée de la richesse, et que l'intérêt ne peut exister sans le désintéressement ».
Coproduction Odéon-Théâtre de l'Europe, France Culture.
Tarifs de 5€ à 12€. Réservation: theatre-odeon.eu / 01 44 85 40 40 / fnac.com
Exceptionnel : le blog '68 vous fait gagner des places ! Pour les premiers à se manifester à cette adresse : florent.chauvin@theatre-odeon.fr !
Pour consulter le programme complet des manifestations du 10 au 26 Mai
1968 : diversités internationales et convergence nationale : épisode 2
02/05/2008
La suite de la conférence du CEVIPOF du 14 avril. Une présentation des précédents aux Etats-Unis, en Allemagne. L'importance de la guerre du Vietnam dans la contestation internationale.
1968 : diversités internationales et convergence nationale : épisode 1
03/05/2008
Le CEVIPOF organisait le 14 avril une conférence sur le thème "1968: diversités internationales et convergence nationale" . Voici un premier extrait du débat autour de l’ouvrage Dictionnaire de mai 68, dirigé par Jacques Capdevielle et Henri Rey, (Paris, Larousse, mars 2008). D'autres extraits suivront dans les jours à venir.
Interview de Julien Dray : Mai 68 m'a ouvert les yeux en politique
30/04/2008
Une interview de Julien Dray, porte parole du parti socialiste. L'occasion de replacer mai 68 dans son contexte et de faire un bilan des conséquences à long terme du mouvement.
Retrouvez d'autres interviews de personnalités marquantes sur www.rsp.fm, le site de la Radio des Etudiants de Sciences-po.
Bien, ça fait 40 ans, et alors ?
28/04/2008
« Alerte, l’engourdissement guette Sciences-po ! »
Ces mots flottent, parmi d’autres, sur un mur du hall de notre vieille maison. Rue d’Assas, sur un mur de la faculté de droit on lit : « Comité civique demande bonnes consciences pour délations ». A Nanterre on souhaite : « Bientôt de charmantes ruines » et on l’écrit sur un mur. Et on scande : « Vivre sans temps morts, jouir sans entraves. »…
Quarante ans en arrière le mois de Mai fit trembler la vieille République gaullienne dans ses charentaises et manqua lui faire rechausser ses bottes pour se solder finalement par la plus belle sortie de chaussettes à clous de la Vème République.
Bien, ça fait 40 ans et alors ? Une amie, qui n’est pas de gauche, me disait hier : « Mai 68, qu’est-ce que vous en avez à faire ? ». C’est une bonne question, à laquelle je vais essayer d’apporter un brin de réponse.
Mai 2008, les barricadiers de la rue Soufflot au Panthéon !
Je pense que quand on est de gauche on a, quelque part au fond de soi, le palais de la Modena en flammes, s’effondrant sous les bombes du fascisme. Je pense qu’au fond de son placard on a, enfoui sous la glorieuse poussière du souvenir, le feutre de Léon Blum et un poil de barbe de Jean Jaurès, comme talismans ! Je pense que l’on se prend à relire avec émoi les discours de Clemenceau ou de Badinter sur l’abolition de la peine de mort. Et dans l’album photos, entre les clichés vieillis de la Commune et ceux, numériques, de la dernière campagne présidentielle, sont glissés quelques images de Mai : des CRS, des pavés, des slogans, des filles souriantes et des garçons aux cheveux longs,…
Cela s’appelle la mémoire politique, l’héritage. Ce sont des symboles. Cela fait partie de l’esthétique, de l’engagement de gauche. J’entends déjà ricaner… « On la voit la gauche, archaïque, regardez, elle a 40 ans de retard, voire plus. Mais modernisez-vous bon sang ! ».
Là est une différence cruciale. Mai 68 est pour moi et ceux de mon camp un souvenir romantico-politique. Mais nous ne rêvons pas de faire aujourd’hui Mai 68, tel n’est pas notre programme. Et nous ne sommes pas le parti d’une faction. Nous sommes le parti de tous et d’aujourd’hui. Et si sur les photos de Mai, je me sens plus proche de l’ouvrier gréviste que du CRS, je vois malgré tout deux victimes d’un système qui méritait d’éclater. Et mon souhait est que la société soit organisée de telle manière à ce que les matraques et les pavés n’aient plus à se parler de manière aussi musclée, pour ça il faut réformer la société, progresser sur le chemin de l’égalité des chances et des droits, de la justice sociale et de la liberté politique. C’est pour ça que je suis socialiste, je me sens du côté des grévistes de 68 parce que je vois l’injustice contre laquelle ils se sont élevés et je souhaite qu’à l’avenir de tels soulèvements ne soient plus nécessaires car, hélas, ils opposent les victimes aux victimes…
Mais qui donc a 40 ans de retard ? Qui rêve encore de Mai 68 ?...
