Bienvenue sur Tegami... mais Tegami c'est quoi?
09/03/2008
Alors que l'on entend parfois que le manga commence à s'essouffler, souvent qualifié au passage de "phénomène de mode", celui-ci, au même titre que le rock dans les années 60-70, ne cesse de s'étendre et de nourrir la culture occidentale. Alors le Japon, nouvelle Amérique ? Pas seulement, car c'est bien l'Asie dans son ensemble qu'il faut désormais considérer : la montée en puissance des dessinateurs coréens, chinois et bientôt thaïlandais, le succès des films venus d'Extrême-Orient, l'arrivée de la J-pop (voir de l'A-pop!), l'explosion du jeu-vidéo, la tenue d'événements et de festivals de plus en plus nombreux chaque année...Tout cela semble démontrer qu'il faut désormais envisager le manga, et tout ce qui s'y rapporte, comme une culture à part entière, ni meilleure ni pire que les autres, mais particulièrement riche et vivante.
C'est pourquoi Tegami ambitionne modestement de vous faire partager nos coups de coeur sur des mangas, des jeux-vidéos, ou des films (anime ou live), qui nous auront enthousiasmés. Ici point de "spécialistes", mais un réel plaisir de parler de cette culture que nous aimons, et pourquoi pas, au passage, tordre le cou à certaines idées reçues dans ce domaine. Autant dire aussi que nous comptons sur vous pour réagir et nous faire part de vos impressions.
Sur ce, bienvenue sur Tegami, et bonne lecture.
Guillaume, Fnac St-Lazare.
Tous à Japan Expo 2008!
27/06/2008
Le Festival des festivals est de retour!
Du 3 au 6 juillet 2008, Japan Expo pour sa 9eme impact, investit le Parc des Expositions de Paris-Nord Villepinte, un endroit à la mesure de sa démesure justement!
Car on a beaucoup lu, vu et entendu au sujet de Japan Expo: immense, mégalo, incontournable, éreintant (prévoir des baskets!), gargantuesque, voir inquiétant (merci M6 au passage!), bref si vous êtes féru d'anime, de manga, de jeux-vidéos, et au-delà du Japon et de l'Asie au sens large, vous ne pouvez passer à côté de cet événement. Et je dirais même que si vous n'y connaisssez rien, ou pas grand chose, venez y faire le grand saut (et aussi la queue impressionnante!), parce que oui indubitablement vous y trouverez de quoi étancher votre passion, ou simplement votre curiosité...
J'ai sous les yeux l'imposant dossier de presse, et croyez-moi, ils vont passer vite ces quatre jours si vous comptez goûter à tout!
Ainsi rien que si vous vous en tenez aux temps forts du festival, déjà là les choix risquent d'être difficiles:
- Parmi les nombreux invités, tant éditeurs que créateurs, sachez que l'immense Gô Nagai sera là en chair et en os... oui, le papa de Devilman, mais plus encore de UFO Robot Grendizer, comprenez Goldorak (le rythme cardiaque des trentenaires vient de bondir! Infirmièreeee!) offrira une conférence publique, en parallèle d'une exposition d'illustrations et d'objets liés au plus célèbre des robots géants, apparu sur nos tubes cathodiques il y a de cela maintenant 30 ans!
- Autre anniversaire, autre grand moment, pour ses 40 ans d'existence, l'hebdomadaire nippon Shonen Jump, et son éditeur la Shueisha (Dragon Ball, Naruto, ... excusez du peu!), outre une exposition rétrospective et des animations, n'est pas venu seul puisque Takeshi Obata, auteur de Hikaru no Go, et du manga phénomène Death Note, sera aussi du voyage et en dédicaces. Bain de foule en prévision donc!
- Et parce qu'à festival d'exception, invité d'exception, sachez également que le grand Kazuo Koike, légende vivante du manga, scénariste entre autre de Lone Wolf and Cub et Crying Freeman, sera lui aussi présent, les bras chargés de merveilles, puisqu'une exposition de ces travaux, ainsi que ceux de ces nombreux élèves et amis, vous sera proposé durant ces quatre jours. Une occasion qui ne se représentera peut-être pas...
- Et comme on parlait plus haut des trentenaires: en parallèle de son retour à la télévision sur une chaîne de la TNT, notre Dorothée nationale, bien connue des télé-phages, sera elle aussi présente et heureuse, nous dit-on, de pouvoir rencontrer ses fans, mais aussi les nouvelles générations venus grossir les rangs des amoureux du domaine.
Et ce ne sont là que quelques invités de marque, sachant que toutes les maisons d'édition présentes auront à coeur d'organiser des rencontres-dédicaces avec un ou plusieurs auteurs de leurs catalogues... En gros si vous ne revenez pas du Japan Expo avec ne serait-ce qu'une signature ou un dessin, ça sera entièrement de votre faute! (Ah, pourquoi n'ais-je pas fais la queue l'an passé pour obtenir une dédicace de la charmante Shimizu Aki?!!)
A propos d'éditeurs, ceux de l'animation ne seront pas en reste pour nous faire découvrir, en marge de leurs catalogues DVD, quelques nouvelles séries fraîchement acquises et dont ils ont réservé la primeur au festival. Planning, avant-premières, conférences avec les producteurs, etc. bref un rendez-vous marquant pour les amoureux d'anime, et du Septième Art en général.
L'occasion ainsi de rencontrer, lors de nombreuses conférences, des artistes et collaborateurs du domaine, comme Munehisa Sakai (séries Ge Ge Ge no Kitaro, One Piece, ...), Toshihiro Kawamoto (chara designer de Cowboy Bebop, Wolf's Rain ou Urusei Yatsura aka Lamu), ou encore Yoshiyuki Sadamoto, l'illustrateur officiel notamment de Neon Genesis Evangelion et de La Traversée du Temps.
Après l'image, le son avec la musique très présente lors du festival grâce aux concerts. Sans vous donner ici l'intégralité du programme, soit plus de dix prestations quand même, ne ratez pas le groupe Scandal, ni Ra:IN (les fans de X-Japan seront aux anges!). Et mention spéciale et amicale pour l'éditeur de B.D. chinoise (manhua) Xiao Pan, dont deux dessinateurs de talent, Benjamin et Lu Ming, interviendront en direct sur scène pendant le concert de Dead Sexy Inc, groupe d'électro-rock français (le jeudi 3 juillet à 17h15).
Les amateurs de mode ne sont pas oubliés, puisque qu'un grand défilé est organisé par Laforêt Harajuku, magasin japonais comparable à nos Galeries Lafayette, le samedi 5 juillet. Cerise sur le gâteau, un village Laforêt Harajuku proposera, sur près de 400 m², des vêtements à la vente. la mode de Tokyo à deux pas de Paris en somme... Les fashions victims apprécieront, à n'en pas douter!
