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De Mai '68 au CPE : quelle lutte étudiante ?

24/04/2008

Deux mouvements étudiant fondateurs d’une « génération » militante, deux points de repère dans l’histoire de la lutte étudiante. De Jacques Sauvageot à Bruno Julliard, que reste-t-il de mai 68 dans le mouvement de 2006 ?

 

Affiche 68 Affiche CPE

 

Ces moments de révolte sont tout d’abord marquants par leur ampleur et leur durée. 3 mois entiers de mobilisations dans les deux cas, et un réel mouvement de masse. 500 000 manifestants le 13 mai 1968, 3 millions le 4 avril 2006 (nombres comparables au vu de l’évolution démographique). Deux mouvements étudiants qui rallient l’ensemble de la population et parviennent à créer l’unité entre étudiants et travailleurs .
Deux mouvements enfin qui se concrétisent par une victoire forte et un recul du gouvernement.

 

Mais les mots d’ordre sont radicalement différents. D’un côté on met en avant les idéologies trotskistes, anarchistes, situationnistes, on exige une société nouvelle fondée sur d’autres valeurs que celles du capitalisme. De l’autre, on lutte pour ne pas reculer, et non pour avancer. Le CPE c’est la peur d’un statut précaire, d’un déclassement, d’une insertion impossible dans le monde du travail. On se contente de sauver sa peau et d’éviter de tomber encore plus bas. En 2006 le gouvernement rejette l’article qui a mis le pays contre lui, en 1968, le gouvernement cède mais en plus répond aux attentes des étudiants par la loi Faure.

 

En 1968, la classe étudiante est moins nombreuse et plus aisée. Elle vit en pleines Trente Glorieuses, son avenir est assuré, elle a confiance dans un futur qui ne peut être que meilleur. Le plein emploi est encore d’actualité. Ce qui manque à la jeunesse, c’est une existence plus libre, sexuellement et intellectuellement, et une université adaptée à sa volonté de renouveau et de changement. « Il est interdit d’interdire »… la génération des soixante-huitards est celle des hippies libérateurs. En 2006, la situation sociale des étudiants, désormais 4 fois plus nombreux, est catastrophique. Près de 100 000 étudiants vivent sous le seuil de pauvreté, 1 étudiant sur 2 est obligé de se salarier pour financer ses études, seuls 3% ont accès au logement universitaire, le chômage chez les jeunes s’élève à 23% contre les 9% de la moyenne nationale.
La génération CPE c’est celle qui pour la première fois, craint d’avoir un avenir moins bon que la génération précédente. L’espoir de changer le monde s’est perdu quelque part entre 1968 et 2006, malgré la permanence de la lutte contre un capitalisme débridé et destructeur, pour n’être plus que l’expression d’une détresse sociale profonde.

 

 

Mai 68 a sans doute permis à la révolte anti CPE d’exister. C’est un moment de référence pour tout étudiant militant. On peut faire reculer un ministre, on peut obtenir satisfaction par le mouvement de masse. On peut, nous étudiants, défier le pouvoir politique. Mai 68 donne la parole aux étudiants, parole qu’ils ne lâchent pas une seule fois jusqu’au dernier mouvement en date, contre la LRU. Mais cette parole qui servit à changer profondément la société ne peut être aujourd’hui qu’utilisée que pour demander des mesures d’urgence contre une situation sociale intolérable , des mesures concrètes pour rendre la vie moins difficile.

 

Les grands idéaux ne sont plus à l’ordre du jour, nous n’en avons plus les moyens. Le logement et l’aide sociale ont supplanté les pavés et la plage.

 

 

Louisa ACCIARI

UNEF Sciences Po

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Vos commentaires
Alex | 30/04/2008 à 09:55

De nos jours il n'existe plus la meme fibre revolutionaire qu'en 68...On verra plus le meme engoument populaire et tout le monde le sait....mais la question à se poser c'est : Pourquoi ?...Alor que nous nous trouvons dans une posture sociale et politique quasi identique...aucune réaction vive n'est à souligner...Il en fallait moins en 68 pour voir la population dans la rue...Aujourd'hui la populace francaise se dit que cela n e sert a rien de se jeter dans les rues...car notre gouvernement ne bougera pas d'un pouce...On le voit bien avec les mouvement lycéens qui perdurent depuis 2 mois...qu'a fait le gouvernement...?!..RIEN...Alor je comprends un peu les gens qui n'ont plus la foi d'y croire..de croire à un changement possible...ce gouvernement (et ce c.. de sarko.) à réusi à tuer nos âmes de revolutionnaire....Mais la solution n'est pas dans l'attente d'un nouveau gouvernement..mais plutot....dans nos force de revivre et de relever la tête pour continuer la lutte..car c'est la lutte final...!

Alex...

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