Apparemment nos adversaires en font des cauchemars. Et j’irai plus loin, pour eux ce souvenir fonde une politique. Une politique d’ordre et de sécurité, une politique de la matraque bien plus que de la libération sexuelle… Mais parce que la droite d’aujourd’hui s’est bien rendue compte que « jouir sans entrave » est plus agréable, au fond, que de « travailler à la sueur de son front » et d’ « enfanter dans la douleur », en menant cette politique elle n’a même plus l’honnêteté de tante Yvonne. Son discours est encore plus étrange que celui de ses vieilles années. Il s’agit de faire comprendre que certains ont le droit de jouir, parce qu’ils occupent certaines places dans la société et que d’autres doivent travailler toute leur vie pour mériter la montre, la belle voiture et le reste…
Alors qu’avons-nous à faire de Mai 68 ? Et bien pour nous c’est un symbole et une étape dans le progrès de notre société. Nous sommes en paix avec Mai 68, ni triomphateurs, ni revanchards, le passé c’est le passé comme on dit. Mais en face… Et bien en face ils ont plus de problèmes, il faut les comprendre. La liberté de tous les effraie un peu, parce qu’elle fait de l’ombre à la sacro sainte autorité, surtout quand elle est liberté de jouissance et d’épanouissement. Mais en même temps, le droit au bonheur et au plaisir c’est tentant… Et pourtant, c’est coupable, parce que jouir est un péché. Alors on retrouve les bonnes vieilles recettes de la bigoterie : le mérite, le travail, la souffrance, l’effort avant le réconfort, le devoir des uns et le droit des autres…ou l’hypocrisie, tout simplement…
Mai 68 n’est pour nous ni un programme, ni une question, ni un problème. C’est un fait, une étape, un pas. Il y a du bon et du mauvais, dans la méthode et dans le fond. Mais telle n’est pas la question du jour. Dans la société de XXIème siècle les héritages de Mai ont eu le temps de passer à travers le tamis de l’histoire et des différents gouvernements. Ce qui reste n’est pas contestable, ce sont des progrès démocratiques : la femme doit être l’égale de l’homme, ils doivent tous les deux être libres sexuellement, pouvoir maîtriser leurs corps et leurs vies et avoir le droit au bonheur et à l’épanouissement, quelle que soit leur position sur l’échelle sociale, librement.
Vouloir solder cet héritage, c’est être rétrograde. Vouloir en profiter pour soi en privant une partie de la société de la possibilité matérielle d’exercer ces droits, c’est ne même pas avoir le courage de ses idées. Si on n’est même pas capable de s’appliquer à soi même les principes que l’on veut appliquer à la société, c’est que l’on reconnaît qu’ils sont mauvais. Je ne reproche pas au Général d’avoir voulu étouffer Mai, il allait en week-end à Brégançon en DS, parfois au péril de la vie des poulets de tante Yvonne… Mais de ceux dont la vie illustre l’héritage de 68 j’attends qu’ils ne prétendent pas que ces principes sont nocifs pour la société. Du temps de l’UDR un préfet divorcé était mis à la retraite d’office, je ne regrette pas cette époque, je comprends qu’on veuille mener une vie plus moderne. Mais dans ce cas, que tous puisse mener le même type de vie s’ils le souhaitent.
Aulne Abeille
Trésorier de la section PS Sciences Po
Mai 68 : et la gauche créa l'UNI
28/04/2008
Mai 68. La rue se soulève, les étudiants s'affirment, le général disparaît. Baden-Baden. Le président en Allemagne. La France désorientée. Nanterre, La Sorbonne, Saint-Michel. “La liberté gagnera”, pensait-on. Et l’on pensait bien. La liberté gagna les universités, mais d'une façon dont nul ne parle.