Comment quitter les espaces scéniques sans vous parler de l'activité reine de Japan Expo, à savoir le cosplay? C'est sans doute aucun l'attraction phare et la plus folle que vous verrez là-bas.
Si d'aucuns ignorent encore ce qu'est le cosplay, je me bornerai ici à reprendre la définition donnée par les organisateurs: "un concours de déguisement (de l'anglais Costume Playing), où le but est de reproduire le plus fidèlement possible un personnage de dessin-animé, de film, de jeu-vidéo, de bande-dessinée, etc"
Définition claire et nette, mais qui en l'état ne peut pleinement retranscrire cette activité bon enfant à l'ambiance survoltée. Il faut le voir pour le croire, et je vous engage, avant tout jugement hâtif, à venir y jeter un coup d'oeil. Dépaysement garanti je vous assure!
Si les cosplayers vous intimident, peut-être préférez-vous assister à des matchs de catch. En effet depuis deux ans Japan Expo, avec l'aide des activistes de l'association ICWA, vous invite à découvrir ce sport spectacle vivement apprécié au Japon (sous le nom de "puroresu"). N'étant pas moi-même très friand de sport, j'ai eu la curiosité d'aller voir cette activité, et bien je ne peux que vous encourager à faire de même tant le show est total et particulièrement divertissant.
Enfin pour ceux qui optent pour le combat par procuration, un espace jeux-vidéos plus que conséquent, Japon oblige, vous permettra de tâter du paddle (mais pas plus de quatre heures, y faut pas d'abus!). En dehors des nombreuses compétitions associatives et bornes de démos gratuites, sachez que Namco Bandai présentera, via le président du studio de développement CyberConnect2, Hitoshi Matsuyama , le tout nouvel opus de Naruto (Ultimate Ninja Storm) prévu sur PS3. Démo jouable et concours à la clé nous promet l'éditeur!
A noter également que Soul Calibur IV, attendu comme le messie par les afficionados du jeu de baston, sera présenté par deux chara designer exceptionnels et mondialement connus j'ai nommé Yataka Izubuchi (patlabor, Gundam) et le fameux mangaka Oh Great! (Enfer et paradis, Air Gear).
Mais Japan Expo c'est aussi, à côté de la fureur des activités pugilistiques pré-citées, la présence d'une foultitude d'exposants. Editeurs professionnels du plus grand au plus modeste, fanzinats, boutiques de goodies et vêtements, associations linguistiques et/ou culturelles, etc
Loin du brouhaha et de l'electricité des autres espaces du festival, vous pourrez y découvrir l'art floral (ou ikebana), la cérémonie du thé (chanoyu), l'origami ou encore la calligraphie (shodo), des démonstrations de cuisine, d'arts martiaux, ou d'instruments de musique traditionnels, et tant des choses encore qui font du Japon une terre de contraste fascinante.
Plaisir d'offrir, joie de recevoir, en conséquence de quoi pensez à prévoir un petit budget, car difficile de résister aux solicitations mercantiles du festival. Livres, DVD, CD, posters, figurines de collection, peluches, t-shirt, etc. bref la caverne d'Ali Baba pour les chercheurs de goodies de toute sorte.
D'ailleurs à titre personnel je vous signale que les éditeurs et boutiques DVD permettent de faire de très bonnes affaires, du genre trois pour deux et autres rabais, voilà une bonne excuse pour commencer ou compléter une série d'anime... Dernier point, un peu négatif celui-ci par contre, en ce qui concerne la restauration sur place qui ne m'avait pas du tout convaincu les années précédentes. Mais nul n'est parfait, comme on dit, et gageons que cet année il en sera tout autrement.
Voilà j'espère vous avoir donné envie vous aussi de vous rendre à Japan Expo, car comme je dis souvent autour de moi, allez-y ne serait-ce que pour la découverte de cet univers, son côté spectaculaire et ses activités sympathiques. Et pour tout vous dire, ce que moi j'aime le plus lors du festival, en dehors bien sûr des cosplayeuses (!!!?), ce sont ces gamins entrainant leur parents médusés de stands en stands... La jeune génération est d'instinct mangaphile, elle a tout compris, alors faisons comme elle et du 3 au 6 juillet tous à Japan Expo!
Je tiens à remercier Roxane Kwok, du service communication du festival, sans qui cet article n'aurait pas été possible.
Guillaume, Fnac St-Lazare.
site officiel Japan Expo. (planning et renseignements complets)
A ne pas rater!
22/05/2008
Je vous disais il y a de ça un moment tout le bien que je pensais de la bande-dessinée chinoise, et en particulier des travaux proposés par les éditions Xiao Pan... Et bien sachez que pour la sortie imminente du recueil Chroniques de Pékin, la Fnac et la galerie Arludik (12-14, rue St-Louis en l'Ile, Paris 4e) proposeront en collaboration une expo-vente de planches originales et signées de la main des différents artistes qui composent cet ouvrage. Rendez-vous donc à la Fnac Montparnasse, sis rue de Rennes (Paris 6e), à partir du 17juin jusqu'au 30 août 2008... Un coup d'oeil s'impose pour peu que l'on soit curieux et admirateur de belles choses!
Et, cerise sur le gâteau, une tournée de dédicaces par Benjamin (Orange, Flash,... ) et Lu Ming (Mélodie d'Enfer) est proposée en parallèle, l'occasion de se rendre compte comme le talent de ces deux artistes est proportionnellement égale à leur gentilesse et leur disponibilité: Ils seront présents à la Fnac Montparnasse, le 20 juin à 17h30; à celle de Rouen, le 25 juin à 15h; et enfin à Strasbourg, le 2 juillet à 16h30. Allez-y parce que ce sont là des rencontres rares et précieuses...
Guillaume, Fnac St-Lazare.
Ready? Fight!!!!!
24/04/2008
Ca bastonne sévère chez Kurokawa ces derniers temps!
Toujours désireux d'offrir le meilleur du manga populaire, l'éditeur ne proposait jusqu'à présent aucun titre axé combat au sens sportif du terme (Ceux qui disent Megaman, sortez!). C'est maintenant chose faite avec trois titres qui méritent notre attention.
Le premier, et c'est clairement l'indispensable du lot si l'on respecte un tant soit peu sa bibliothèque manga, n'est autre que le fameux, et tant espéré en France, Hajime No ippo, ou présentement traduit Ippo, la Rage de Vaincre de Morikawa George. Ce titre, outre sa qualité graphique évidente, est à même de réconcilier les amateurs de pugilats et ceux qui recherchent dans le manga autre chose que des combats à répétition.
