La cuvée 1968, voilà un héritage à liquider
16/04/2008
S’il y a bien un événement de mai 68 que l’on pourra oublier sans trop de regrets, c’est une année 68 désastreuse, « le prototype même d’un mauvais millésime » pour Château Margaux..
Tandis que nos prédécesseurs parsemaient de slogans les murs de la capitale, tandis qu’ils portaient l’imagination au pouvoir, les viticulteurs de France et de Navarre, subissaient les affres d’une météo aussi clémente qu’un CRS envoyé rue Monge dans la nuit du 23 au 24 mai. On leur épargnera les pavés. Un été pluvieux a fait pourrir le raisin, comme nous l’a confié Catherine Giraud, co-propriétaire du Château Grand Corbin, un Saint- Emilion Grand cru classé. D’ailleurs, « tout a été vendu en Bordeaux Supérieur. Vous ne trouverez aucune bouteille en appellation Saint Emilion Grand Cru en 68 parce qu’on a ramassé du pourri ».
Mai 68 a peut-être percé la grisaille d’une société en panne, mais là haut, les nuages sont restés. Même calamité pour Chinon, même fléau pour Vouvray… Le ciel est bel et bien tombé sur la tête (et les vignes) de notre pays.
Après liquéfaction, l’héritage viticole de l’année 68, ce « vin usé », peut-être liquidé sans polémiques, scrupules et autres remords.
Pour plus d’érotisme viticole, rendez-vous en 69 !
Margaux BERGEY
Le débat continue sur RSP.fm, La radio des étudiants de Sciences Po


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