Une révolution éclata et le 30 mai, elle modifia la donne. Ceux qui se taisaient ont fait entendre leur voix, légitime elle aussi ! Ils ont repris la rue comme on libère Paris. Ils ont manifesté de Concorde à Étoile. Dans le calme, dans la paix, dans l'ordre, mais debout tout de même. Ces parias de la revendication se sont organisés. C’était « l’autre mai 68 » : celui de la naissance de la droite universitaire.
Jeune et de droite, un oxymore ?
Mai 2008. Nous y sommes. Après quarante ans de combats, que reste-t-il de cette droite universitaire ? Des fantasmes. Des idées reçues. À Sciences-Po, antre d'une jeunesse politisée, il est même un topos qu'on se murmure comme un réflexe : “ils sont à droite, très à droite”. L'euphémisme est parfait, mais l’esprit critique est mort. L'UNI, première organisation étudiante de droite, serait le symbole d'un anti-soixante-huitardisme réactionnaire, profondément conservateur, liberticide ! “Être jeune, c'est être à gauche” entend-on souvent sur les bancs du 27 et les plateaux de TF1. Non. Être jeune, c'est avoir l'espérance pour religion, l'action pour mot d'ordre, le changement pour leitmotiv.
Les plumes s'activent et interviewent pêle-mêle hommes d'histoire, hommes de pouvoir et hommes de média. Il est de bon ton de glorifier l'événement comme on glorifie Ernesto Rafael Guevara, sans le moindre recul. Il est bien vu de tagguer, pour l'Histoire, à l’envie, quarante ans après, sur les murs d'aujourd'hui les slogans d'autrefois. Sous les pavés la plage. Interdit d'interdire. CRS-SS. Nous y sommes. L'héritage de 68 ? La persistance d’une assimilation toujours trop rapide entre la droite et son ennemi de l'extrême. La maladie persiste et l'UNI, la droite universitaire, voit son opposition de gauche souffrir à son tour de ce mal héréditaire : intolérance politique, vérole d'aujourd'hui. A nous de la combattre. A nous de porter un autre message sur mai 68.
Pour autant, ne soyons pas manichéens : 68, c'est aussi l'audace de la jeunesse. Alors j'ose : l'héritage de 68, je m'en revendique autant que je critique les soixante-huitards. 68, c'est le peuple français qui offre à la droite parlementaire sa plus belle majorité. 68, ce sont ces étudiants qui refusent le diktat de la gauche et qui – enfin ! – l'assument. 68, c'est une prise de conscience réelle, collective, sincère, qu'il y a partout des jeunes que l’amour pour la liberté pousse à refuser l’égalitarisme destructeur. 68, c'est la naissance, en réaction mais vers le progrès et la liberté politique, du premier vrai syndicat étudiant de droite. 68, c'est nous. C'est la droite universitaire. 68, c'est la gauche qui crée l'UNI.
Mai 2008, les 40 ans de la droite universitaire.


Tout cela, la droite universitaire veut le dire. Ce blog, c’est une occasion unique pour nous, celle de pouvoir enfin parler de l’autre mai 68, celui que vécurent tous les étudiants de droite et du centre. C’est l’occasion de faire appel à Raymond Aron afin d’expliquer ce que voulaient vraiment les soixante-huitards. C’est l’occasion de rappeler – avec humour et ironie – ce que sont devenus les leaders du combat avorté contre le libéralisme. Enfin, c’est l’occasion d’expliquer pourquoi, dans nos cœurs comme pour l’Histoire, mai 2008 fêtera moins les quarante ans d’une révolution ratée que le premier anniversaire d’une grande victoire du peuple français.
A voir : l’héritage
de mai 68, un mouvement étudiant de droite qui se mobilise derrière un candidat
aux élections présidentielles :
http://www.dailymotion.com/video/x1m8g3_etudiants-avec-sarkozy_politics
Maxence Mély
Pour l’UNI-SCIENCES-PO
Les JO de Paris en 1968 - RSP Sports à la sauce 68
25/04/2008
Mai 68 est un mythe. Cette légende pourtant bien réelle fut marquée des coups d’épée de ses héros revenus à la mode antique. Avec certes des talons d’Achille mais aussi -et surtout, le talent d’Echille, ces acteurs lumineux ont écrit une page de l’histoire. Pour les humbles sportifs que nous sommes, l’analogie était trop tentante pour ne pas être tentée.