Ippo, de son prénom, c'est avant tout le destin du jeune Makunouchi, archétype du garçon qui subit la loi des petites brutes de son école, jusqu'au jour où il découvre la boxe et décide d'intégrer un club. Dès lors sa vie prend un tout nouveau départ . Le mangaka Morikawa George, fin connaisseur de ce noble Art et de son milieu, nous fait vivre l'ascension de son héros, avec ses doutes, ses succès et ses échecs, au gré d'une narration prenante et digne d'un roman feuilleton du meilleur goût. C'est toute une philosophie de la vie, et pour ainsi dire une étude sociale, que ce manga propose en vérité, sans jamais pour autant oublier qu'il s'agit avant tout de distraire son public. Peu de titre de la bande-dessinée mondiale parviennent ainsi à un tel équilibre où le plaisir de lecture est indissociable de la réflexion, la forme du fonds.
Que l'on se rassure donc, les combats sont bien là, et le dynamisme du dessin rends hommage à ce sport comme jamais auparavant!
Classique? Oui, déjà.
Culte? Assurément!
Et ce n'est pas pour rien qu'il y eût au japon un avant et un après Ippo. Amateur de boxe ou non, vous ne pouvez ignorer ce manga majeur et enfin disponible de par chez nous.
Autre titre, autre délire: Sumomomo, momomo d'Ohtaka Shinobu, sur le principe de la fiancé envahissante, fille d'un maître en arts martiaux, et elle même combattante monstrueuse (capable de fendre des montagnes du tranchant de la main quand même!). Rien ne va plus le jour où notre jeune héroine jette son dévolu sur Kôshi Inuzuka, fils d'un clan voisin, qui supporte déjà un pater bien déjanté, lui qui n'aspire qu'à devenir avocat mettant à bas la tradition familiale. Seulement voilà, une ancienne promesse exige que les deux ados pré-cités s'unissent afin d'empêcher un conflit entre tous les clans du Japon, bref un mariage arrangé dans les grandes largeurs avec descendance à la clef...
Autant vous prévenir ce manga, qui se plait à surjouer la baston et ses codes, est totalement déjanté, frôlant parfois le non-sensique. C'est drôle, rafraîchissant à l'image du nom de l'héroine ("momo" signifiant "pêche" en japonais), et on passe un très bon moment pour peu que l'on accepte de se laisser porter par le délire ambiant.
Dernier titre de cette sélection kurokawa fighting, le très sympathique Kenichi, le Disciple ultime de Shun Matsuena. De prime abord on est loin du graphisme d'Ippo, le trait ira d'ailleurs en s'affirmant et s'améliorant au fil des volumes, mais l'intérêt est ailleurs.
Car si Sumomomo tient plus de la foire aux dingues que de la parodie, avec Kenichi c'est tout un pan de la culture martiale et surtout cinématographique qui est convoqué avec humour. Clins d'oeil à la Shaw Brothers, aux films du grand Jackie, de son pote Sammo Hung ,... les amateurs seront aux anges!
Kenichi, le Disciple Ultime, ou comment un jeune garçon, lui aussi brimé à l'école (les autres le surnomment "Kenchétif", c'est dire!), va faire la connaissance de la surpoumonnée Fûrinji Miu, une bien étrange nouvelle élêve qui va lui ouvrir les portes d'un dôjo un peu spécial...
Entrainements insupportables, entre douleurs et crises de rire, maîtres en Arts martiaux ayant chacun une discipline propre, humiliations comiques du héros, ... bref ce manga use de toute la batterie propre au genre dans le but réussi de nous distraire et nous amuser. Efficace et référentiel en diable, si vous êtes client de ce cinéma en particulier jetez-vous sur Kenichi, Le Disciple Ultime sans plus attendre! Plaisir garanti!
Guillaume, Fnac St-Lazare.
Le Chevalier d'Eon, la Belle et les bêtes...
05/04/2008
Paris, 1753, règne de Louis XV.
De bien étranges poètes écrivent des vers avec le sang de jeunes vierges, tandis que la police de la capitale est sur les dents au fur et à mesure que l'on découvre les corps torturés et lascérés des victimes.
D'Eon de Beaumont, officiellement policier, mais travaillant en sous-main comme agent du Secret du Roi, et dont la soeur Lia de Beaumont fût une des victimes sacrificielle de cette poésie diabolique, mène l'enquête accompagné de son fidèle et sarcastique serviteur Robin (Batman n'est pas loin!)
A l'instar du personnage historique ambigu qui lui sert de modèle D'Eon de Beaumont est tantôt homme et tantôt femme: le jour, en tant que membre des forces de l'ordre, il subit les brimades de son chef, car il est vrai qu'il accumule gaffes et retards. Mais la nuit, sous les traits et les habits de sa soeur morte, il pourchasse et pourfends de sa lame virtuose les poètes dégénérés et leurs écrits maudits.
Est-il possédé par l'esprit vengeur de sa défunte soeur Lia, surgissant en même temps que chaque nouveau poète? Ou bien est-il une sorte de schizophrène rendu fou par le chagrin et qui se travestie pour rendre justice? Possession ou dédoublement de la personnalité?
Si pour le moment les auteurs ne tranchent pas la question, des indices permettent de se faire une petite idée...
Autant le dire franchement, j'ai bien failli passer à côté de ce Chevalier d'Eon par Tou ubukata (scénario) et Kiriko Yumeji (dessins), pensant avoir affaire à un clone de Lady Oscar, série culte que j'affectionne beaucoup.
Mais surprise, ici on se situe plus du côté de l'écrivain d'horreur H.P. Lovecraft, pour les amateurs, et du célèbre manga DevilMan de Gô Nagaï (Goldorak, remember!), tant la crudité du trait et la violence des combats contre des entités monstrueuses ne cesse de nous secouer au fil du récit.
Gothique, flamboyant, sanglant et morbide, d'un dynamisme insolent et bourré de références historiques totalement perverties, ... vous l'aurez compris, on est plus proche de Marilyn Manson que d'Alain Decaux. Attendez de voir dans le volume 2 le personnage de d'Alembert, initiateur de l'Encyclopédie des Lumières, pour comprendre de quoi je parle...
Ce manga des éditions Asuka mérite amplement qu'on s'y attarde, même s'il est à réserver disons à un public averti, et en particulier aux fans d'action sanglante. Lia est une tueuse aux yeux clairs, un ange de la vengeance comme on les aime, et dont le charme vénéneux fonctionne à chaque apparitions. Vous voilà prévenus...
Guillaume, Fnac St-Lazare.
