Je me situe dans la catégorie des frustrés des évènements de mai 68, tout simplement parce que j’en ai seulement perçu de loin comme l’écho d’une vague rumeur d’une grève un peu plus longue et plus sérieuse que d’habitude, mais sans plus.
Je suis parti à l’automne 1967 accomplir mon obligation de service militaire dans la coopération technique au Gabon en tant que statisticien. Le travail était passionnant et prenant et il y avait tant de choses à découvrir dans cette culture bantoue qui m’était si étrangère, dans laquelle j’étais immergé par une enquête sur la consommation des ménages à Libreville, que mon intérêt pour l’actualité française était alors très secondaire.
En fait les communications avec la France n’étaient pas bonnes et je n’avais pas de radio performante pour accéder, par les ondes courtes, à l’information sur l’actualité française. Je recevais peu de courrier. La principale source d’information était l’affichage à l’ambassade de France des dépêches de l’AFP.
L’information sur la France était alors verrouillée localement par l’ambassadeur de France, un Gaulliste pur et dur, M. Delaunay, qui n’admettait pas la contestation du Gaullisme et qui apportait un soutien sans faille au Général. A la moindre occasion, il ouvrait à l’ambassade un manifeste de soutien au Général de Gaulle que les résidents français, qui pouvaient avoir besoin des services de l’ambassade, avaient intérêt à signer.
Pendant tout le temps qu’ont duré les évènements de mai 68, les dépêches de l’AFP ont été censurées de toute information pouvant laisser penser qu’un mouvement de contestation avait lieu en métropole et je crois même que leur publication a complètement cessé pendant un moment.
Ce n’est que lors de mon retour en France à l’été 69, en observant combien certains membres de ma famille ou des amis avaient changé que j’ai réalisé qu’il s’était réellement passé quelque chose en France en mai 68 !
Je me situe dans la catégorie des frustrés des évènements de mai 68, tout simplement parce que j’en ai seulement perçu de loin comme l’écho d’une vague rumeur d’une grève un peu plus longue et plus sérieuse que d’habitude, mais sans plus.
Je suis parti à l’automne 1967 accomplir mon obligation de service militaire dans la coopération technique au Gabon en tant que statisticien. Le travail était passionnant et prenant et il y avait tant de choses à découvrir dans cette culture bantoue qui m’était si étrangère, dans laquelle j’étais immergé par une enquête sur la consommation des ménages à Libreville, que mon intérêt pour l’actualité française était alors très secondaire.
En fait les communications avec la France n’étaient pas bonnes et je n’avais pas de radio performante pour accéder, par les ondes courtes, à l’information sur l’actualité française. Je recevais peu de courrier. La principale source d’information était l’affichage à l’ambassade de France des dépêches de l’AFP.
L’information sur la France était alors verrouillée localement par l’ambassadeur de France, un Gaulliste pur et dur, M. Delaunay, qui n’admettait pas la contestation du Gaullisme et qui apportait un soutien sans faille au Général. A la moindre occasion, il ouvrait à l’ambassade un manifeste de soutien au Général de Gaulle que les résidents français, qui pouvaient avoir besoin des services de l’ambassade, avaient intérêt à signer.
Pendant tout le temps qu’ont duré les évènements de mai 68, les dépêches de l’AFP ont été censurées de toute information pouvant laisser penser qu’un mouvement de contestation avait lieu en métropole et je crois même que leur publication a complètement cessé pendant un moment.
Ce n’est que lors de mon retour en France à l’été 69, en observant combien certains membres de ma famille ou des amis avaient changé que j’ai réalisé qu’il s’était réellement passé quelque chose en France en mai 68 !
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