CRS contre jeunes loups, France contre Brésil. Au cœur du quartier latin, deux équipes se livrèrent une lutte redoutable pour conquérir les anneaux de la liberté. A mi-chemin entre la mythologie et le sport pur, cet événement a trouvé une place de choix dans notre imaginaire foisonnant.
Cohn-Bendit, Achille, Zidane. Quand l’un a mal à son talon, l’autre est talonné par la police et le troisième distille ses mystiques talonnades. N’allons pas trop loin cependant, ni le baron rouge ni même le môme de Marseille ne furent plongé dans un quelconque cours d’eau infernal durant leur petite enfance. Lire l’Iliade, se remémorer France 98 ou se replonger dans le bain pourpre de 68 est pourtant quelque chose de troublant et d’intense. Trois histoires à raconter aux générations futures avec leurs lots de violence, de rage, de colère et d’espoir. Le récit, lui, est beau et grandiose : l’Achille étudiant affranchi de l’Agamemnon autoritaire, peut enfin aller tâter du pavé avec ses copains. Juste en face d’un café où la discussion penche souvent à gauche, les jeunes parisiens enchainent les buts en plaçant leurs ballons carrés entre des CRS « potos d’un mois »… et avec vidéo s’il vous plait ! Loin des batailles rangées devant Troie, cette armée jeune et furieuse rassemble les fils spirituels d’Achille et d’Ajax. Pas d’Ulysse ici, le cheval appartient à la police. Mais qui d’Athéna ou d’Arès est le marionnettiste divin qui imprègne
cette armée de toute sa fureur? Aucun doute, si cette foule cheveux au vent devait avoir un guide inconscient, il s’agirait du terrible Dieu de la guerre sanglante.
Pourtant, la réflexion est là. On pense : partout on débat du monde et de l’avenir. Le combat, alors, revêt une toge toute poétique : les sportifs rugueux savent donner le ballon aux fins techniciens, dribbleurs fous et créateurs de jeu. Ils innovent, tâtonnent, cherchent et donnent ce qu’il faut de cœur à cette armée rouge. Bien souvent, c’est à la défense aux crampons aiguisés des CRS qu’elle se heurte. Mais peu importe, tel Sisyphe ces malfrats qui rêvent carmin recommencent encore et encore. Ces pavés dans la mare sont autant de bouteilles à la mer. Un océan de désespoir chahuté par un tsunami d’espérance. Les pavés claquent, cassent, cognent et résonnent dans un monde en pleine destruction créatrice. Le marquage à la culotte est limite fair-play, il faut dire que c’est un peu plus qu’un titre olympique qui se joue. A travers les « lacrymos », on pourrait presque deviner la silhouette décharnée d’Hadès, revenu à la surface du monde pour constater un chaos style Mao.
L’image que nos générations se font de 68 est fantasmée, sûrement. Pourtant, imaginer Krivine -ou un autre, coller un coup de boule à un CRS en finale de Mondial
reste un instant de franche rigolade qu’on imagine si bien qu’il en deviendrait réel. Les acteurs nous ont marqué, les idées pour beaucoup sont restées. Et nous ? Nous, on parle. Le Mai 68 qui se joue dans nos têtes aboutit à un récit un peu fou, désordonné et résolument diffé
rent des autres. Ces Apollons du verbe insolent avaient la même prestance que les plus grands sportifs. Nous autres fanatiques de l’effort sur gazon l’avons bien décelée, cette si subtile dose de courage commune aux meilleurs. Et peu importe si depuis 68 certains combattants se sont révélés daltoniens en passant du rouge aux Verts.
La liberté qu’ils ont insufflée dans la société est le carburant qui nous permet en 2008 de dire tout et n’importe quoi…
Finalement, Mai 68 c’est comme un PSG-Marseille : tout et n’importe quoi.
RSP Sports à la mode soixante-huitarde, c'est là : http://www.rsp.fm/public/index.php?option=com_content&task=view&id=375&Itemid=46
Simon RUBEN, membre de l’équipe RSP Sport
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La communauté version 2008
25/04/2008
Retrouvez les lecteurs mais aussi l'ensemble des contributeurs du blog sur son groupe Facebook !
Voici le lien qui vous permettra de rejoindre LE groupe : http://www.facebook.com/group.php?gid=15276816103&ref=nf
C'est un peu 68 v.2.0, quand l'esprit révolutionnaire hante la Toile !!!