Benjamin déjà médaillé d'or!?
27/03/2008
Le tant attendu artbook de Benjamin, le bien nommé Flash, est disponible chez son éditeur Xiao Pan, histoire d'enfoncer définitivement le clou pour ceux qui douteraient encore de l'immense talent de ce jeune dessinateur/graphiste d'origine chinoise.
Maître es-palette graphique et virtuose de la colorisation, avec une apparente facilité qui frise l'insolence, Benjamin s'est fait connaitre en France notamment grâce à trois ouvrages hors du commun, toujours chez Xiao Pan, entre livres d'illustrations, bande-dessinées chinoises et carnets de bord créatif.
Pour mémoire et chronologiquement: Remember, Orange et One Day que je vous encourage vivement à découvrir si vous êtes passé à côté.
Loin de la production standardisée l'artiste nous offre des tranches de vie de la jeunesse chinoise contemporaine prise entre système fermé et ouverture à l'occident. Une jeunesse qui, à l'instar de celle de tous les pays, n'aspire qu'à vivre pleinement et sans entrave, à l'image du stylet de Benjamin lorsqu'il plane au-dessus de sa palette graphique...
Un très bel artbook donc, qu'il faut ne serait-ce que feuilleter afin de se faire un début d'idée de l'immense fraîcheur et diversité de la bande-dessinée asiatique trop souvent ramenée au seul manga japonais.
Guillaume, Fnac St-lazare.
Yaiba, l'enfance de l'Art du Samouraï!
27/03/2008
On ne présente plus Gôshô Aoyama, le papa de la série Détective Conan.
Mais alors que ce titre s'est durablement installé dans un succès douillet et mérité en France (le 56eme volume vient juste de sortir d'ailleurs!), le manga Raijin-Ken Samurai Yaiba Kurogane en V.O., du même auteur n'a jamais véritablement profité de l'engouement suscité par les péripéties du mini Sherlock Holmes japonais...
Il n'est plus question d'enquêtes policières ici, mais des aventures rocambolesques d'un très jeune samouraï, Yaiba Kurogane, aussi doué pour manier le katana que pour vider les frigos.
Mais commençons par le commencement:
Notre petit héros coule des jours heureux dans une jungle d'Asie, entouré de verte nature, de bêtes sauvages (qui se mangent donc!), et de son alcoolique (?!) de père qui lui enseigne le bushido, ou voie du sabre des samouraïs. Le personnage est si l'on veux, un mixte entre l'enfant sauvage et un expert en arts martiaux. Totalement ignorant du monde extêrieur et de ses usages, réfléchissant d'abord avec son estomac, et en fonction de l'envie du moment, il possède une certaine naïveté qui a le don d'exaspérer, et en particulier ses adversaires... car qui dit shônen de samouraï dit combats, nous y reviendrons.
Très vite le jeune Yaiba, son père, plus un tigre et un vautour au passage, son débarqués malgré eux en pleine civilisation: Tokyo comme de bien entendu, histoire que le clash culturel, et surtout comique, soit accentué. Dès lors, contraint de squat... loger chez un condisciple martial, croisé à l'aéroport après avoir mis un sacré bazar chez les douaniers, la petite troupe découvre la capitale japonaise, et très vite pour Yaiba un ennemi à sa mesure...
Empruntant tantôt à ses mangaka préférés, notamment Toriyama Akira (le célèbre créateur de Dragon Ball), tantôt aux films d'action américains dont il raffole, Gôshô Aoyama embarque son héros, au gré de nombreuses rencontres, dans une série d'épreuves et de combats où l'humour crétin (donc excellent!) et la maîtrise du découpage graphique s'associent pour emporter l'adhésion du lecteur. Car le manga Yaiba c'est avant tout de l'énergie à l'état brut, la terreur des zygomatiques, en clair du concentré d'humour imprimé sur papier.
Et les exemples abondent: la première fois que notre héros rencontre Mine Sayara la fille de son hôte, heu... la première fois qu'il voit une fille en fait... Ses combats contre son rival, Onimaru Takeshi, et ses sous-fifres démoniaques (et ridicules!), ou encore sa manière toute "Yaibesque" de se comporter à table, etc.
Manga bon enfant, dont la violence cartoonesque (lisible de 7 à 77 ans), le dynamisme et l'humour omniprésent en font un choix idéal pour qui voudrait commencer à découvrir ou faire lire de la bande-dessinée japonaise. Dessin au petits oignons, découpage inventif, rebondissements incessants, nombreuses références à la culture populaire... vraiment il serait temps que la majorité des mangaphiles assurent à Yaiba le succès qu'il mérite.
D'autant qu'avec 24 volumes au compteur (et à paraitre aux éditions Soleil Manga), il y a de quoi passer de très bons moments de détente en compagnie du plus mignon et loufoque des samouraïs!
Guillaume, Fnac St-Lazare.
Neige Rouge de Susuma Katsumata
17/03/2008
Chroniques de campagne, mais surtout chroniques de vie.
Celle d'une époque d'avant le modernisme où les yokaï, créatures et esprits du bestiaire fantastique traditionnel nippon, côtoyaient, en plus ou moins bon terme, les petites gens des régions, éclairant d'une aura symbolique les faits et gestes de tout à chacun. Car que l'on ne s'y trompe pas, malgré le caractère fabuleux de ces récits, c'est bien l'humain, dans sa grandeur ou petitesse, qui est au coeur des belles nouvelles graphiques de Susumu Katsumata.
L'auteur se remémore en particulier sa propre jeunesse, et plus généralement, on voit la thématique de l'enfance, et de sa transition vers l'âge adulte, parcourir l'ensemble du receuil. Les yokaï tenant lieu pour le coup de compagnons imaginaires aux enfants, et de commentateurs pour le lecteur (ayant souvent d'ailleurs le dernier mot de la dernière case).
Mais au-delà, et sans doutes plus encore que les yokaï, qui ne sont au passage pas indifférents à ses charmes, la femme à toutes les époques de sa vie, est bien souvent le coeur même du récit. Qu'elle soit victime ou bourreau, innocente ou coupable, c'est sa sexualité qui fait vibrer chacune des histoires au même titre que le fantastique déjà évoqué (le parallèle n'étant pas un hasard). D'où la puissance érotique qui se dégage de l'oeuvre de Katsumata, tantôt de manière indirecte (allusions, périphrases, dans les dialogues de tous les jours), tantôt de façon plus crue (scènes triviales, chair dévoilée par l'entremise d'un tissu).
Les jeux d'oppositions yokaï/humains, masculin/féminin, et de basculement, enfant>adulte, victime>bourreau, tissent des récits d'une très grande force où l'entre-deux ne cesse d'interroger la nature humaine et ses paradoxes. A l'exemple de cette épouse battue, se retournant contre son défenseur pour aider son mari, parce qu'elle trouve aussi son plaisir dans cette violence conjugale. Pour le grand malheur au final et l'incompréhension du yokaï, Torajiro le Kappa, qui voulait lui rendre justice en molestant son brutal compagnon.
Mais les manga de Katsumata, à la beauté graphique toute poétique, ne seraient somme toute que de bien jolies fables, si l'auteur ne laissait poindre, au détour de l'humour, souvent grivois, une certaine noirceur. Celle de l'humanité dans sa réalité , sa sensualité et parfois sa cruauté soudainement mises à nu. C'est tout cela qui donne force et vie à ces personnages de papier, nous les rendant plus proches. Eux, comme nous, de coeur sauvage parfois, mais un coeur quand même! D'où sans doute le plaisir troublant et l'émotion ressentis à la lecture de Neige Rouge que nous proposent aujourd'hui les éditions Cornelius, celles-là même qui nous régalèrent dèjà, il y a peu, en proposant enfin en France les oeuvres du célèbre Shigeru Mizuki (Nonnonba, Kitaro)...
En espérant que Susumu Katsumata puisse maintenant trouver une place similaire dans le coeur du public français, ce qui ne devrait pas être difficile...
Guillaume, Fnac St-Lazare.
Découvrez Neige Rouge sur Fnac.com.
Genshiken de Shimoku Kio: Otaku c'est fou!
27/03/2008
Le Genshiken c'est le Club d'Etude de la Culture Visuelle moderne... en vérité un nid d'otaku japonais comme vous n'en verrez pas souvent d'aussi près!
Manga en 9 volumes (à venir) des éditions Kurokawa, Genshiken nous plonge dans le quotidien d'un club d'université comme il y en a tant au japon, et dont les membres sont aussi attachants que frappadingues.
Mais loin de la caricature et du cynisme propre trop souvent à décrire le phénomène otaku, on sent ici un amour sincère du mangaka pour ses personnages. Et c'est d'autant plus vrai que ceux-ci se distinguent du stéréotype justement parce qu'ils sont un mixe de clichés facilement identifiables par tout lecteur (en gros, les fans monomaniaques) et, en même temps, un groupe d'individualités qui ne sont pas interchangeables. Ainsi le Genshiken fait crédible et on imagine sans effort que ses membres puissent exister dans la réalité (chacun d'entre nous peut même plus ou moins se reconnaitre dans tel ou tel personnage). Pour autant le manga n'est pas un documentaire pur et dur, et si la psychologie des protagonistes n'est pas caricaturale, il n'en demeure pas moins que le titre est très distrayant et que l'on fini par s'attacher aux histoires de chacun.
Il y a la belle Saki, amoureuse de Kôsaka Makoto, et dont la relation doit se construire avec, et surtout malgré, les goûts du jeune homme... un otaku vrai de vrai, mais dont la mine et le look sont aux antipodes de ses congénères. L'inquiétant Madarame, fan intransigeant et féru de tout ce qui touche au domaine militaire dans les manga et les anime,... en vérité plus un fondu des séries de robots géants type Gundam (culte au Japon!). Le cool Mitsunori, l'obsédé du cosplay et des figurines. Sôichiro, géant placide et introverti, lecteur assidu de manga et spécialiste des anime classiques. Sans oublier l'étrange et mutique directeur du club, dont le sourire maladif ne parvient pas à nous renseigner si c'est un idiot ou un sage... Et ce ne sont là que quelques personnages clefs!
Tout ce petit monde de passionnés s'agite devant nous par les yeux du timide Sasahara Kanji qui vient de rejoinde le Genshiken. Personnage central du récit qui cherche à s'intégrer au groupe, mais redoute qu'on lui colle automatiquement l'étiquette d'otaku... pourtant ils sont bien attirants ces jeux-vidéos érotiques... enfin surtout quand il aura un PC bien sûr (!!)
Bref une belle galerie de fans de la culture manga réunis sous la bannière du Genshiken, la bande de copains toujours partant pour discuter des heures au sujet de leurs séries préférées.
Mais ce manga vous ouvrira aussi, non sans humour et avec un certain recul, les portes des conventions japonaises, modèles assumé de notre Japan Expo national notamment. Amateurs et/ou créateurs de fanzines, adeptes du déguisement et de mise en scène (les fameux cosplayers), collectionneurs et acheteurs compulsifs (une My-Hime, je prends!), maquettistes ou sculpteurs, tous fans d'anime et de manga qui, sous le trait, et le regard amusé de l'auteur Shimoku Kio, vous feront passer un très bon moment de lecture.
Et pour ceux d'entre vous qui n'y connaissent rien, mais seraient curieux de découvrir, cette série à le bon goût de proposer, en fin de chaque volume, des notes, fiches et interviews sur l'univers du manga et des otaku, le tout en rapport étroit avec l'histoire et ses nombreuses références.
Bel effort!
PS: Genshiken est décliné également en anime chez Kaze éditions, à l'unité, ou en deux coffrets intégrales, pour un total de 12 épisodes (plus 3 O.A.V.). Et tout autant que son homologue papier je ne peux que vous recommander cette sympathique série.
Guillaume, Fnac St-lazare.
Les Dessins de la Vie de Hirosuke Kizaki.
08/03/2008
Attention manga magistral!
La bande-dessinée dite "roman graphique" est à la mode, et l'on pourrait joyeusement s'entretenir des heures sur la définition exacte de ce terme. Mais si l'on doit convenir que le "roman graphique" a pour dénominateur commun la représentation (réaliste ou figurée, peu importe!) de la réalité des êtres, jusque dans leur psychologie, et de leurs rapports avec autrui, alors oui, mille fois oui, Les Dessins de la Vie est un "roman graphique". Et un de ceux qu'on n'oublie pas! Ce titre nous raconte l'histoire tout simple, mais ô combien sensible, de Nému, âgée de 13 ans, et jeune prodige en devenir du manga. Tout sonne vrai, et ce malgré un parti pris étonnant sans rapport apparent avec le sujet (les personnages ont tous des têtes de chat, mais à visage humain!). Qu'il s'agisse du quotidien au Japon, du travail des mangakas, de la vie scolaire ou encore des discussions entre les héros, le ton est toujours juste.
La simplicité du trait, la maîtrise narrative (mise en page sobre, sans esbrouffe, mais toujours efficace), et la place accordée au silence dans certains passages (Rêveuse et timide,Nému...), offre à chaque lecture, car on y revient, un sentiment de plénitude. L'auteur, Hirosuke Kizaki, parvient en quelques cases à faire ressentir les sentiments de ces personnages, et les enjeux de chaque scènes (la naissance du sentiment amoureux est décrite avec une finesse exceptionnelle!)