De Mai '68 au CPE : quelle lutte étudiante ?
24/04/2008
Deux mouvements étudiant fondateurs d’une « génération » militante, deux points de repère dans l’histoire de la lutte étudiante. De Jacques Sauvageot à Bruno Julliard, que reste-t-il de mai 68 dans le mouvement de 2006 ?
Ces moments de révolte sont tout d’abord marquants par leur ampleur et leur durée. 3 mois entiers de mobilisations dans les deux cas, et un réel mouvement de masse. 500 000 manifestants le 13 mai 1968, 3 millions le 4 avril 2006 (nombres comparables au vu de l’évolution démographique). Deux mouvements étudiants qui rallient l’ensemble de la population et parviennent à créer l’unité entre étudiants et travailleurs .
Deux mouvements enfin qui se concrétisent par une victoire forte et un recul du gouvernement.
Mais les mots d’ordre sont radicalement différents. D’un côté on met en avant les idéologies trotskistes, anarchistes, situationnistes, on exige une société nouvelle fondée sur d’autres valeurs que celles du capitalisme. De l’autre, on lutte pour ne pas reculer, et non pour avancer. Le CPE c’est la peur d’un statut précaire, d’un déclassement, d’une insertion impossible dans le monde du travail. On se contente de sauver sa peau et d’éviter de tomber encore plus bas. En 2006 le gouvernement rejette l’article qui a mis le pays contre lui, en 1968, le gouvernement cède mais en plus répond aux attentes des étudiants par la loi Faure.
En 1968, la classe étudiante est moins nombreuse et plus aisée. Elle vit en pleines Trente Glorieuses, son avenir est assuré, elle a confiance dans un futur qui ne peut être que meilleur. Le plein emploi est encore d’actualité. Ce qui manque à la jeunesse, c’est une existence plus libre, sexuellement et intellectuellement, et une université adaptée à sa volonté de renouveau et de changement. « Il est interdit d’interdire »… la génération des soixante-huitards est celle des hippies libérateurs. En 2006, la situation sociale des étudiants, désormais 4 fois plus nombreux, est catastrophique. Près de 100 000 étudiants vivent sous le seuil de pauvreté, 1 étudiant sur 2 est obligé de se salarier pour financer ses études, seuls 3% ont accès au logement universitaire, le chômage chez les jeunes s’élève à 23% contre les 9% de la moyenne nationale.
La génération CPE c’est celle qui pour la première fois, craint d’avoir un avenir moins bon que la génération précédente. L’espoir de changer le monde s’est perdu quelque part entre 1968 et 2006, malgré la permanence de la lutte contre un capitalisme débridé et destructeur, pour n’être plus que l’expression d’une détresse sociale profonde.
Mai 68 a sans doute permis à la révolte anti CPE d’exister. C’est un moment de référence pour tout étudiant militant. On peut faire reculer un ministre, on peut obtenir satisfaction par le mouvement de masse. On peut, nous étudiants, défier le pouvoir politique. Mai 68 donne la parole aux étudiants, parole qu’ils ne lâchent pas une seule fois jusqu’au dernier mouvement en date, contre la LRU. Mais cette parole qui servit à changer profondément la société ne peut être aujourd’hui qu’utilisée que pour demander des mesures d’urgence contre une situation sociale intolérable , des mesures concrètes pour rendre la vie moins difficile.
Les grands idéaux ne sont plus à l’ordre du jour, nous n’en avons plus les moyens. Le logement et l’aide sociale ont supplanté les pavés et la plage.
Louisa ACCIARI
UNEF Sciences Po

Concours d'éloquence à Sciences Po : J - 5 !!!
22/04/2008

Vous n'êtez pas sans connaître le concours d'éloquence organisé par les sections et les associations de débat de Sciences Po : les sections PS et UMP, Les Jeunes verts, MoDem & Centristes, mais aussi la conférence Olivaint, les Jeunes européens, Res Publica Nova Sciences Po et Nouvelle donne.
Les premiers discours ont commencé à arriver depuis une quinzaine de jours...
Il ne vous reste plus qu'une semaine pour envoyer votre contribution écrite !
Quels sont les avantages de ce concours ?