Hélas, car il y a forcément un mais, on ne saura jamais ce qui attends Nému, l'auteur de ce manga étant décédé avant de finir. Ainsi on ne peut qu'imaginer la suite de l'histoire. Est-ce à dire que ce titre ne mérite pas votre attention? Au contraire, car pour les raisons évoquées plus haut et, paradoxalement, pour son goût d'inachevé, ce manga marque durablement le lecteur. Comme si nous aussi, par la magie de l'auteur, nous avions connu, l'espace d'un instant dans notre vie, la sensible et prometteuse petite Nému. C'est sans doutes pour tout cela que les éditions Soleil Manga ont choisi de proposer Les Dessins de la Vie dans une version sans retouches, et conforme à celle du Japon. Choix judicieux, respectueux de l'oeuvre et de son auteur.
Guillaume, Fnac St-Lazare.
Paris Manga, 5eme édition.
04/03/2008
Même si Tegami n'a pas pour vocation première de relayer l'ensemble (colossal!) des news manga, on n'hésitera pas à vous faire part d'un évènement qui nous tient à coeur lorsque l'occasion se présentera. Comme par exemple, la 5eme édition du Salon Paris Manga, samedi 8 et dimanche 9 mars 2008, Espace Champerret, place de la porte de Champerret (c'est bien fait dites donc!!).
Pour ceux qui sont proches de Paris, et qui ne connaitraient pas bien ce type de salon (les autres savent déjà a quoi s'attendre...), je ne saurais trop vous conseiller d'aller y jeter un coup d'oeil, histoire de rencontrer de nombreux acteurs du secteur (auteurs, éditeurs, fanzineux, cosplayers, fans en délire, etc) et de découvrir l'ensemble des univers qui composent le manga aujourd'hui en France. Après vous faites ce que vous voulez, hein...
Guillaume, Fnac St-Lazare.
Enfin, enfin, enfin, les Histoires de Fantômes Chinois!!
04/03/2008
A l'heure où un certain cinéma asiatique s'occidentalise pour mieux séduire hors de ses frontières (phénomène initié avec Tigres et dragons, ou plus récemment avec le dispensable Shinobi!), la sortie en DVD de la trilogie des Histoires de Fantômes Chinois permettra peut-être de remettre les pendules à l'heure, tout en prouvant de manière éclatante que l'on peut proposer un spectacle cinématographique total sans se renier.
Ces films, tous trois dirigés par le chorégraphe Tony Ching Siu-Tung, mais co-dirigés et produit par Tsui Hark, tant et si bien que l'on peut raisonnablement parler d'une mise en scène à quatre mains, nous apparaissent, avec le recul, comme des classiques, au sens où il y eût un avant et un après les Histoires de Fantômes Chinois. Ces drapés vivants, ces protagonistes aériens (merci les cables!), et autres chorégraphies enchanteresses, bref tout ce qui aujourd'hui nous apparait commes des clichés du cinéma populaire de l'ex-colonie, sont issus de cette série. En effet même si ces motifs ne sont pas apparus ex abrupto avec le premier film en 1987, c'est à partir de celui-ci et de ses suites, qu'ils ont rayonné, impressionnant durablement la rétine, et nourrissant l'imaginaire d'un public allant s'élargissant! Mais pourquoi justement les Histoires de Fantômes Chinois?
Peut-être un début d'explication est-il à chercher auprès du producteur/réalisateur Tsui Hark... Ce roublard de génie réactive les récits et légendes de la tradition chinoise, en les dynamitant de l'intêrieur à grands coups d'apports étrangers, mais cela toujours avec la modernité cinématographique du moment. Par exemples, les Evil Dead de Sam Raimi, ou encore les comédies musicales américaines dans leur manière de photographier la femme, participent à cette alchimie cinéphilique. Au final Tsui Hark révolutionne le film traditionnel (il s'agit à la base du célèbre récit de la Renarde amoureuse d'un mortel), sans sacrifier son matériel de base, sans jamais l'abâtardire, et en lui insufflant du sang neuf, d'où le charme souvent indéfinissable de sa filmographie, à laquelle on pardonne beaucoup son joyeux bazar.
Au-delà de ce melting-pot d'influences visuelles savamment réorchestrées, la beauté indémodable des Histoires de Fantômes Chinois, doit énormément à son casting (personnages sublimes et joliment mis en scène!), à son mélange de genres (Kung-fu comedy, ghost-story, érotisme fin, et légende traditionnelle, ... bref un véritable opéra pour cinéphile!) et à son histoire d'amour centrale dont le charme ne cesse, 20 ans après, d'agir sur le spectateur pris dans le tourbillon de ces trois films.
A la fois spectacle total, moments clefs de l'histoire de Hong-Kong (avant et après la rétrocession), et dates cinématographiques majeures, ce trio enchanteur et magique est aujourd'hui (ENFIN!) réedité par les bons soins de HK vidéos. Comme de coutume avec cet éditeur, dans des copies extraordinaires (on laisse au "spécialistes spécialisants" des forums le vain loisir d'ergoter sur la colorométrie!), et dans une présentation digne de trôner sur les étagères de toute bonne DVDthèque!
Coffret collector 4DVD (dont deux pour les versions courtes et longues du troisème opus), tissu satiné rouge rubis avec idéogrammes dorés, inclus un livret de photos, critique, interview du compositeur et, cerise sur le gâteau, l'intégralité de la nouvelle Petite Grâce dont est librement inspiré le premier film... On aurait tort donc de se priver! En attendant, et c'est un appel à ces messieurs de HK vidéos, l'intégralité des Lady Snowblood avec Meiko Kaji... A bon entendeur!
Guillaume, Fnac St-Lazare.
Découvrez les Histoires de Fantômes Chinois sur Fnac.com
Toutes les couleurs du noir et blanc!
29/02/2008
Un des (trop) nombreux reproches fait au manga est le noir et blanc. Or s'il existait bien des publications en couleurs pour les enfants avant 1945, après la Seconde Guerre Mondiale l'austérité devint de mise (la papier et l'impression coûtent chers et ne sont pas des priorités à la fin du conflit)
Mais cette raison économique et logique de l'époque, me direz-vous, n'a plus lieu d'être de nos jours. Alors?
Il faut savoir que le système de publication au Japon est étroitement lié à la presse. Ainsi les manga que nous lisons en France sous forme reliée sont initialement pré-publiés là-bas au sein de magazines, mais surtout dans d'énormes "pavés", consommables et jetables comme n'importe quel quotidien, appellés mangashi. Ces derniers, qui vont de 300 à 600 pages!, se composent d'un épisode de plusieurs séries dont la survie dépendra, à plus ou moins long terme, du vote des lecteurs. Vote qui s'effectue au moyen d'un encart vendu avec le mangashi. Inutile de préciser comme cette méthode fait porter une pression constante sur les auteurs, obligés de ne jamais lasser et de tenir le lecteur en haleine à chaque parution!
une couverture du mangashi Shônen Weelky Jump
Et c'est là que nous retrouvons notre problématique du noir et blanc: la publication de ces "pavés" ne peut économiquement se faire en couleurs, tant en terme d'épaisseur que de tirage. Le mangashi, pour être rentable doit se vendre, du fait de son prix modeste, en grande quantité.
Qui plus est les mangaka, qui se définissent avant tout comme des raconteurs d'histoires, ont besoin de beaucoup d'espace pour les développer. On songe par exemple aux pugilats de Coq de Combat, série de Tanaka et Hashimoto, qui courent parfois sur près de 30 pages. S'il est un moyen d'expression artistique qui a tout compris au cinéma, c'est bien le manga!
Cette norme du noir et blanc a amené les auteurs à ruser en utilisant notamment des trames: sorte de fonds à motifs simples ou complexes, pré-imprimés, que l'on découpe et colle, voir décalque, à même le dessin. Les Clamp, groupe de dessinatrices reconnues, sont de vraies virtuoses de cette technique, et l'on n'en finirait pas de rendre compte de la richesse de ce procédé chez tous les mangaka. A tel point d'ailleurs que son non-usage est un signe fort et peut servir à marquer un style propre: Ainsi Toriyama Akira, papa de Dragon Ball, n'emploie quasiment jamais de trames pour habiller son noir et blanc.
exemples de trames classiques à découper
Au final, l'absence de couleurs stimule l'enrichissement graphique et cela toujours au service du récit. Le noir et blanc, au départ contrainte, se révèle en fait plutôt positif, et même totalement parti prenant de la narration à la japonaise et de son identité.
Guillaume, Fnac St-Lazare.
Culture Manga de Fabien Tillon.
24/02/2008
Pour tout ceux qui ne sauraient pas par où commencer avec le manga, son histoire et son influence sur la culture populaire, nous ne saurions trop vous conseiller d'acquérir au plus vite Culture Manga, l'excellent ouvrage de ce diable d'homme de Fabien Tillon! Une épatante vision à la française des apports du manga aux autres courants de la création, et pour les parents, une belle entrée en matière prompte à briser certaines idées reçues...
Clair, précis mais jamais ennuyeux, à la fois simple d'accès mais riche en informations, cet ouvrage est indispensable à toute bibliothèque qui se respecte, c'est dit!! Le tout doté d'une iconographie savamment choisie, n'en jetez plus!! Et pour ne pas nous taxer de "copinage" (si, si, ça se voit!), on se permettra juste un bémol: Dites donc monsieur Tillon, vous n'abordez pas le jeu-vidéo dans votre livre?! ... Là, ça mériterait un Culture Manga, le Retour!! Allez au travail!!
PS: Egalement courez jeter un oeil au blog de Fabien Tillon, riche en chroniques et critiques sur la B.D. mondiale.
Guillaume, Fnac St-Lazare.
Satsuma, l'Honneur des Samouraïs de Hirata Hiroshi
27/03/2008
1753, Japon, région de Satsuma.
Suite à l'arrêt des hostilités entre les clans, tous désormais sous l'égide du gouvernement central situé à Edo (l'actuel Tokyo), les samouraïs sont démunis. Que faire? En l'absence d'une solde que le Shôgun en place leur refuse, faut-il accepter aujourd'hui les plus basses besognes pour survivre et nourrir les siens? Ou bien se révolter contre le pouvoir bureaucratique de la capitale, avec l'assurance de mourir au moins dans l'honneur?
Quand la roue de l'Histoire, entre réformes et jeux politiques, vient écraser une caste légendaire, c'est tout le basculement d'une époque à une autre qui nous est décrite par le dessin virtuose du grand Hirata Hiroshi. Mais au-delà de la leçon, c'est surtout un immense récit, juste et profond, qui nous fait toucher du doigt tous les aspects des samouraïs de Satsuma, passant du trivial au tragique, faisant ainsi de ce manga une oeuvre humaniste comme on en voit peu. Passionnés de dessins, férus d'Histoire, ne passez pas à côté de ce chef-d'oeuvre!
Guillaume, Fnac St-Lazare.
Petite présentation du shônen à l'usage des parents inquiets...
27/03/2008
Il existe, à première vue, très peu de grandes familles de "genres" dans le manga. Mais comme souvent avec la culture japonaise, ces quelques arbres cachent d'abondantes forêts (voir des maquis difficilement identifiables). Ce qui va suivre a pour but de faire un rapide et sélectif tour d'horizon de ce que le manga dans sa diversité peut proposer pour les adolescents.
Au Japon, commerce de masse oblige, on a très vite classé le lectorat de bande-dessinées par tranches d'âges, et ce sous trois grandes catégories: le Shônen pour les garçons, le Shôjo pour les filles et le Seinen pour les adultes. Dans ce billet nous nous limiterons au Shônen. La plupart de ceux-ci sont des nekketsu, littéralement "sang bouillant": bien souvent un héros exalté, jusqu'à l'excès, au service de grands idéaux ou valeurs (amitié, protection des plus faibles, combativité et endurance,...). Toute la fougue de la jeunesse en somme!
En dehors des inévitables récits de sabre ou d'arts martiaux propres aux traditions asiatiques(Naruto, Kyo, Kenshin), on trouve également de nombreux manga sportifs(Eye Shield 21, Go and Go, Ippo), plus ou moins réalistes selon les séries. Ainsi on est loin, par exemple avec Captain Tsubasa (aka Olive etTom en France), et son football pyrotechnique, de la psychologie d'un Touch ou d'un H2(Ah, le mangaka Adachi et sa formule, ô combien efficace, du triangle amoureux!). Inoué, célèbre auteur de Slam Dunk (LE manga sur le basket!), lui emmène le genre vers d'autres horizons plus Seinen, avec son titre Real, manga qui traite avec justesse du handisport.