- Une publication de tous les discours sur ce blog et sur notre page "concours d'éloquence : que reste-t-il sous les pavés" sur Facebook,
- Une finale filmée par la Radio des étudiants de Sciences Po dans 'amphithéâtre Emile Boutmy le 14 mai prochain, journée de l'engagement politique rue Saint- Guillaume,
- La satisfaction intellectuelle de répondre à une question corsée "Quarante ans plus tard, que reste-t-il sous les pavés ?",
- Le sentiment de participer à quelque chose d'exceptionnel !
Relevez le défi et participez au concours !
L'équipe de sélection des finalistes
PS : toutes les infos sont disponibles sur le site de l'opération : http://mai68sciencespo.blogspot.com
PSS : L'équipe de sélection est composée d'un responsable par associations organisatrices et partenaires. Elle se réunira la première semaine du mois de mai afin de sélectionner les discours des finalistes.
Dupont-Aignan : "Un jour on découvrira les liens entre la CIA et Mai '68"
21/04/2008
Le député de l'Essonne nous livre ici son analyse très personnelle de "cette espèce de fête foraine".
Nicolas Dupont-Aignan, leader du mouvement d'inspiration gaulliste "Debout la République !" défend une certaine idée de Mai 68 que vous pouvez écouter dès maintenant, en exclu pour le Blog'68 Sciences Po.
Interview réalisée par Stéphane Fisch.
Mai '68, un vent de liberté ?
21/04/2008
Mai 68 est à nouveau dans toutes les bouches. Chacun semble en chercher la bonne interprétation ou son propre héritage. Mais qu’était donc mai 68 ? Un chaos organisé par de jeunes casseurs révoltés ou un vent de liberté soufflant sur la tête des étudiants ?
De nombreux éléments me feraient plutôt pencher vers la thèse de la liberté guidant une jeunesse révoltée, gâtée certes, mais incroyablement rêveuse. Une jeunesse dorée qui tout au long de sa vie aura profité d’une conjoncture économique favorable mais qui était aussi emprunt de générosité et rêvait d’égalité, de liberté et de changement. Après tout, Marx n’était-il pas lui-même bourgeois ? Et ne dit-on pas que se sont ceux qui ont le moins connu l’amour qui en parlent le mieux ?
Que nous restera t-il de mai 68 ? Il nous restera tout d’abord la démocratie étudiante qu’aujourd’hui même les lycéens revendiquent et qui permis la création de commissions représentatives à Sciences Po comme la commission paritaire. Mais aussi, la volonté de créer une nouvelle forme d’enseignement plus personnalisé et participatif. Grâce à nos prédécesseurs, nous avons des conférences vivantes. Nous pouvons enfin, plus facilement nous exprimer et proposer nos solutions pour la scolarité dans les plus hautes instances de l’Institut.
Bien sûr, la violence et les pavés ne seront jamais la solution et encore moins à une crise de rébellion de la jeunesse. Evidemment, la grève générale n’est pas le meilleur moyen d’exprimer ses revendications dans une société démocratique. La démocratie étudiante n’est pas plus non parfaite et quand les syndicats étudiants défendent leurs idées, la direction aime à faire la sourde oreille. Mais le progrès est déjà fait dans les relais d’expressions et si nous ne sommes pas toujours entendus, nous sommes au moins écoutés.
Pour les étudiants, ce printemps 68 restera donc plus que le simple caprice d’un groupe de jeunes bourgeois gâtés. « Sous les pavés la plage » et sous les pavés, la liberté à laquelle toute jeunesse aspire et que la génération de 68 a exprimée plus violemment. Quelle fut la différence pour les soixanthuitards ? Un Daniel Cohn-Bendit arrivant au bon moment, les débuts de la libération sexuelle, la guerre du Vietnam, un chef d’Etat vieux et barbon ?
Peut être un peu de tout cela à la fois finalement et si aujourd’hui la jeunesse de mai 2008 n’est pas celle de mai 68, leur héritage est toujours présent.
Jean FREYSSELINARD, 3ème année
Nouvelle Donne
La Chorale Politique et Syndicale fait son show
19/04/2008
L'espace de quelques notes, la Chorale Politique et Syndicale de Sciences Po vous emmène au pied des barricades.
Baissez-vous, les cocktails molotov sifflent autour de vous.
Enregistré à la FNAC le 14 avril 2008.
L'autre mai '68
18/04/2008
40 ans après, notre pays se plonge dans une phase de célébration collective teintée de nostalgie en se remémorant la fraternité des "combats pour la liberté" et l'année de la libération sexuelle...
La France fantasme encore sur cette époque où, jeunes vandales se prenant pour Rimbaud, gauchistes à la mèche rebelle désireux d'imiter le Che, les étudiants dépavaient les rues parisiennes en tagguant les murs de leurs slogans.

* Une Révolution que nul n'avait vu venir...
Commencés "officiellement" avec l'occupation de la Sorbonne le 3, les "évènements de Mai 68" prennent la France de court. La Ve République, celle qui a réussi à surmonter l'épreuve algérienne et qui baigne alors en plein essor économique; cet Etat que tous croyaient solide...chancelle et, après quelques jours, semble en perdition...
Si depuis la Libération, le pays a connu quelques grèves ouvrières dont le caractère insurrectionnel potentiel est connu; nul ne se méfiait alors de ces chahuts estudiantins regardés, encore, avec bienveillance.
En réalité, les mouvances communistes et l'extrême gauche trotskiste et maoïste disposent de la main mise idéologique dans les universités où elles musèlent ces étudiants peu sensibles à la lutte des classes. L'idéologie marxiste dominante est intrinsèquement perverse et destructrice : les forces gauchistes en action ont en fait décidé d'instrumentaliser les universités afin de faire exploser la société et la nation en exacerbant les antagonismes potentiels entre les différentes catégories (enfants contre parents, étudiants contre enseignants, salariés contre employeurs...). Et, les seules voix divergentes qui parviennent à se faire entendre, alors, sont celles des groupuscules d'extrême droite : violents, intolérants...
* La naissance de la droite universitaire en réaction
Survient alors l'autre Mai 68, celui moins médiatisé, souvent moins retenu, qui a vu l'émergence de la droite universitaire, de cette jeunesse de droite qui s'assumait, enfin. L'autre Mai 68, c'est le combat de jeunes gaullistes soucieux de proposer une alternative à l'entreprise marxiste qui prépare en sous-main, par la manipulation de la jeunesse française, la conquête du pouvoir.

Petit courant face à la force de subversion qui grandissait de jour en jour, face à la violence qui s'emparait du pays, la jeunesse de droite s'efforça d'en dénoncer les dangers et de résister au mécanisme révolutionnaire enclenché.

Le défi est d'autant plus grand alors que les quelques centaines de meneurs étudiants ont réussi à favoriser un climat de fête, sorte de belle folie douce durant laquelle on pouvait quasi-impunément jouer à se faire peur...
A la rentrée 1968, alors que la "'révolution de mai" a échoué sur le plan politique, les lycées et universités baignent toujours dans l'agitation. L'Union Nationale Inter-universitaire, dont les statuts sont déposés début 1969 mais qui est très active dès la fin 68, est créée en réaction à cette subversion gauchiste. Elle est envisagée comme une base d'action efficace pour les jeunes de droite, et pose en fondation un réel militantisme de terrain.
Constituée de jeunes, d'universitaires et d'actifs, d'étudiants et d'enseignants, l'UNI se veut être une véritable contre-offensive au communisme, afin de défendre une université "au service de la Nation" et non en faire un lieu de désagrégation sociale. Il s'agissait alors de construire un mouvement national à objectif politique dont le terrain d'action serait l'Université et qui s'étendrait à l'éducation en général, grâce à l'adéquation des forces vives de la Nation.
Marion Canonne
Pour l’UNI-SCIENCES-PO
Le débat continue sur RSP.fm !!!
InMédias plonge dans Mai '68 - édition du 16 avril 2008
24/04/2008
InMédias l'émission qui décrypte l'actualité des médias. Présentée par Bertrand avec Marie, Agnes et Anais.
Cette semaine, inMédias s'invite en mai 68 !
L'équipe de l'émission revient sur les vrais raisons d'aller en médias : le traitement médiatique des sujets brûlants dans l'actu...Toutes les réactions dans un dossier complet.
>> Le médiactu
Quels sont les projets de Christophe Dechavanne pour la nouvelle saison ? La réponse dans le médiactu... Le chateau de la Star Ac a été vendu, l'équipe de l'émission vous dit tout sur la nouvelle saison de la Star Ac sans Alexia et sans chateau... Et un dossier spécial été : quels sont les programmes que vous verrez cet été sur votre petit écran...