A bien y réfléchir, le Shônen manga est le genre de tous les genres: on y trouve de la science-fiction (Astroboy, Gunnm), avec ou sans robots géants (Gundam, Patlabor, Macross7). Du policier avec les enquêtes de Détective Conan ou de Kindaïchi, de la Fantasy (Suikoden III, Ubel Blatt), de la comédie sentimentale (Love Hina, Love and Collage), jusqu'au Ecchi-manga coquin, où l'obsession nippone de la petite culotte est source de nombreuses péripéties! (Avec Karine, No Bra, Ichigo 100%) Sans parler de tous les titres inclassables comme le formidable Hikaru No Go (qui traite, et oui, du jeu de Go!), ou de l'hilarant Yakitate Ja-pan et ses combats d'apprentis boulangers (et dont les recettes de pains sont toutes réalisables!), ou bien encore Noodle Fighter, où les protagonistes d'une échoppe de ramen (nouilles en bouillons), sont tous plus déjantés les uns que les autres! D'autres Shônen, encore peu représentés en France, s'articulent autour des métiers comme Daigo, soldat du feu ou Say Hello to Black Jack, manga qui raconte les débuts d'un jeune médecin qui va vite se retrouver confronté aux aberrations du systéme de santé japonais.
Il semble bien n'y avoir aucune limites thématiques au genre Shônen, et l'on pourrait en continuer la liste ad eternam. Mais le but ici était surtout de vous permettre d'entrevoir son immense diversité, loin des clichés qui le cantonnent trop souvent aux seuls manga de combats. Espérant aussi avoir piqué au passage votre curiosité.
Guillaume, Fnac St-Lazare.
Consulter la page Shônen sur Fnac.com
Cooking Mama sur Nintendo DS (existe aussi sur Wii)
20/02/2008
Voilà bien le genre de jeu typiquement japonais (sous-entendu étrange pour nous occidentaux!), que l'on aurait jamais cru voir débarquer de par chez nous. Mais le succès (critique et financier) éclatant de la console portable de Nintendo semble faire sauter les barrières culturelles à la vitesse de son taux de vente à la minute.
Si l'on devait définir Cooking Mama en quelques mots, on parlerait de "simulateur de cuisine à la sauce arcade". (Oui, on est quand même là pour s'amuser plus que pour apprendre!) En effet le joueur est coaché par la Mama du titre qui va tout au long du jeu lui prodiguer conseils, astuces, mais aussi lorsque ça se gâte, force menaces hystériques (comme par exemple, lorsque ses yeux lancent littéralement des flammes!!)
Mais concrètement, en terme de gameplay, comment ça se passe me direz-vous? Console DS oblige, tout se joue au stylet, et l'écran tactile affiche une planche à découper sur laquelle défilent tour à tour divers aliments à préparer. Vous l'aurez compris le stylet sert de couteau, hachoir, cuillère, pique, etc. Il suffisait d'y penser! Autre chose: attendez-vous à être regardé bizarrement si vous jouez dans le métro. Oui, car secouer la DS, telle une passoire, pour égoutter les nouilles reste, même avec l'habitude, un petit moment magique et du grand n'importe quoi! Tout comme il vous faudra souvent souffler, via le micro central de la console, sur les poêles et casseroles en cours de cuisson. Vous voilà prévenu! Et ce ne sont là que quelques exemples de ce qui vous attend tout au long d'épreuves culinaires de plus en plus corsées mais toujours amusantes.
Graphiquement le titre est correct sans être transcendant, disons que c'est efficace et coloré (l'aspect "kawaï", ou mignon, devrait en séduire plus d'un(e)). L'ambiance sonore, un rien psychédélique lors des crises de Mama, peut finir par lasser, mais force est de constater que les divers bruits propres à la cuisine sont plutôt bien rendus. Niveau maniabilté? Et bien on est sur DS et le stylet multi-usage fait à nouveau des merveilles: passé le delai de prise en main (émincer n'est pas découper!), ça réagit aux petits oignons!
Le seul bémol vient de la relative brièveté du titre, en effet les plus marmitons d'entre vous finiront le jeu en une poignée d'heures, et ce malgré les 120 recettes proposées (dont une bonne moitié typiquement japonaises). En même temps cela atténue d'autant l'aspect répétitif (émincez, émincez, qu'ils disaient!!), et on aurait tort de bouder notre plaisir tant Cooking Mama de par son originalité, son humour et sa folie toute nippone, offe une expérience inédite, et ce malgré une difficulté au final assez faible (en gros, il s'agit de mini-jeux dédiés aux transports en commun). Quand je vous dirais pour achever que ce titre est vendu à prix sympa, et que l'éditeur 505 Games propose depuis peu une suite, vous n'aurez plus d'excuses pour ne pas craquer.
A consommer, pardon cuisiner sans modérations. Et "itadakimasu" bien sûr!
Guillaume, Fnac St-Lazare.
Pure Trance de Mizuno
20/02/2008
Mizuno en roue libre. La mangaka est folle , et son univers graphique ne peut laisser indifférent. Ce magnifique ouvrage regroupe ses travaux pour des livrets de CD techno, du "kawaï"(mignon) trash comme seuls les japonais savent le faire... Vous allez en prendre plein les yeux!
Pretty Face de Kanô Yasuhiro
20/02/2008
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Du fun, du fun rien que du fun! Le but de ce titre est de nous faire rire, et tous les moyens sont bons, à commencer par l'histoire: et si par inadvertance (!) , suite à un accident, vous vous retrouviez avec le visage de la fille que vous aimez en secret?! Des situations improbables mais très drôles.
Guillaume, Fnac St-Lazare
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Au secours ! Ma fille lit du Shojo !
18/02/2008
On considère strictement que le Shonen, au Japon, est le manga pour les garçons, le Shojo en est son pendant féminin.
Mais cette définition sobre et canonique est l’arbre qui cache la forêt.
Qu’ est-ce que le Shojo ?
C’est surtout une bande-dessinée destinée aux filles de 7 à 77 ans d’une richesse thématique incroyable !
Du manga pour petites filles ( Nuts, Tokyo Mew-mew) à celui pour adolescentes ( Complex, Gojinko, Fruits Basket) au Shojo pour jeunes femmes (Nana, Kim Wa Pet…)tous les sujets, du plus frivole au plus grave, y sont abordés.
Qu’on en juge : l’amour et l’amitié ( Nana, Pink Diary), le dépassement de soi (Subaru, danse vers les étoiles), la mode ( Paradise Kiss), la violence scolaire ( Vitamin), le sport ( Rough), la bêtise des mauvaises copines ( Happy Mania, Peach Girl, Lui ou Rien) and the last but not the least : le sexe et l’éveil à la sensualité ( L’Amour à Tout Prix, Forbidden Love). Et encore, il ne s’agit ici que de quelques thèmes majeurs, la liste en étant infinie !
Quant à ces messieurs, on ne saurait trop leur recommander de se mettre ( un peu) au Shojo : on en apprend beaucoup sur les filles !!!


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