>> Le dossier de la semaine
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Marie revient cette semaine sur les vrais raisons de sortir manifester dans la rue... Quel est le traitement médiatique des sujets brulants, expulsions, manifestations lycéennes... Toutes les réactions dans un dossier complet.
>>A la télé cette semaine
RSP vous transporte dans le temps à l'occasion de l'anniversaire de Mai 1968... Ce sera l'occasion pour Agnes de faire un flash back 40 ans en arrière pour son Zapping de Mai.. Le meilleurs de mai 1968 à la télévision en 2008 : "En mai fait ce qu'il te plaît" sur Arte le 15 avril à 21h..
40 après, Agnes nous dira également ce qui s'est passé à la télévision cette semaine.
> >La France vue de l'étranger
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RSP vous fait voyager dans le temps et vous rammène en 1968 avec le traitement des médias étrangers de l'actu française en mai 1968... Cette semaine, c'est le Times dont il s'agit... "La Bataille pour survivre" tel est le titres du Times
L'esprit de mai souffle aussi sur inMédias, le seul décryptage médias d'une radio étudiante...
A écouter sur RSP.fm
==> http://www.rsp.fm/public/index.php?option=com_content&task=view&id=381&Itemid=46
Le débat continue sur RSP.fm, la Radio des étudiants de Sciences Po !
L'Agenda du 16 au 23 avril 1968- 2008
17/04/2008
"L'Agenda, votre hebdomadaire à contenu temporaire"
Voici un Agenda révolutionné et révolutionnaire : le contenu temporaire devient historique.
Découvrez l'actualité parisienne de 1968 et de 2008 pour la semaine à venir.
L'équipe habituelle de l'Agenda accueille trois étudiants contestataires, revenus des profondeurs de l'histoire, pour co-animer l'émission.
Entre slogans pour la liberté sexuelle et critique de la censure, les pavés chauffent.
Tout ça à écouter sur RSP.fm
==>http://www.rsp.fm/public/index.php?option=com_content&task=view&id=380&Itemid=47
Mai...le temps des blocages
16/04/2008
Mai 68 – mai 2008, quel avenir pour les mouvements étudiants ?
Le beau temps revient et la contestation étudiante aussi, RSP (la Radio des étudiants de Sciences Po) se rend au cœur du quartier latin pour couvrir le blocage du lycée Fénelon en protestation contre la loi Darcos. Nous avons pu rencontrer deux des leaders du mouvement étudiant au sein du lycée qui nous parlent des raisons de leur engagement, de l’ampleur du mouvement, de l’usage de la violence et de leur refus de « l’idéal Facebook ».
Pour écouter l’émission rendez-vous sur le site de RSP (la Radio des étudiants de Sciences Po ) : http://www.rsp.fm/public/index.php?option=com_content&task=view&id=378&Itemid=46
Ombeline & Grégoire

nos révolutionnaires la banderole
Mai 68 : vers l’égalité femmes/hommes, bilan, acquis et perspectives.
21/04/2008
En tant qu’étudiantes, nous nous devons de nous interroger de connaître ce combat mené par nos grands-mères ou mères afin de créer une réelle transmission et continuer la lutte pour l’égalité femmes/hommes.
Notre histoire est marquée par le combat des femmes qui se sont révoltées, insurgées questionnées concernant leur rôle ainsi que leur place dans la société. Cette société qui les a trop longtemps laissées dans l’invisibilité.
Rappelons que les femmes en France obtiennent le droit de vote en 1944 qui sera réellement effectif en 1945 avec le vote aux municipales. En 1965, les femmes ont le droit de travailler sans l’autorisation de leur mari. Un tournant a lieu en 1967. Avec la loi Neuwirth, la pilule est autorisée. Celle-ci n’est pourtant pas remboursée par la sécurité sociale et elle n’est pas facilement prescrite. Cette avancée permet tout de même aux femmes de partir à la découverte de leur corps comme à la conquête de leurs droits. On prône l’amour libre, on lit Sade, des AG de femmes où la parole se libère ont lieu.
De nombreux droits restent encore à obtenir comme le salaire- les femmes gagnent en moyenne 1/3 de moins que les hommes à travail égal, le droit à l’avortement. C’est aussi et surtout la nécessité de faire changer un modèle sociétal patriarcal.
En mai 68, les femmes se mobilisent, elles crient des slogans de












